« Vous n’êtes pas un homme de promesse, mais un homme de parole. Vous n’êtes pas un homme de problèmes, mais un homme de solutions. Vous n’êtes pas un impulsif, mais un homme posé. » – Charles P.
Dans un pays digne et démocratique, l’armée est républicaine et a pour rôle la protection du territoire national contre une éventuelle tentative d’agression d’un autre État, de groupes de terroristes, des jihadistes et autres. L’armée dans son ensemble a le devoir d’assurer la sécurité de la population et garantir la stabilité et la paix dans le pays. Une armée vraiment digne doit être neutre, républicaine et apolitique. Elle doit être une véritable force de défense et de sécurité. Mais au Togo, c’est tout le contraire qu’on observe.

Les Forces armées togolaises (FAT) ne sont ni neutres, ni républicaines. Elles sont claniques, dominées par une seule ethnie à plus de 80%, et surtout au service d’un seul clan, d’une seule famille et d’un seul homme. On se sert de cette armée pour régler des comptes personnels. Le cas de l’affaire de la tentative d’atteinte à la sûreté de l’État contre Luc Kpatcha Gnassingbé, ancien ministre de la Défense, ancien député de la Kozah et demi-frère de Faure Gnassingbé, et ses coaccusés. On use de cette armée pour brutaliser, intimider, bastonner, torturer, tuer le peuple qu’elle est censée protéger. On sait servir des alibis en utilisant certains soldats pour sommairement exécutées plus de 100 autres officiers et soldats lors de l’épuration ethnique et des vaillants soldats démocrates de l’armée togolaise dans la nuit du 24 au 25 mars 1993. Il faut reconnaître qu’au sein de l’armée togolaise, il y a certaines personnes bien formées et qui font preuve de bon sens.
Au-delà de ce manquement d’être républicains, les corps habillés dont les maîtres-mots sont la rigueur, la discipline, etc. se rendent coupables aussi du pillage des maux du pays dont le détournement et pillage des ressources, l’enrichissement illicite et autres maux. En effet, sous Faure Essozimna Gnassingbé qui a pris le pouvoir dans un bain de sang d’un millier de Togolais, il y a une dizaine d’officiers supérieurs de l’armée qui sont devenus des multimilliardaires. Ils sont devenus des hommes d’affaires, actionnaires dans des sociétés, propriétaires des sociétés prête-noms, des imprimeries, de vastes domaines pour l’agriculture et des élevages des animaux (vaches, bœufs, porcs, moutons et autres), propriétaire des hôtels où bon nombres des serveuses sont des gendarmes payés avec l’argent du contribuable, des biens immobiliers au Togo et comme à l’étranger.
Combien gagnent ces officiers supérieurs de l’armée pour se permettre autant de biens? Sous Eyadéma, il leur était impossible d’afficher leur fortune. Mais avec le fils, tout est permis tant qu’il est président de la République. « Lui c’est lui, moi c’est moi », avait-il dit, parlant de son feu père. Cela traduit tout.
Pendant que les dignitaires de l’armée s’enrichissent indûment, les hommes de rang, eux, sont miséreux et exploités par leurs supérieurs. C’est ainsi qu’on voit nos « vaillants soldats » déployés pour cultiver les champs, fermes et autres des officiers supérieurs et des barons du régime. Pire, des soldats (militaires et gendarmes) sont envoyés pour garder les maisons des beaux-parents et des intimes du chef de l’État, de même que celles des maîtresses des ministres et barons du régime cinquantenaire. Il urge de relever que les Forces armées togolaises ne sont pas des sociétés de sécurité ni de gardiennage. Au Togo, il existe une multitude de sociétés à qui ces genres de personnes peuvent avoir recours pour leur protection éventuelle…
J’ai dit !
Bonéro Betum-Lawson
Source : La Nouvelle N°0021 du 15 Mai au 15 Juin 2017























