Que fait Faure Gnassingbé, le spécialiste des hold-up électoraux à l’investiture du président démocratiquement élu du Burkina Faso ? C’est la question que beaucoup de Togolais se sont posées quand ils ont aperçu sur leur petit écran « Miabé Faure » au pays des Hommes Intègres. La question vaut tout son pesant d’or.

Le mal-élu Faure Gnassingbé et autres présidents à l'investiture du bien-élu Roch Marc Christian Kaboré à Ouaga, 29 décembre 2016 | Crédit photo : Burkina24
Le mal-élu Faure Gnassingbé et autres présidents à l’investiture du bien-élu Roch Marc Christian Kaboré à Ouaga, 29 décembre 2016 | Crédit photo : Burkina24

Là où on parle démocratie, Faure Gnassingbé normalement ne doit pas y poser les pieds. La présence de John Dramani Mahama du Ghana, de Mahamadou Issoufou du Niger, Boni Yayi du Bénin, Ibrahim Boubacar Keita du Mali, Macky Sall du Sénégal, etc. à cette cérémonie se justifie amplement. Ce sont des dirigeants qui ont inscrit leur pays dans la voie démocratique et qui se sont engagés à quitter le pouvoir aux termes de deux mandats.

Comme le dit si bien l’adage, qui se ressemble s’assemble. On comprend donc que ces dirigeants se mobilisent autour de l’un des leurs. Ils parlent tous le même langage : démocratie, alternance, bonne gouvernance, Etat de droit. Des mots qui font mal au tympan de Faure Gnassingbé, celui qui se fait appeler « Empereur ». Lui, il a sa place aux côtés de Kim Jong-Un de la Corée du Nord, Bassar al-Assad de la Syrie, Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, Pierre Nkurunziza du Burundi, Paul Biya du Cameroun, Teodoro Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale, Idriss Deby Itno du Tchad, de Yahya Jammeh de la GambieAbdelaziz Boutéflika de l’Algérie, etc. Ils forment eux aussi leur syndicat à eux. Très hostiles aux valeurs démocratiques, les mots qui sonnent bien dans leurs oreilles sont tyrannie, présidence à vie, népotisme, gabegie, détournement des deniers publics, paradis fiscaux, etc.

C’est pourquoi beaucoup de Togolais étaient « étonnés d’être surpris » de voir Faure Gnassingbé à l’investiture du très bien élu burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré. Les Togolais ne comprennent pas ce qu’il est allé faire chez leurs voisins du Nord. Parce qu’on voit mal le conseil qu’il peut prodiguer à RMC Kaboré lui qui foule aux pieds toutes les valeurs morales et démocratiques universellement admises.

En tout cas, comme le ridicule ne tue pas au Togo, il y est allé faire de la figuration. Mais le nouveau président burkinabé aurait pu se passer de sa présence à cette cérémonie. C’est la meilleure chose qui lui serait d’ailleurs arrivée.

Source : [30/12/2015] Liberté