Talaka Mawama, le « procureur de la république » | Photo / Archives: DR

Le Front « Touche Pas A Ma Constitution » a publié ce 09 juillet 2025 une déclaration en réaction aux sorties malencontreuses du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Lomé sur les pertes en vies humaines constatées lors de la répression des manifestations des 26, 27 et 28 juin dernier dans la capitale togolaise.

Sous la pression des Organisations des Droits de l’Homme, des partis politiques et des leaders d’opinion qui unanimement dénoncent et condamnent la répression sanglante et meurtrière des dernières manifestations publiques à Lomé, le gouvernement togolais et le Procureur de la République à Lomé habitués à être le perroquet du régime en place, s’emmêlent les pinceaux.

Une situation que n’a pas manqué de relever le Front « Touche Pas A Ma Constitution » (TPAMC) qui, à travers une déclaration en date de ce 09 juillet, a relevé les incongruités dudit Procureur en lui donnant un petit cours de procédure pénale.

Afin de bien structurer son raisonnement, le Front TPAMC a d’abord rappelé le déni ignoble du gouvernement togolais des atrocités commises les 26, 27 et 28 juin par les milices de Faure Gnassingbé et qui a, par communiqué officiel, félicité les forces de l’ordre pour leur « professionnalisme » lors de ces manifestations.

Le gouvernement déclarait par ailleurs que les corps repêchés de la lagune au nombre de deux sont d’origine accidentelle, notamment par noyade.

Après ce communiqué saugrenu, le Procureur fait une sortie et dit avoir ouvert une « enquête judiciaire contre X ». Le Front note par conséquent que le « fait même qu’il cite un X, le procureur reconnait qu’il a l’intime conviction qu’il s’agit d’un crime ».

Face ce méli-mélo qui dénote d’une tentative de manipulation de la justice, le Front TPAMC rappelle les dispositions de l’article de 60 du Code de Procédure Pénale qui obligent le Procureur de la République ou son représentant à se rendre sur les lieux où un cadavre est découvert pour les constats d’usage.

Lorsque la cause du décès n’est pas déterminée, des examens légaux doivent être requis, une information judiciaire ouverte pour qu’un juge d’instruction mène des investigations en ce sens.

Et au cas où la cause du décès relève d’un crime, le Procureur de la République ouvre une enquête policière ou une information judiciaire contre X si l’auteur n’est pas connu.

Pour le Front TPAMC dans cette affaire où 7 jeunes ont été tués, « en diligentant une enquête judiciaire contre X, le Procureur de la République entretient sciemment un flou juridique, une manière de protéger les auteurs du crime (force de l’ordre, milices et commanditaires) pour empêcher la manifestation de la vérité ».

Ce collectif martèle que « le Procureur a le devoir de dire aux Togolais le type d’enquête qu’il a ouvert. Quelle est la nature d’une telle enquête ? La noyade est-elle une cause criminelle de la mort ou un crime ? ».

Un Procureur de la République ne peut pas couvrir une dictature qui assassine la jeunesse

Par ses prises de position, il ressort qu’au lieu de faire respecter la loi, « le Procureur de la République trahit sa mission et se compromet gravement en servant les intérêts d’un pouvoir fortement contesté par le peuple ».

Par conséquent, le Front TPAMC exige du Procureur de la République d’ouvrir une information judiciaire contre X pour assassinats en bonne et due forme comme le prévoit l’article 41 du Code de Procédure Pénale afin d’élucider les crimes commis, seule voie d’apaisement des familles et des Togolais.

Il réitère son exigence d’une enquête internationale indépendante et renouvelle ses sincères condoléances aux familles endeuillées et ses vœux de prompt rétablissement à chaque blessé.

Source: lalternative.info