Tout le corps de la magistrature à Tsévié est-il alors corrompu ? Non précise le chef Togbui Takpoé Kodjo. A l’en croire, le président du Tribunal de Tsévié et le procureur de cette ville, sans être des surhommes, arrivent à cerner les problèmes comme il faut, des comportements qui doivent inspirer d’autres magistrats dans la résolution des problèmes des citoyens selon le chef de Tonoukouti. Le chef Togbui Takpoé Kodjo a aussi souhaité que les nouvelles lois comme celle qui consacre l’accès à la propriété des femmes, au même titre que les hommes, implique les chefs de village pour une large diffusion des textes.

Aux dernières nouvelles, le juge Philippe Gamatho serait allé voir le chef canton d’Adétikopé afin que celui-ci lui fasse rencontrer Togbui Takpoé Kodjo. Dans quel but et pourquoi passe-t-il aujourd’hui par un intermédiaire? Nous aurions appris que c’est à quatre qu’il se serait mis pour que le chef canton arrange la rencontre. Le procureur général serait intéressé par cette information, lui qui a pris sur lui de défendre le fils du roi. En tant que magistrat du parquet, son dégommage est très facile, mais en faisant montre de zèle, il pourrait durer au poste, les magistrats du parquet étant amovibles sans trop de justifications. Le ministre Pius Agbétomey qui a un droit de regard sur les activités du procureur général se doit d’aller en profondeur de cette affaire.

Des juges qui accaparent des terrains, des substituts de procureur qui volent au secours des géomètres, et un procureur général qui menace un chef de village alors qu’il n’en a pas la prérogative, on dirait que la corruption dont on a souvent accusé les magistrats, n’est pas dénué de fondement. Au-dessus de la magistrature, se trouve le Conseil supérieur à la tête duquel se trouve Akakpovi Gamatho, président de la Cour suprême. Jusqu’à quand une mise au point d’envergure sera-elle effectuée afin de remettre les pendules à l’heure ? Les affinités prendront-elles le pas sur la rigueur dans le travail ? Attendons de voir.

Par deux fois hier, à 16h 50 et 19h, nous avons appelé le procureur général pour connaître les motifs de la lettre, l’objectif poursuivi ainsi que les textes qui interdisent aux chefs de villages de s’impliquer dans les litiges fonciers, mais il n’a pas décroché.

Source : [15/02/2016] Abbé Faria, Liberté