En effet, le 23 Février 2016, le Nommé Agbeko Yawo Apélété, est rentré du champ ensanglanté et agonissant en balbutiant le mot « Fulaniwo, Fulaniwo » désignant clairement les peuhls nomades qui ont envahi la zone depuis un long moment, comme étant ses agresseurs.

Les autorités d'Agou essayent de déguiser l'assassinat du paysan Agbeko Yawo Apélété par des peulhs à Agou Blakpa, en un simple accident de chasse ! | Archives : Weather Map
Les autorités d’Agou essayent de déguiser l’assassinat du paysan Agbeko Yawo Apélété par des peulhs à Agou Blakpa, en un simple accident de chasse ! | Archives : Weather Map

Transporté aussitôt à l’hôpital, il rendit l’âme le lendemain. Les examens radiographiques effectués entre-temps ont bien détecté la présence de balles de fusil dans le crane de la victime. Il doit s’agir sans aucun doute d’un assassinat par un ou des peuhls avec qui les paysans ont depuis très longtemps des problèmes du fait de la destruction massive des cultures encore sur pieds par les troupeaux de bœufs et aussi du fait de vols par les peuhls eux-mêmes.

Le jour même de l’incident après l’évacuation d’ Agbeko Yawo Apélété à l’hôpital, les parents de la victime se sont déplacés à la gendarmerie pour rapporter les faits et insister qu’un constat soit fait. Après quelques hésitations le Commiissaire de Brigade ( CB )qui dit avoir informé le Préfet (qui serait en tournée) et la justice de la localité a fini par faire le déplacement de l’hôpital mais a de façon tendancieuse commencé par insinuer une éventualité de tirs de coups de feu entre chasseurs pour visiblement écarter ou brouiller la piste d’assassinat par peuhl(s). Est-ce par simple embarras qui ne se justifierait même pas ou par dessein réfléchi pour disculper d’avance les peuhls pendant qu’aucune enquête n’était encore ouverte ? (Nous nous posons la question).

Le jour même (le 24 Février 2016) où M. Agbeko Yawo Apélété est décédé, informé par les parents, le CB toujours dans son ‘’embarras ‘’ leur a tout juste conseillé d’aller enterrer le corps et n’a pas donné le moindre signe ou la moindre perspective d’ouverture d’une enquête préalable. Est- ce par pure incompétence, légèreté ou par défaut d’instinct d’initiative ou encore est-ce parce que le préfet n’avait pas donné d’instructions aussitôt, et pourquoi le préfet serait resté silencieux aussi longtemps étant donné qu’il a été mis au courant de même que la justice en temps opportun d’après le CB ? (Nous nous demandons une fois encore).

Les parents de la victime Agbeko Yawo Apélété ne sachant à quel saint se vouer ou à qui s’accrocher ont pris les dispositions pour aller chercher le corps le soir de ce 24 Février 2016 avant de recevoir ce soir même l’appel du préfet demandant de surseoir à l’enterrement pour qu’une enquête se fasse avant. N’eût été cette intervention tardive du préfet, le corps aurait été inhumé sans ouverture d’enquête préalable.

Maintenant que l’enquête a commencé par l’audition d’un témoin, pas témoin de l’incident sur les lieux, mais témoin chez qui Agbeko Yawo Apélété s’est rendu et dont la maison est un peu en retrait du village mais bien éloignée des lieux – champ de la victime- du drame, des préoccupations nous obsèdent sérieusement, car :

Tout comme le Commissaire de Brigade, le préfet lors d’une cérémonie d’installation du bureau d’un comité de développement dans un village du canton aurait repris publiquement l’assertion de tirs de coup de feu entre chasseurs dont aurait été victime Agbeko Yawo Apélété. Alors nous nous demandons pourquoi le préfet peut relayer ces genres de propos au risque d’influencer l’enquête que nous croyons être en cours et surtout que cette thèse était même déjà avancée par le CB ?

De toutes les façons, que ce soit un chasseur ou un peuhl qui ait tué notre frère, nous attendons que l’enquête se conduise de façon professionnelle sans entrave ou complaisance pour que l’auteur soit démasqué.

Par ailleurs, au cours de la même réunion, monsieur le préfet aurait présenté un schéma beaucoup plus offensant par lequel il aurait fait passer les fulanis meurtriers et leurs troupeaux pour Abel (victime dans les récits bibliques en genèse) et les paysans et notre frère assassiné pour Caïn (meurtrier dans les récits bibliques en genèse). Quelle contorsion qui frise l’abomination, le sacrilège et même le blasphème !!!

On pourrait se demander si monsieur le préfet a eu le moindre instinct de moral pour demander l’observance traditionnelle de la minute de silence à l’intention de Agbeko Yawo Apélété à l’ouverture de cette réunion !!!

De toutes façons, nous voudrions que se soit bien noté par tous les niveaux et hiérarchies d’autorités que :

  • Nous attendons des résultats intelligibles et crédibles au sujet de l’assassinat de M Agbeko Yawo Apélété et cela devra être de même en principe partout où au Togo ces criminels ont commis ces genres de forfaits
  • Pour la sécurité des cultures, de nos populations et même pour les transhumants, il ne devra plus être question de présence des fulanis et de leurs troupeaux dans la zone Agou Yibo et en principe dans toute la zone AGOU. Parce que, le cas échéant au mépris de notre sécurité, aucune force ne viendra à bout de la détermination de nos populations. On ne peut pas imaginer ce que cela pourra être.

Pour le gouvernement et les différents responsables irresponsables de la politique de transhumance, pourquoi faut-il faire la sourde oreille aux plaintes de nos paysans au point qu’on arrive à ces assassinats par les peuhls avant d’envisager le minimum et élémentaire enregistrement de tous ceux qui introduisent des troupeaux dans nos champs ??

Source : [02/03/2016] Akwamen, T228