Tout le monde a une opinion sur la direction des cours du pétrole, un des produits les plus transigés qui affecte presque tous les domaines de l’activité humaine. Mais l’opinion qui prévaut aujourd’hui est que le pétrole ne retournera pas de sitôt à son temps glorieux de prix à trois chiffres le baril.

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C’est Ian Taylor qui a lancé la première salve lundi. Le PDG de Vitol Group et patron de la plus grosse firme indépendante de courtage du pétrole, a déclaré que le prix du baril du brut restera sous les 60$ pour au moins les 10 prochaines années.

Le groupe financier Morgan Stanley lui a emboîté le pas, et va encore plus loin. Il révise et coupe de moitié ses prédictions de 2016 descendant les prix prévus de plus 55$ le baril à moins 30$ le baril.

De manière générale, plusieurs facteurs influencent les cours du pétrole. La demande demeure, cependant, le facteur clé qui draine les prix. Avec le refus des pays de l’OPEP de réduire leurs productions, la demande pour le brut doit être extrêmement forte pour éponger la surabondance actuelle et restaurer les prix à un niveau normal.

Selon les analystes de Morgan Stanley, une telle éventualité ne se produira pas avant 6 à 12 mois, d’où la révision et la réduction de leur prédiction des prix pour l’année prochaine,

Évolution de la demande du pétrole | Source : Morgan Stanley
Évolution de la demande du pétrole | Source : Morgan Stanley

Le prix du Brent, la référence européenne, a atteint un sommet de 140$ le baril en 2008 avant de dégringoler aussi bas que 45$ au début de 2009. Il a repris du poil de la bête pour se transiger autour de 100$ le baril pendant près de 3 ans, de 2011 à 2014. Mais actuellement, le Brent et le West Texas Intermediate ( WTI ), la référence nord-américaine, oscillent entre 32$ et 35$ le baril. La cause? une offre excédentaire, couplée à une tentative des pays de l’OPEP, surtout de l’Arabie Saoudite, de ruiner l’industrie américaine de pétrole de schiste qui était en plein boum jusqu’à très récemment.

En effet, le pétrole de schiste, qui a beaucoup contribué à la surabondance actuelle, a besoin d’un niveau de prix moyen supérieur à 57$ le baril pour être rentable; car étant plus cher à produire que le pétrole conventionnel. Avec le niveau actuel des prix, plusieurs producteurs américains de ce type de pétrole ont déjà fermé leurs portes et le carnage continue.

L’Agence Internationale de l’Énergie ( AIE) reste aussi pessimiste quant à une remonté prochaine des cours du pétrole. Elle a douché les espoirs d’une reprise des cours à court terme en confirmant que le monde devrait rester submergé d’or noir, face à une demande fragile.

L’Agence a démonté un par un les facteurs d’optimisme qui avaient permis aux cours du pétrole de reprendre un peu de couleurs ces derniers jours, et de repasser au-dessus de la barre de 30 dollars le baril. Selon elle, mieux vaut ne pas compter sur une baisse concertée de l’offre entre les principaux producteurs. L’OPEP devrait continuer à pomper vigoureusement cette année, Iran, Irak et Arabie Saoudite en tête.

Il semblerait que l’Arabie Saoudite est en passe de remporter son pari de maintenir les prix assez bas pour éliminer la concurrence. Et pour l’instant c’est le consommateur final qui jubile.

Source : [09/02/2016] 27avril.com / BI / WSJ / EuroNews / Bloomberg