Debout sur le rooftop d’un immeuble dominant la ville, on se penche légèrement pour observer le mouvement des passants dans la rue. Et soudain, les jambes tremblent, le coeur palpite, les mains deviennent moites, impossible de rester là plus longtemps! La peur du vide ou acrophobie touche certaines personnes plus fortement que d’autres. Mais d’où vient-elle?

Photo : Phobies

En premier lieu, il est essentiel de distinguer ce qu’on appelle le vertige et l’acrophobie. Le vertige est une sensation physiologique induite par une contradiction entre les informations données par le vue et celles ressenties par l’oreille interne. Le système proprioceptif, qui permet de déterminer la position des différentes parties du corps, est perturbé.

En effet, lorsque la personne se trouve en hauteur, le vertige est induit par le décalage entre le support surplombant le vide perçu par les yeux et la sensation de vos pieds qui vous disent toucher la terre ferme. L’acrophobie est, quant à elle, une véritable phobie comme son nom l’indique et correspond donc à un phénomène psychique.

Qu’est ce qu’une phobie?

Les phobies sont des peurs irrationnelles très répandues. Elles peuvent être spécifiques, c’est-à-dire liées à une chose ou une situation en particulier, comme l’arachnophobie par exemple, ou encore sociales, lorsque l’on panique à l’idée de ce que les gens vont penser ou dire de nous dans une situation donnée, comme la peur du rejet ou du jugement,… En fait, il y a autant de types de phobies qu’il existe de peurs poussées à l’extrême chez les individus.

Ces phobies apparaissent également à partir de différentes expériences. On peut avoir peur d’une araignée par mimétisme, lorsque étant petit, nous avons côtoyé quelqu’un qui en avait peur. Cela peut faire partie d’une expérience personnelle négative à laquelle nous avons associé une situation ou une chose et s’est ajouté par la suite le développement d’une peur de cette chose ou de cette situation. Tomber dans les escaliers peut amener à une peur de descendre ces escaliers.

Ce que l’on voit ou ce que l’on entend peut amener aussi à créer une peur irrationnelle par apprentissage. Voir un documentaire sur les serpents, extrêmement dangereux dans certaines régions du globe, peut induire une peur généralisée de ces derniers.

Et l’acrophobie alors?

L’acrophobie, en particulier, est la peur irrationnelle des hauteurs et du vide qu’elles génèrent. C’est donc une phobie spécifique liée à une situation: celle de se retrouver en hauteur. À cette simple idée, la personne peut déjà ressentir des symptômes d’anxiété: jambes qui tremblent, mains moites, accélération du rythme cardiaque, sentiment d’oppression dans la poitrine,… Elle développe alors, de manière généralisée, des mécanismes d’évitement qui peuvent, si poussés à l’extrême, influer sur sa vie.

Heureusement, il existe des moyens d’atténuer les effets de cette phobie (comme de toutes les autres). Des mises en situations progressives, comme dans les pratiques cognitivo-comportementales, l’hypnose ou la méditation, peuvent aider la personne à franchir, étape par étape, les quelques marches qui conduisent à une acceptation plus douce du phénomène.

Source : 7sur7