L‘évêque catholique camerounais Jean Marie Benoît Balla, dont le corps a été repêché le 2 juin dans un fleuve du centre du pays, “a été brutalement assassiné”, ont affirmé les évêques camerounais dans une déclaration obtenue mercredi par l’AFP.

L’assassinat de l’évêque Mgr Jean Marie Benoît Balla (insertion) a été maladroitement déguisé en suicide par noyade. Un message « Je suis dans l’eau » et ses pièces d’identité ont été retrouvés dans sa voiture (ci-dessus) abandonnée aux abords du fleuve Sanaga à Ebebda; fleuve duquel son corps fut repêché le 2 juin, soit trois jours après sa disparition dans la nuit du 30 au 31 mai 2017 | Photo : Africa News + 27avril.com

“Nous, évêques du Cameroun, affirmons que Mgr Jean Marie Benoît Balla ne s’est pas suicidé; il a été brutalement assassiné”, ont-ils déclaré au terme d’une réunion extraordinaire mardi à Yaoundé, en dénonçant un “crime odieux et insupportable”.

“Voilà un meurtre de plus, et un de trop”, s’exaspèrent-ils, exigeant “que toute la lumière soit faite sur les circonstances et les mobiles de l’assassinat de Mgr Jean Marie Benoît Bala”.

Les religieux espèrent que “les coupables” seront “nommément identifiés et livrés à la justice. Dans leur déclaration, les prélats camerounais affirment que leur conclusion s’appuie sur les “premiers constats”, sans plus de précisions.

Le 2 juin, le corps de Jean Marie Benoît Bala, 58 ans, évêque de Bafia (centre), avait été repêché dans le fleuve Sanaga, plus de 48 heures après sa disparition. Son véhicule avait été découvert le 31 mai sur un pont du fleuve Sanaga, à plus de 80 km de Yaoundé.

Un message, supposément rédigé par l‘évêque, avait été retrouvé sur le siège avant de son véhicule, de même que ses papiers d’identité, selon les autorités. “Je suis dans l’eau”, indiquait le message écrit sur du papier à en-tête du diocèse. Le parquet avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour “mort suspecte”.

“Nous avons le triste souvenir de plusieurs autres prélats, membres du clergé et personnes consacrées, qui ont été assassinés dans les conditions non élucidées jusqu’à ce jour”, s’indignent les prélats camerounais.

Ils citent notamment Mgr Yves Plumey, assassiné à Ngaoundéré (nord) en 1991, l’abbé Joseph Mbassi, retrouvé mort à Yaoundé en 1988, le père Antony Fontegh tué à Kumbo (sud-ouest) en 1990, les sœurs de Djoum (est) mortes en 1992 et le père Engelbert Mveng tué à Yaoundé en 1995.

Source : Africa News