Qui a demandé la revue à la hausse des coûts de construction du barrage d’Adjarala? de Faure Gnassingbé au Togo, Boni Yayi au Bénin, la société Sinohydro Africa ou une combinaison de ces trois ?

Les Présidents Faure Gnassingbe (g) du Togo et Boni Yayi du Benin posent les premières pierres de la construction barrage d'Adjarala, Décembre 2015 | Photo : RT
Les Présidents Faure Gnassingbe (g) du Togo et Boni Yayi du Benin posent les premières pierres de la construction barrage d’Adjarala, Décembre 2015 | Photo : RT

Le 23 juin 2015 dans la parution N° 1969, nous alertions les populations béninoises et togolaises sur les soupçons d’arnaque qui entouraient la construction du barrage d’Adjarala. Samedi dernier, le Béninois Boni Yayi et le Togolais Faure Gnassingbé ont outrepassé l’obligation de justifier les surcoûts occasionnés par la construction. Initialement prévu pour avoisiner 282 millions de dollars, le projet est passé à 550 millions de dollars, sans que des explications soient apportées aux contribuables des deux pays. Mais les citoyens vont-ils avaler cette nouvelle pilule ni interpeller les autorités des deux pays ? Et surtout l’attributaire du marché qui brille par son silence ? De quoi alimenter des rumeurs qui tendent à faire penser à une forme d’entente tacite entre les trois protagonistes.

26 décembre 2015. Au surlendemain de la revue à la baisse des prix des produits pétroliers au Togo, les chefs d’Etat du Bénin et du Togo ont lancé les travaux de construction du barrage d’Adjarala. Les présidents du Togo, Faure Gnassingbé, et du Bénin, Thomas Boni Yayi, ont posé samedi à Aplahoué (Bénin) la première pierre du barrage d’Adjarala. Un symbole d’une future indépendance énergétique. Les travaux devraient débuter en mars prochain et vont durer 4 ans. Le groupe chinois Sinohydro Africa a signé avec le gouvernement du Bénin et du Togo un mémorandum d’entente pour la construction de ce barrage (147 mégawatts) sur le fleuve Mono, un projet commun entre les deux pays. A en croire le gouvernement togolais, « le financement de 550 millions de dollars est assuré via un prêt accordé par l’Exim Bank of China ».

Selon les informations, L’ouvrage permettra d’augmenter les capacités de production en énergie du Togo et du Bénin. Le projet, initié en 1988, prévoit la construction d’une centrale de 3 blocs (3 X 49 MW) soit 147 MW. « L’ouvrage vient à point nommé pour renforcer l’autonomie de nos Etats en matière d’énergie électrique et favoriser pour nos populations un meilleur accès et à moindre coût à une énergie respectueuse de l’environnement », a déclaré Marc Ably-Bidamon, le ministre togolais de l’Energie.

Outre le barrage d’Adjarala, le projet comporte d’autres volets dont les aménagements hydroélectriques de Kétou et de Tététou ainsi que la réhabilitation en cours de la centrale de Nangbéto pour l’augmentation de ses performances. Le barrage, situé à 97 km en aval de celui de Nangbéto, créera une retenue de 680 millions de m3, juste en amont des chutes naturelles d’Adjarala. Le bassin versant a une superficie de 20 600 km2, le débit moyen annuel du fleuve est de 115,2 m3/s à Adjarala, apprend-on. Sans entrer dans les détails.

Mais il se trouve qu’il y a six ans, soit en 2009, les responsables chinois avaient dit autre chose au sujet du coût de construction. Afin d’être fidèle à nos écrits de juin dernier, nous vous proposons in extenso l’article.  A chaque Béninois et Togolais de se faire une idée sur l’urgence des parties en cause de s’expliquer.  A moins que la transparence des finances publiques ne soit que des chansons destinées à endormir l’opinion internationale. Il est aussi utile que chacun se demande les raisons pour lesquelles la banque de coopération allemande KfW était si réservée déjà dans le passé à financer ce projet. Serait-ce la revue à la hausse des coûts qui aurait fait reculer ce pays si soucieux de la bonne gestion ? A chacun de répondre à cette question.

« La KfW prudente sur le projet d’Adjarala La banque de coopération allemande KfW va financer l’extension du réseau de transport d’électricité au Togo et la réhabilitation du barrage hydroélectrique de Nangbéto. En revanche, indique mardi la lettre confidentielle « Africa Energy », KfW est beaucoup plus réservé sur le financement du barrage d’Adjarala sur la rivière Mono à la frontière entre le Togo et le Bénin. Le coût global est estimé à 435 millions de dollars », avait écrit le 17 février 2015 republicoftogo.

Source : Liberté