La nouvelle du limogeage du « Prof » Adji Otèth Ayassor du gouvernement par Faure Gnassingbé a été une grande joie pour beaucoup de Togolais voire au-delà du pays. Cette information a parcouru le monde entier à la vitesse de la lumière. C’est aujourd’hui une évidence que les populations en sont arrivées au point de se réjouir lorsqu’un malheur survient à tous ces dinosaures qui ont été durs envers eux.

Le soulagement s’est généralisé avec le limogeage du sieur Ayassor qui, en mars 2007, a été nommé au poste de Ministre des Finances, du Budget et des Privatisations, puis, en 2008, Ministre de l’Economie et des Finances et, à partir de 2015, Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie, des Finances et de la Planification du Développement. Ce sentiment témoigne de l’immensité des quiproquos que le fils de Défalé a entretenus avec ses concitoyens depuis qu’il régentait les finances de l’Etat.
Le caractère détestable de cet ancien professeur de droit public de l’Université du Bénin, actuellement Université de Lomé, ne peut s’expliquer que par un complexe. Car, avant d’atteindre son apogée de super ministre avec près de 10 ans aux finances, Ayassor avait trainé ses bosses comme enseignant de niveau Assistant sans gravir un seul grade universitaire. Il suffit d’aller sur le web pour constater qu’aucune recherche scientifique ne porte sa griffe comme enseignant chercheur. « Puisque sa thèse doctorale n’avait rien de scientifique. Elle portait sur les acquis juridiques du régime dictatorial des Gnassingbé », raillent ses détracteurs. Cette situation de stagnation intellectuelle l’aurait rendu très aigri et révolté vis-à-vis de toute évolution de ses semblables, surtout ceux qui ne sont pas de son entourage.
C’est ainsi qu’il attribuera des postes juteux à ses parents et alliés dans toutes les représentations diplomatiques à l’extérieur et dans les régies financières du pays. Certains parmi ses promus n’ayant jamais travaillé mais qui sont propulsés à des postes stratégiques. C’est ce qui explique en partie les mauvaises performances à l’OTR dont il est le seul bâtisseur. La preuve est que depuis quelques mois, l’OTR qui ne voulait pas entendre parler des formations de l’ENA, s’est ravisé en envoyant les employés pour la mise à niveau. Et pourtant, les recruteurs scandaient la qualité et l’expérience avérées des agents de l’Office. C’est bien vrai qu’Adji Otèth Ayassor a créé beaucoup de frustrations à l’OTR.
Déjà lors de la création de cette structure, ils étaient des milliers de fonctionnaires de l’Etat et des contractuels dont le travail permettait un tant soi peu de renflouer le Trésor public à être sacrifiés. La majorité est aujourd’hui sans emploi et d’autres sont morts dans des conditions déplorables. Plusieurs parmi ces employés viennent de la fonction publique, donc sont des fonctionnaires détachés depuis à la maison, mais qui continuent de percevoir leur solde à chaque fin du mois sans rien faire en contrepartie. Car leur ministère d’attache n’a pas pu les reprendre pour leur attribuer de nouveaux postes d’affectation.
Le reliquat des employés ayant survécu à la compression et qui sont actuellement aux douanes et aux impôts gardent également une forte nervosité contre Ayassor. On distingue ici les employés de l’OTR qui sont les nouvelles recrues et les fonctionnaires détachés qui sont les anciens agents des services des douanes et des impôts. Pour Ayassor, tout le monde doit être considéré comme employés de l’OTR, donc affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Hors les fonctionnaires détachés étaient déjà affiliés à la Caisse de Retraite du Togo et une grande majorité est à moins de 10 voire 4 ans de la retraite. Comment peut-on conjuguer les 20 ans de cotisations à la CRT et les 10 ans et moins à la CNSS pour payer les pensions ? Toutes les démarches entamées par ces fonctionnaires en collaboration avec la CRT pour amener Ayassor à rectifier le tir, ont reçu le refus catégorique de ce désormais ex-ministre. Monsieur Ayassor serait allé jusqu’à mettre un blocus sur les avancements des fonctionnaires de l’Office. Dans cette ambiance, aucun ne peut fournir un bon travail pour hausser l’OTR. Même du coté des nouveaux agents, ce régime les désavantage car la CRT est plus intéressante en termes de pension.
Le réaménagement technique qui l’emporte est grandement célébré, mais Ayassor restera dans les arcanes du pouvoir comme conseiller du Chef de l’Etat avec rang de ministre. Car il a certainement accumulé des fortunes et son rôle dans le cycle électoral intéresse plus Faure Gnassingbé que l’efficacité.
Source : B. Douligna, Liberté























