Elle avait pensé raconter des anecdotes ou compte de fées aux enfants de la maternelle. Mais elle s’est mal prise parce que les Togolais dans leur grande majorité, ne sont plus ces singes que le chien du chasseur peut si facilement attraper comme ce fut le cas les années antérieures.

Dix huit (18) ans après sa forfaiture qui a plongé toute la République dans un désarroi, l’ancienne présidente de la Commission Electorale Nationale (CEN), Awa Nana Daboya sort de son silence complice et fait des déclarations qui sont en total déphasage avec ce qu’elle avait dit antérieurement et qui faisaient état de menaces qui planaient sur sa personne.
A l’entendre parler lors de la conférence de presse organisée par son machin, elle s’est arrangée, abordant justement sa responsabilité dans ce qui s’est passé en 1998 au sujet de son refus de proclamer les résultats de la présidentielle de 98, à dire ce qu’elle qualifie de « ce qui s’est réellement passé ». A vrai dire, Awa Nana Daboya semble prendre les Togolais pour des imbéciles en tentant de jeter la responsabilité de sa forfaiture sur les autres membres de la CEN, en l’occurrence ceux de l’opposition. Mais la question qui revient à la bouche de tous ceux et celles qui l’ont écouté aujourd’hui, est de savoir pourquoi a-t-elle attendu tant d’années pour se prononcer sur un évènement aussi important qui engage toute la Nation togolaise?
« J’ai commencé enfin à pouvoir parler de 98. Et si je vous parle de 98, je pense que, une béquille ne suffirait pas. Vous direz maintenant que certainement Awa NANA porte le flambeau, l’éclairage du pouvoir…En bref, 98 je suis juge, j’ai prêté serment pour dire la vérité, rien que la vérité. Je n’ai pas vu le résultat.
A l’époque, c’était 33 préfectures. Et c’était, je crois cinq mille et quelques bureaux de vote. Sur 33 préfectures, je n’ai vu que les résultats de 4 préfectures parce que, il y a eu ou il aurait eu délestage. Parce que j’ai commis l’erreur d’avoir l’ambition d’informatiser les choses et donc de placer des groupes électrogènes jusqu’à chez moi dans le Mandouri. Chaque bureau de vote était doté d’un instrument électronique et d’un groupe électrogène, mais patatra !!! Après 4 préfectures, je n’ai pas eu le résultat. J’avais monté, pour ceux qui étaient en activité en ce moment déjà la veille électorale avec tout le corps diplomatique, tous les observateurs internationaux là-bas à la CEN quand nous avons eu cette obscurité. Et l’obscurité a duré jusqu’à la fin du délai imparti parle code électoral de l’époque.
Et donc à l’issue de ce délai, il fallait donc intervenir. Je n’ai pas vu de résultats et je ne pouvais pas dire que j’ai vu les résultats. Pour ceux qui se rappellent, j’ai dit, en ma qualité de juge, je ne peux dire ce que je n’ai pas vu. (…) N’oubliez pas que, en 98, la CENI n’était pas CENI mais c’était CEN. C’était une scène de théâtre, parce qu’il n’avait pas le i. (…) Nous étions neuf (9). Et j’avais l’habitude de dire que, au sein des 9 ici, la seule personne indépendante, c’est moi. Parce que c’était 4 du RPT et 4 de l’opposition. J’arrive à pourquoi j’ai démissionné. Je n’ai pas démissionné sous la pression de qui que ce soit encore que j’ai démissionné aussi sur un constat. 4 du RPT qui cru devoir démissionnés. Eux, ils ont démissionné sous la pression peut-être.
