« Malheur aux peuples couchés. C’est la position que les dictateurs préfèrent voir prendre par leurs sujets ; c’est aussi la position qui prévaut dans les cimetières » – Norbert Zongo
La diaspora togolaise a décidé de jouer sa partition dans la longue lutte pour la libération du Togo du joug de la dictature des Gnassingbé. La stratégie est simple mais efficace : troubler la quiétude du grand chef et ses émissaires en Europe et aux Etats-Unis.

Pour la diaspora, tant que Faure Gnassingbé et les siens ne prendront pas en compte les aspirations profondes du peuple togolais, ils n’auront jamais le repos partout où ils passeront. « Par nos manifestations pacifiques, nous leur montrerons tout de même que la diaspora a son mot à dire dans les affaires publiques de notre pays », a martelé Akondo Ali
Début juin 2016, les membres de la diaspora ont manifesté contre la visite de Faure Gnassingbé en Allemagne Même la mobilisation n’était pas au top comme on l’aurait souhaité, l’essentiel est de se faire entendre et ils ont eu le mérite de le faire. Une chanson patriote au sud Togo dit que « même si on est deux ou trois personnes, on le fera ». C’est une exhortation à la détermination, à la persévérance, à l’action. « Ne doutez jamais qu’un petit groupe conscients et engagés puisse changer le monde. Historiquement, c’est toujours de cette façon que le changement s’est produit », dira Margaret Mead.
La diaspora en a remis une couche samedi 12 août à Dulles Airport en Virginie aux Etats-Unis en faisant passer un mauvais quart d’heures au chef de la diplomatie togolaise Robert Dussey. Ils l’ont littéralement envahi en lui demandant pourquoi ils refusent systématiquement de mettre en œuvre les réformes politiques. En 2009, lors d’une interview sur la Deutsche Welle à propos de son livre, Robert Dussey, Conseiller diplomatique de Faure Gnassingbé, clamait que « seules les réformes sauveront le Togo, il n’y a pas d’autre alternative ». Sauf qu’il n’a pas eu le courage de prodiguer ces conseils à son patron. Jouissant des privilèges du pouvoir, Robert Dussey s’accommode du statu quo. Dans certains milieux, on pense même qu’il fait partie de ceux qui encouragent Faure Gnassingbé à ne pas opérer les réformes.
La diaspora a décidé de sortir de sa torpeur. Il revient à l’opposition, la vraie, de faire aussi sa part. Elle doit saisir l’occasion du prochain sommet sur la sécurité maritime à Lomé pour intensifier le lobbying auprès des Etats démocratiques sur le continent et des partenaires en développement pour leur prouver comment ce régime du père en fils tient les Togolais en joue depuis 50 ans est sourd et réfractaire aux valeurs démocratiques et à tout changement. Il faut sortir de ce carcan, cette stratégie de lutte qui a montré ses limites depuis 26 ans. Il faut tenter d’autres approches. « La folie, c’est de tout le temps faire la même chose et de s’attendre à un résultat différent », conseille Albert Einstein. A méditer !
L’opposition a déjà marqué un grand point auprès des Etats de la CEDEAO par le refus de Faure Gnassingbé de signer le protocole pour la limitation du mandat présidentiel dans l’espace communautaire. Il faut exploiter ce point à son avantage. Sur le plan intérieur, montrer aux pays voisins la duplicité de Faure Gnassingbé face aux différents engagements qu’il a pris depuis son usurpation du pouvoir. Peut-être qu’on se dit que les Etats connaissent déjà la situation du Togo. N’empêche, il faut toujours le leur répéter. Encore et encore. C’est de cette seule manière qu’on peut les rallier à la cause du peuple. Comme quoi les causes justes finissent toujours par triompher lorsqu’elles sont rigoureusement défendues.
Il va falloir que l’opposition sorte de sa léthargie, de son assoupissement et bouger. On se dit qu’on a le peuple derrière soi. Mais ça ne suffit pas pour dormir sur ses lauriers. En menant le peuple de déception en déception, il risque de tourner définitivement le dos l’opposition si ce n’est pas en train de se faire déjà.
Source : Médard Amétépé, Liberté























