Depuis 1965, les conflits fonciers ont rythmé la vie des deux communautés voisines, Akébou et Akposso, des préfectures de Wawa, Amou et Akébou et envenimé les relations.

Conflits fonciers récurrents dans la région des plateaux, Togo | Infog : 27avril.com
Conflits fonciers récurrents dans la région des plateaux, Togo | Infog : 27avril.com

Pour mettre un terme au bain de sang sur lequel débouche certains de ces conflits, une délégation des cadres des préfectures précitées conduite par le ministre en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat, également natif du milieu, Fiatuwo Sessénou, était lundi dernier à la rencontre à Kougnohou, des composantes des communautés protagonistes.

Il était question au cours de cette rencontre pour cette délégation des fils et filles du milieu de recenser les approches de solution que les protagonistes eux-mêmes jugent indispensables pour pérenniser la cohésion et l’harmonie dans les relations entre les différentes communautés à cheval sur les trois préfectures.

Si les protagonistes ont reconnu que ces conflits sont sources de handicap énorme pour leur développement puisque les privant de ressources humaines, matérielles et financières, ils n’ont pas été non plus, indifférents quant aux pistes de solutions à explorer.

Ainsi, entre autres, ils ont indiqué à Me Sessénou et sa délégation, qu’il serait intéressant que le gouvernement togolais dont il est membre, s’implique davantage dans la recherche de solutions à ces conflits fonciers, en installant d’abord une zone tampon entre les domaines des communautés Akposso et Akébou. Ou encore, les protagonistes ont formulé comme doléance, d’aller à un règlement à l’amiable en optant pour le maintien des anciennes limites.

En tout cas, après voir entendu les uns et les autres, il a été décidé de commun accord, et en attendant que les propositions précitées ne soient étudiées, la mise sur pied d’une commission de vigilance de 15 membres coiffée par les préfets des trois préfectures et qui a pour tâche d’alerter les autorités en cas de conflits, la cessation d’activités champêtres dans la zone de conflit, la destruction des anciennes plantations de caféiers et de cacaoyers. Seule la zone des produits vivriers est épargnée par ces interdictions et destructions. Mais toutefois, les cultivateurs doivent prendre soin de ne pas occuper les parcelles d’autrui.

Pour rappel, les conflits fonciers entre Akposso et Akébou qui sont nés depuis 1965, ont eu des conséquences néfastes sur les deux communautés, puisqu’ayant occasionné la destruction des liens de parenté, de cohabitation pacifique, des pertes en vies humaines des deux côtés et surtout l’appauvrissement des villages qui se sont retrouvés malgré eux dans un état de conflit perpétuel. A la différence des communautés Akébou d’Azigo, d’Azanougboui et des Akposso de Gamé, d’Oga et d’Alawoussou (Amou) qui pour leur part vivent en harmonie, il est ressorti que des saisons agricoles durant, les conflits fonciers ont connu des rebondissements surtout entre les Akébou des villages d’Esséléké et les Akposso des villages d’Oga et Alawousso.

En attendant dès lors un dénouement officiel et définitif de ce conflit foncier qui n’a fait que trop duré, le membre du gouvernement a convié les participants à la rencontre de lundi dernier, à une vulgarisation des recommandations.

Source : [01/04/2016] T228