La crise au sein du plus grand parti cantonal du Togo, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a atteint un point de non retour. La position des deux clans qui s’affrontent, semble inconciliable.

Caricature : Donisen Donald / Liberté
Caricature : Donisen Donald / Liberté

Actuellement on a un parti hybride à deux têtes, l’une incarnée par l’actuel président du parti Me Dodji Apevon et l’autre par la momie de la politique togolaise Me Yawovi Agboyibo qui fait de la résistance. A 74 ans, le vétéran garde une capacité de nuisance intacte. Son ambition est de revenir vaille que vaille au devant de la scène politique quoi qu’il en coûte au parti.

Le divorce semble consommé et indubitablement, on s’achemine vers l’implosion du parti à l’instar de l’Union des forces de changement (UFC). Des informations de plus en plus persistantes font état de la création imminente d’une formation politique par la branche dissidente menée par Me Dodji Apevon qui veut sortir de la tutelle du président fondateur du CAR. C’est ce qui peut arriver de mieux à ce parti.

En attendant, les langues se délient et on en sait un peu plus sur l’origine de la crise au sein du parti. D’après les révélations faites par Me Dodji Apévon et soutenues par d’autres cadres parti, Me Yawovi Agboyibo porte des griefs personnels contre son « fils spirituel» au motif que celui-ci aurait apporté son soutien à Jean-Pierre Fabre lors de l’élection présidentielle de 2010. Tout serait parti de là. Depuis, le « Bélier noir » nourrit de fortes récriminations contre Dodji Apevon qu’il veut faire sauter de la tête du parti. L’inimitié entre les deux hommes s’est exacerbée ces derniers mois, impactant négativement l’image du parti.

Au-delà de Me Apevon, c’est la personne même de Jean-Pierre Fabre qui est visée. Yawovi Agboyibo tolère difficilement que le président de l’ANC lui fasse ombrage et multiplie les coups bas contre lui. Si ce n’est pas moi, ce ne serait pas non plus lui, tel semble être son crédo.

Nommé Premier ministre au sortir de l’Accord Politique Global (APG), Yawovi Agboyibo aurait manœuvré, selon ses proches, pour retarder la mise en œuvre des réformes politiques. Parce que dans son entendement, si ces réformes sont opérées, elles profiteraient à Gilchrist Olympio et ses lieutenants d’alors. Tout récemment, c’est le président du PRR, Nicolas Lawson qui avait révélé au grand jour la duplicité et la perfidie de Yawovi Agboyibo. D’après lui, ce dernier est venu le voir pour qu’ils sabordent les travaux du CPDC rénové, sous prétexte que Jean-Pierre Fabre et son parti en récolteraient tout le fruit.

«Je ne voulais pas le dire, mais il faut que je le dise pour que les gens comprennent. Quand on a fini le CPDC rénové, Yawovi Agboyibo est venu me voir à la maison pour me dire qu’il faudra qu’on dénonce ce qu’on a fait au CPDC rénové. Et je dis pourquoi ? Il dit que sinon, c’est l’ANC qui va récolter tout le fruit. Je lui ai dit merde, fout le camp, dégage de ma maison ! », a-t-il révélé ce matin dans une émission sur la radio Nana FM.

Source : Médard Amétépé, Liberté