
Alors que la saison sèche s’annonce particulièrement rude dans la région des Savanes, la rareté de l’eau devient une source d’inquiétude majeure. Entre une pluviométrie insuffisante, l’intensification du maraîchage et des infrastructures hydrauliques défaillantes et/ou insuffisantes, la pression sur les ressources disponibles atteint un niveau critique. Face à cette situation, éleveurs et agriculteurs redoutent une pénurie d’eau sans précédent.
L’Agence nationale de la météorologie a publié cette semaine les prévisions météorologiques sous-saisonnières du Togo pour les mois de février et mars 2025. L’ANAMET relève que l’année 2024 a connu une baisse considérable de pluviométrie par rapport aux cinq dernières années.
Elle recommande ainsi une gestion rationnelle de l’eau pour éviter des pénuries, notamment en zones rurales. Une recommandation qui suscite inquiétudes et interrogations dans la région des Savanes, qui vit son cinquième mois de saison sèche. Rappelons que les mois de juillet, périodes normalement favorables aux précipitations, ont connu une sécheresse inquiétante.
La faible pluviométrie a donc provoqué un dessèchement rapide des retenues d’eau dès l’arrêt des pluies. Ces retenues, construites il y a près d’une quarantaine d’années principalement pour des raisons pastorales, sont en état de dégradation avancée. Cependant, l’augmentation considérable aussi bien de la population que du cheptel contribue à une intensification de la pression sur les ressources hydriques.
De plus, l’essor du maraîchage, devenu indispensable pour la sécurité alimentaire et les revenus des ménages, favorise la surexploitation des ressources en eau. Les bords des rivières sont envahis par les maraîchers, tandis que les retenues d’eau, envasées et mal entretenues, peinent à répondre aux besoins croissants. La compétition pour l’accès à l’eau entre éleveurs et maraîchers s’intensifie, faisant redouter des tensions si la sécheresse venait à se prolonger.
En dépit de la construction de forages à motricité humaine par le gouvernement et certains partenaires au développement, l’accès à l’eau potable reste un défi majeur. Dans une région marquée par un mode d’habitat dispersé, la multiplication des points d’eau s’impose pour répondre aux besoins des populations.
En zones urbaine et semi-urbaine, plusieurs localités comme Cinkassé, Tandjouaré, Korbongou ou encore Gando attendent toujours leurs raccordements au réseau de la TdE (Société Togolaise des Eaux) à partir du barrage de Dapaong. Pourtant, les travaux d’interconnexion annoncés depuis quatre ans tardent à voir le jour.
L’Agence nationale de la météorologie (ANAMET) annonce une saison sèche marquée par des températures élevées, ce qui risque d’aggraver la situation. Sans une gestion rationnelle des ressources disponibles et une accélération des projets d’adduction d’eau, la région des Savanes pourrait faire face à une crise hydrique d’une ampleur inédite.
Éleveurs et maraîchers, déjà inquiets, redoutent les mois à venir où l’eau, indispensable à la survie et à leurs activités, risque de devenir un bien encore plus rare. Une situation à déplorer dans une région qui a connu trois ministres en charge de l’eau entre 2012 et 2025.
François Bangame
Source: lalternative.info























