Parmi elles, on retrouve celles qui sont « inactives » car elles fonctionnent par intermittence (suivant leurs centres d’intérêt). D’autres qui semblent être remuantes brillent elles aussi souvent selon la direction que leurs responsables leur assignent. Il y a dans cette catégorie des associations bling-bling des droits de l’Homme. Elles sont souvent très sélectives par rapport aux questions touchant aux libertés individuelles. Chez ces associations, la torture n’est pas érigée au même titre que la criminalité économique. Cette dernière est visiblement reléguée au second rang alors que les crimes économiques sont tout aussi imprescriptibles que la torture.

Au Togo, les crimes économiques font des victimes. Et souvent dans l’anonymat. Les populations dont les sous-sols regorgent de gisements vivent pour la plupart dans l’indigence. Le phénomène de la « malédiction des ressources minières » est visible dans les industries extractives. Kpémé, Pagala, etc. illustrent cette situation. Malheureusement ces injustices ne sont que partiellement prises en compte (le temps des revendications des employés portant amélioration de leurs conditions de vie et de travail) par certaines associations se réclamant des droits de l’Homme. De nombreux scandales économiques ont éclaboussé et continuent d’éclabousser les pontes du régime, comme c’est le cas avec le scandale Panama Papers. Jamais ils ne sont inquiétés. Ils bénéficient d’une sorte d’accompagnement tacite des associations des droits de l’Homme.
Des liaisons dangereuses
Ce mutisme collectif des partis politiques et de la société civile sur un sujet portant sur l’évasion fiscale est étonnant. La révélation dans la presse semble produire l’effet d’une bombe à fragmentation qui peut faire des dégâts collatéraux. Les ramifications des patrons indiens de Wacem, Diamond Cement, Ats avec certains actionnaires nationaux pourraient toucher certains membres de la classe politique et de la société civile togolaise. Ce qui pourrait expliquer ce curieux silence de ceux qui devraient être au front pour dénoncer ces malversations financières. Mais ils sont aux abonnés absents comptent tenu de leurs accointances avec les prédateurs de l’économie togolaise.
De ces alliances nuisibles, c’est le peuple qu’on prétend défendre qui pâtit. Ce qui prouve que l’un des facteurs de l’enlisement de la crise socio politique au Togo est aussi la compromission de certains acteurs de l’opposition avec les cadres du régime en place. A cause de leurs intérêts, ils ne s’accordent pas sur l’essentiel pour faire sortir le pays des griffes de ce régime cinquantenaire. Et c’est malheureux.
Source : Anani Galley, L’Alternative No. 542 du 2 août 2016























