Depuis que la justice togolaise à rendu son verdict le 6 octobre dernier condamnant la société Wacem à verser environ 300 millions aux victimes du drame mortel qui s’est produit dans l’enceinte de l’usine le 30 juin 2015, la situation des familles endeuillées par cette tragédie n’a pas bougé d’un pouce.

Les veuves et enfants orphelins des victimes continuent toujours de tirer le diable par la queue.
« Depuis le drame du 30 juin nous traversons les moments les plus difficiles de notre existence. Nous n’avons jamais connu une misère pareille du vivant de nos parents. 16 mois après le drame le tribunal de tabligbo a rendu sa décision. À ce jour on pensait que nos souffrances au point de vue financière allaient s’améliorer mais force est de constater qu’au petit matin du lendemain du procès Wacem à fait appel de la décision. Après avoir causé la mort de nos chers parents, Wacem se permet le vilain luxe de marchander leurs vies », confie tristement, Gomavo Voltaire, fils aîné de Gomavo Toussaint, employé mort dans le drame du 30 juin à Wacem.
Une situation qui a interpelé les responsables de Solidarité et action pour le développement durable (Sadd) et ses partenaires syndicaux, Atdpdh, Ftbc, Mmlk et Stt à monter au créneau pour dénoncer la désinvolture de la multinationale Wacem et le silence du gouvernement face à la misère dans laquelle sont délaissées les familles éplorées par ce drame.
« Nous voulons attirer l’attention des autorités et de la population togolaise sur le drame qui est survenu à Wacem il y a 18 mois et dont les veuves et les orphelins sont laissés pour comptes. Et donc aujourd’hui nous rappelons que ces familles éplorées vivent encore dans des situations difficiles et il faudrait que l’état fasse quelque chose pour alléger les souffrances de ces veuves et orphelins », a confié Yves Dossou, Coordonnateur de Sadd.
En conférence de presse hier à Lomé, les responsables de la Sadd ont rendu publique une déclaration dans laquelle ils lancent un pressant appel aux autorités togolaises sur la nécessité de mettre fin à la souffrance prolongée des veuves et orphelins de l’accident mortel de Wacem.
« Force est de constater que depuis 18 mois, veuves et orphelins continuent de croupir dans une indescriptible misère devant les yeux impuissants des familles éplorées, du gouvernement face à une riche et puissante entreprise multinationale dont la désinvolture sur un territoire conquis n’est plus à démontrer », précise la déclaration.
Le 6 octobre dernier, la justice togolaise à condamné Wacem à verser l’équivalent de 300 millions de francs CFA aux familles des victimes de l’accident de l’explosion mortelle d’une cuve à fuel le 30 juin 2015 à Wacem. Une décision judiciaire qui a été interprétée par nombreuses organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme comme la volonté de la justice togolaise de sauver des vies avant qu’il ne soit trop tard.
Malheureusement au lendemain de cette décision judiciaire, Wacem a fait appel de la décision de la condamnation. Un appel interprété par Sadd et ses partenaires syndicaux comme la volonté de la multinationale de « prolonger la souffrance des veuves et orphelins des camarades disparus qui ont travaillé dans des conditions misérables jusqu’à la mort ».
Pour ces derniers, il est donc clair que le bout du tunnel n’est pas pour demain. Face à ce constat amer, ils lancent un appel: « Nous lançons un vibrant appel aux autorités et particulièrement au Président de la République en cette fin d’année d’user de sa prérogative de premier magistrat pour mettre fin à la souffrance de ces pauvres familles qui continuent de subir impuissantes ce qui fait la joie de la multinationale Wacem », peut on lire dans la déclaration.
La conférence de presse à également été une occasion pour Sadd et ses partenaires de lancer un appel sur la nécessité de relancer les négociations sur la convention collective des mines, de procéder à l’adoption rapide du code minier au Togo, de mettre fin à toute manœuvre de restriction de la liberté syndicale et de négociation collective dans le secteur minier au Togo.
La déclaration liminaire dénonce entre autre l’empêchement par la gendarmerie de Bangeli d’une réunion syndicale de la section Sydemines de Bangeli en août dernier et l’arrêt par la police de Tabligbo d’une réunion syndicale de réflexion sur la nécessité de l’adoption d’une convention collective sectorielle des mines organisée par la section Sydemines de Wacem et Fortia le 16 décembre dernier à Tabligbo.
Le drame de Wacem avait causé la mort de 6 employés de l’usine dont cinq (5) togolais et un (1) indien.
Source : [23/12/2016] DBD, AfreePress