Mais, est-il que les 4 de l’opposition, ajoutés à moi ça forme le quorum ? N’est-ce pas ? Vous êtes d’accord ? Et nous devrions attendre que les résultats tombent? Du moins que le délestage finisse, que les résultats tombent pour que nous ayons les prononcer ? Vous me suivez ? Mais avant cela, les 4 de l’opposition, je ne dis pas leurs noms ni leurs regroupements. Il y a un qui s’est porté malade. Il y a un deuxième qui a dit que je m’entête pour rien que lui n’a pas reçu ordre de son parti de s’ajouter à moi pour déclarer le quorum atteint pour que j’aille devant l’électorat dire : mes dames et messieurs, nous sommes à la fin du délai légal mais nous avons le quorum, nous vous appelons à la patience. Nous attendons et nous interpellons le pouvoir de mettre fin au délestage afin que nous continuions. Donc de 5, je me retrouvé à 3. Ça veut dire donc que du côté de l’opposition aussi on m’a empêché d’avoir le quorum et de continuer…»
«…Alors, tirez la conclusion vous-mêmes. Alors, tout ce que j’ai fait, j’en arrive là, c’est de nuit, j’ai dépêché mes gens avec des CEL qui étaient tous des juges à la tête pour aller ramasser les résultats depuis Mandouri jusqu’à Lomé. De nuit, tout est venu sceller. Et sceller, je les déposer à la Cour constitutionnelle. Moi-même je n’ai vu. Je ne peux dire donc que j’ai vu. Voilà ce qui s’est passé. Donc, vous analysez bien et vous serez d’accord que vous puissiez dire que je ne suis pas la béquille de qui que ce soi. Je suis le juge qui a décidé au vu et constat de ce qui s’était passé. La CEN n’était pas organisatrice. La CEN était superviseuse. Et lorsqu’elle a voulu superviser, elle n’a pas eu le quorum nécessaire de continuer la supervision au-delà du délai légal imparti par le code électoral. Ok », déclarait ce matin Awa NANA-DABOYA. Mais du point de vue générale, elle n’est pas arrivée à convaincre son auditoire sur les vraies raisons qui l’ont poussé à rendre le tablier en 1998.
Tellement ses révélations ressemblent à une farce que les journalistes ont eu du mal à avaler, du moins la majorité. Et le hic est qu’elle se fonde sur son titre de « juge » pour jeter à la figure des Togolais des mensonges tous crus. Oui, ce sont « ses vérités » sinon mensonges éhontés auxquels elle et sa clique de HCRRUN peuvent croire. Parlant de juge aux togolais, tous les citoyens togolais savent ce qu’est un juge ou un magistrat au Togo. Des gens qui n’ont aucune crainte de Dieu. Des gens sans conscience qui se moquent de leur serment parce qu’ils ont préféré se mettre au service de la forfaiture et de l’injustice. Les preuves sont là. Dix huit (18) ans après, la juge-présidente fait preuve de forfaiture. Et comme le dit si bien l’adage : « Le séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau ne peut jamais le transformer un crocodile. »
Pourquoi exhibe-t-elle sont titre de « juge » alors que tous les Togolais savent ce que valent les juges au Togo ? Nombreux sont ces juges togolais présidents des Commissions Électorales nationales Indépendantes (CENI) qui ont délivré des procurations en blanc aux électeurs fictifs de UNIR pour qu’ils s’en servent comme bon leur semble non ? Devons-nous concevoir que ces juges-là n’ont pas prêté serment de dire la vérité comme tente de nous le faire croire le juge Nana ? Et pourtant ils ont fait preuve de forfaiture et sont restés impunis non ? Pourquoi pour cette seule journée, l’Etat togolais ne pouvait-il pas prendre ses responsabilités pour éviter, ne serait-ce que pour ce jour-là, le délestage ? Délestage organisé et entretenu. En tout cas, les Togolais ont été servis après 18 années de silence de madame la présidente de la CEN des vérités historiques difficilement vomies. Espérons que d’autres ne viendront pas des 4 membres de l’opposition à la CEN d’alors qui contrediront madame la présidente.
Source : [07/07/2016] Idelphonse Akpaki, La Gazette du Togo























