Plus de 213 millions de francs CFA auraient été détournés des comptes bancaires de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) entre 1997 et 2013 sous la Direction de KOUADIO N’Da N’Guessan et GALBANE Idrissa, respectivement anciens Directeur général et Directeur administratif et financier.

L'Ex-dg de l'Eamau N’Da N’Guessan Kouadio et son ex-DAF accusé de détournement | Infog : 27avril.com / La Nouvelle
L’Ex-dg de l’Eamau N’Da N’Guessan Kouadio et son ex-DAF accusé de détournement | Infog : 27avril.com / La Nouvelle

Il leur est reproché de s’être versé des primes auxquelles ils n’avaient pas droit et sont accusés de vols, abus de confiance et de détournement de fonds. Des faits qui justifient, selon le Conseil d’administration, les difficultés financières auxquelles fait face cette école.

L’EAMAU est une institution d’enseignement supérieur fondée en 1976. Elle est située à Lomé et forme des étudiants venus de plusieurs pays d’Afrique dont le Tchad, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et bien sûr le Togo. Mais, sa gestion depuis une dizaine d’années l’aurait conduite à se retrouver dans des conditions financières difficiles.

En mai 2015, le Conseil d’Administration a décidé de porter devant la justice une affaire de détournement de fonds dans laquelle sont cités deux anciens responsables de cette école. Il s’agit du Directeur général, KOUADIO N’Da N’Guessan qui a dirigé l’école du 1er septembre 1997 au 30 avril 2013 et du Directeur administratif et financier, GALBANE Idrissa qui a servi du 02 juin 2000 au 30 avril 2013. Et pour cause, plus de deux cent millions de francs CFA leur auraient été illégalement versés au moment de leur rupture avec l’EAMAU. Il est reproché aux deux anciens responsables le détournement de plus de deux cent treize (213) millions de francs CFA au cours des treize années et plus qu’ils ont passé à la tête de cette école.

Selon la plainte déposée par le Conseil d’administration représenté par le Cabinet Martial Akakpo et associés, l’ancien Directeur général, Kouadio N’Da N’Guessan a détourné à lui seul cent trente trois millions quatre vingt dix mille neuf cent cinquante-sept (133 090 957) francs CFA « qui correspondent également à un ensemble de sommes indûment perçues aux prétendus titres de droits de départ ou à d’autres titres ». On peut citer, entre autres, 60 millions de francs CFA perçus au titre de loyers versés à partir de 2006, 23 millions francs CFA « au titre de double paiement en ce qui concerne des prétendus loyers antérieurs et qui auraient été calculés suivant une base que le Conseil d’administration n’a jamais autorisée ou avalisée », 4,5 millions au titre de salaire du 13ème mois auquel il n’avait pas droit étant un agent hors catégorie, 13 millions au titre de congés non jouis et plus de 24 millions de francs CFA dépensés pour des achats de véhicules, des avances et des frais de route « sans aucun justificatif ».

Son collègue, Directeur administratif et financier M. GALBANE Idrissa aurait lui détourné quatre vingt millions trois cent onze mille quarante huit (80 311 048) francs CFA à travers divers versements. Il s’est également versé plus de 25 millions de francs CFA de loyers, deux millions cent mille (2 100 000) francs de frais de transport retour pour sa famille alors que celle-ci réside toujours au Burkina, ainsi que d’autres primes auxquelles il n’avait pas droit.

« Pour commettre ces forfaits, M. GALBANE et M. KOUADIO ont agi de concert en s’offrant des avantages et en se protégeant mutuellement puisque le Directeur général n’a jamais sanctionné ces divers agissements frauduleux alors que dans les règles de fonctionnement de l’école, il avait normalement le pouvoir et le devoir de sanctionner ou tout au moins porter à la connaissance du Conseil d’administration toutes malversations ou actes frauduleux ainsi que les fautes commises par ses subordonnés. Les deux responsables ont pu facilement commettre ces malversations parce qu’ils sont également tous les deux détenteurs de la signature sur les comptes bancaires de l’institution », accuse le Conseil d’administration dans sa plainte.

Et comme pour lui donner raison, M. GALBANE aurait emporté le coffre-fort de l’Ecole, de même que les dossiers administratifs, financiers et comptables. Parmi ces dossiers, le manuel de procédure, les rapports du Commissaire aux comptes des années 2000 à 2011, les rapports d’audit et les rapports des Directeurs administratifs et financiers précédents.

Mais l’autre fait marquant qui conforte le Conseil d’administration dans sa logique, c’est la disparition des données de l’ordinateur du directeur administratif et financier. « Afin d’effacer toutes les traces des diverses malversations ainsi commises, le sieur GALBANE a simplement décidé de formater le disque dur de l’ordinateur qu’il a utilisé pendant des années, durant son passage au sein de l’EAMAU et qui contient les principales données comptables de la gestion dudit établissement, ce qui lui a permis d’effacer les traces des divers dossiers traités et malversations ainsi commises », dénonce-t-il.

Pour sa part, M. GALBANE estime avoir les documents justifiant les primes et versements qu’il aurait perçus en toute illégalité. « J’ai pris connaissance des faits et je ne les reconnais pas, car je suis en mesure de produire les documents pour justifier les comptes et je peux démontrer point par point cela. Les droits perçus sont statutaires et les procédures de décaissement des fonds ont été régulières », explique-t-il au confrère ‘’Le Perroquet’’.

Affaire à suivre.

Source : [11/03/2016] G.A., Liberté