« Selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de la Cour vous rendront blanc ou noir » (Jean de La Fontaine)

L’ancien Premier ministre d’Eyadema, Kwassi Klutsé a vu son sommeil perturbé samedi par les épargnants de son ancienne structure de microfinance « Investir dans l’Humain » (IDH). Ils sont montés au créneau pour exiger le remboursement de leurs cotisations au titre de leurs épargnes. 25 milliards de FCFA, c’est la mirobolante somme des épargnants qui est passée par pertes et profits, ou plutôt, qui est passée directement dans la poche de l’ancien chef du gouvernement et de son entourage. Mais comment Kwasi Klutsé peut-il dormir d’un sommeil de juste alors qu’il a sur la conscience 25 milliards des épargnants disparus sans trace ?
La dernière manifestation des victimes remonte à trois ans. A l’époque, ils se sont massivement mobilisés pour crier leur colère et réclamer le remboursement de leurs fonds. Mais ils ont été dispersés par des détachements de la gendarmerie et de la police. Plus de 34.000 épargnants (associations, églises, particuliers etc.) à avoir été victimes de la gestion calamiteuse des proches de Kwassi Klutsé qui ont conduit à la faillite IDH.

Trois ans d’accalmie qui ne signifient pas que l’affaire est enterrée. Au contraire. Les victimes comptent remuer ciel et terre pour rentrer dans leurs droits. Ils prévoient de nouveau battre le pavé mais aussi saisir Faure Gnassingbé en personne afin que leurs cotisations assorties des intérêts soient remboursées. L’ancien Premier ministre a du souci à se faire.
Cette structure censée contribuer à la formation professionnelle des jeunes, à la création d’emploi, à la résorption du chômage et à l’initiation aux activités génératrices de revenus, s’est révélée une véritable déception.
Mais la manière dont le pouvoir « Faure » a géré cette affaire d’IDH dont les premiers responsables se sont livrés à des malversations colossales patentes, montre la politique à géométrie variable qui a été toujours pratiquée au sommet de l’Etat. Certains responsables de crimes économiques mais parce que faisant partie du système en place, ne sont nullement inquiétés : à contrario ils sont protégés par la puissance publique qui les exonère du devoir élémentaire de rendre compte.

Cependant il suffit d’une peccadille pour d’autres pour les embastiller. Pendant que l’ancien Premier ministre Kwassi Klutsé qui fut l’un des membres influents de l’ancien parti unique, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) devenu aujourd’hui Union pour la République (UNIR) jouit de l’impunité totale, Sama Essohamlon qui a créé le Réseau de Développement de la Masse sans Ressources (ReDeMaRe) pour aider les populations, a été envoyé arbitrairement en prison pendant 13 mois et les avoirs des adhérents de cette structure ont été usurpés par l’Etat. Alors que ce système d’épargne, d’accès au crédit n’a pas connu de faillite.
Kwasi Klutsé qui a détourné 25 milliards FCFA des épargnants de sa structure est exonéré de toute responsabilité. Ainsi va le Togo !
Source : [12/01/2016] Médard Amétépé, Liberté
Titre : 27avril.com























