Archives / caricature: Donisen Donald / Liberté

Suite aux multiples réactions d’indignation des Organisations de la Société Civile, des partis politiques et simples citoyens provoquées par le contenu du rapport de la Cour des Comptes sur l’exercice budgétaire de 2022, le gouvernement togolais s’est décidé à faire auditer un petit nombre des sociétés d’Etat dont la gestion suscite d’énormes interrogations. Cet audit sera-t-il conduit dans les règles de l’art ? Le gouvernement est-il prêt à en tirer toutes les conséquences ?

Le front « Touche Pas A Ma Constitution » a réagi par voie de communiqué de presse ce mardi 28 janvier 2025 à l’annonce faite la veille par le gouvernement togolais de lancer un audit sur un petit nombre d’entreprises publiques épinglées par le dernier rapport de la Cour des Comptes portant sur l’exercice budgétaire 2022.

Il s’agit des six (06) sociétés suivantes : la Société Nouvelles des Phosphates du Togo (SNPT), le Port Autonome de Lomé (PAL), la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET), l’Union Togolaise de Banque (UTB), la Togolaise des Eaux (TdE) et la Loterie Nationale Togolaise (LONATO).

Pour rappel, la publication de ce rapport a permis de découvrir officiellement que plusieurs sociétés publiques ou parapubliques ne participent pas du tout ou dans une mesure insignifiante au budget de l’Etat.

La mesure d’audit annoncé par le gouvernement « répond partiellement à nos recommandations formulées le 22 janvier lors de notre analyse des rapports produits par la Cour des Comptes sur les exercices 2020, 2021, 2022 », écrit le front « TPAMC » qui tout en saluant la « réactivité des autorités » exprime ses inquiétudes sur plusieurs aspects de cette décision d’un gouvernement ayant érigé l’impunité en vertu.

Au rang de ces légitimes interrogations du front « TPAMC », se trouvent :

1- La sélectivité dont le gouvernement a fait preuve dans le choix des entreprises à auditer: « En 2022, la Cour des Comptes avait identifié 20 entreprises nécessitant un examen urgent. Pourquoi seules six (06) sont ciblées ? ».

2- Le moment choisi par le gouvernement pour décider de cet audit: Il serait surprenant que le gouvernement togolais allègue ignorer les énormes anomalies relevées par la Cour des Comptes. Déjà le montant de la participation de ces sociétés au budget ou leur défaut de participation devrait alerter le gouvernement. Par conséquent le front « TPAMC » s’interroge sur les motivations du gouvernement à commander cet audit. Serait-ce de la poudre aux yeux afin de détourner l’attention des togolais qui continuent de s’indigner de ces pratiques officiellement mises en lumière par la Cour des Comptes ?

3- Le gouvernement réservera-t-il à cet audit une suite différente des cas malversations révélées dans d’autres dossiers? Le front « TPAMC » rappelle à juste titre que l’actuel régime au pouvoir n’a jamais donné suite aux multiples détournements qui ont été mis en exergue dans des dossiers comme la gestion riposte Covid19 (Cour des Comptes), le scandale pétrolegate (500 milliards de francs CFA/ rapport de l’Inspection Générale des Finances), les fonds de participations des éperviers à la CAN, la route Lomé – Vogan etc..

Qu’en serait-il des résultats de cet audit?

Au-delà de ces questionnements, le front « TPAMC » exige du gouvernement que cet audit se déroule dans les règles de l’art : délai raisonnable (au plus trois mois), transparence méthodologique et inclusion citoyenne. Il réclame par ailleurs du gouvernement que cet examen soit étendu aux autres sociétés ainsi qu’aux ministères épinglés par le rapport de la Cour des Comptes.

« Touche Pas A Ma Constitution » conclut son communiqué de presse par une invite des togolais à la vigilance.

Source: lalternative.info