Le jeune de 15 ans Jacques Koutoglo, tué lors des manifestations de juin 2025 à Lomé, Togo | Photo: DR
Le jeune de 15 ans Jacques Koutoglo, tué lors des manifestations de juin 2025 à Lomé, Togo. De nombreux autres décès et disparitions ont  également recensés lors ces manifs | Photo: DR

Au Togo, la jouissance du pouvoir fait tomber dans la paranoïa les dirigeants qui trouvent le mal dans toutes les initiatives des citoyens, même ceux qui sont déchirés par un drame dont le régime est auteur. Ministres, préfets et maires sont beaucoup plus occupés à violer les droits fondamentaux des citoyens que de mener des politiques de développement de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest.

La famille Koutoglo en deuil pour s’être fait cruellement arraché leur jeune enfant de 15 ans par les forces répressives de Faure Gnassingbé se voit notifier un refus du régime au pouvoir de les laisser organiser la célébration d’une messe de 40ième jour suivi de libation en mémoire du de cujus.

Pendant que le ministre togolais des Droits de l’Homme, Pacôme Yawovi Adjourouvi sillonne les médias internationaux aux frais du contribuable, laissant entendre que son gouvernement compatit aux douleurs de la famille du jeune élève de 15 ans dont le corps tuméfié a été retrouvé le 27 juin dans la lagune de Bè, ce même gouvernement vient d’interdire la tenue des cérémonies pour le repos de l’âme du jeune collégien.

Conscient de l’atmosphère liberticide dans lequel Faure Gnassingbé a plongé le Togo depuis plusieurs années avec l’interdiction systématique de toute initiative n’allant pas dans la glorification de son pouvoir, la famille de feu Jacques Koutoglo a porté à la connaissance de la mairie de la commune du Golfe 1 l’information de l’organisation d’une messe pour le 40ième jour de la disparition de leur fils suivie de libation.

Malheureusement, le régime n’a pu contenir son obsession à brimer les citoyens même en face d’une famille éplorée par cet énorme drame. Par un courrier en date de ce 04 août, le Préfet du Golfe, Kossivi Agbodan a tout simplement notifié à la famille Koutoglo une interdiction desdites cérémonies.

Et l’unique motivation de cette décision administrative est que « les enquêtes sont toujours en cours devant les tribunaux afin d’élucider les circonstances dans lesquelles ledit décès est survenu ».

Au Togo, les cérémonies de 40ième jour et de libation pour la mémoire des personnes décédées sont désormais dépendantes de la cause du décès.

Au-delà de l’absurdité dans laquelle se verse le régime de presque 60 ans des Gnassingbé, qui au demeurant est aux abois, il faut noter la dérive autoritaire dont font preuve le gouvernement central et les entités décentralisées du pays.

Après les manifestations publiques qui sont systématiquement interdites, le venin antidémocratique du régime RPT/UNIR commence désormais par s’infiltrer dans la sphère des cérémonies privées des Togolais.

Source: lalternative.info