Suite à la publication de notre article intitulé « Frontière Togo-Ghana : Au cœur d’un business des militaires togolais », dans l’édition 537 du 08 janvier 2016, des mesures coercitives ont été prises à la volée. Les militaires indélicats identifiés sur notre photo, ont été placés aux arrêts de rigueur. Les passages clandestins ont été interdits de passage, des élèves se sont retrouvés bloqués de part et d’autres de ces points frontaliers. Mais un mois après, le constat est fait qu’aucune réflexion n’a été menée pour voir comment faciliter le passage aux populations à ces points, tout en assurant la sécurité du pays.

Des militaires racketteurs à un point de passage clandestin Tokoin Casablanca ( Lomé) à la frontière entre le Togo et le Ghana | Photo : Le Canard Indépendant
Des militaires racketteurs à un point de passage clandestin Tokoin Casablanca ( Lomé) à la frontière entre le Togo et le Ghana | Photo : Le Canard Indépendant

Au contraire, les militaires ont continué par exceller dans le zèle, pour assurer leur business. Ce jeudi 18 février, un militaire à pourchasser à moto un passant qui est entré par un point autre que celui auquel les militaires percevaient les 100 francs. Il l’a rattrapé et l’a percuté avec la moto, selon les témoins. Les deux se sont retrouvés par terre, le militaire le genou en souffrance alors que le passant s’est relevé et continué sa course.

Le malheureux homme habillé aurait alors sorti son fusil mais s’est heurté aux cris des riverains. Le passager a eu juste le temps de se cacher dans une maison abandonnée. Il saignait et a été aidé par des riverains qui lui ont remis des chaussures. Il a pu ainsi retourner au Ghana. Cet incident a beaucoup indigné les témoins, qui ont indiqué avoir assisté à d’autres toutes aussi drôles.

« Il y a pas longtemps, un jeune homme a passé la frontière sans donner les 100 francs aux militaires. Il a été poursuivi et sorti d’une école où il s’était abrité. Malgré les interventions des enseignants, le militaire l’a bien roué de coups en disant que les journalistes pouvaient en parler comme ils souhaitaient, il s’en foutait », nous a confié une jeune dame.

Les riverains redoutent que ces scènes ne dégénèrent un jour en drame. Tellement, la détermination des militaires à ne laisser aucun passager sans recevoir les 100 francs, les pousse à exercer la violence sur les contrevenants. Une hantise qui interpelle une fois encore les responsables de la sécurité du pays, à trouver une solution pour la circulation des populations, tout en garantissant la sécurité du pays.

Source : [19/02/2016] Koffi Amega, Le Canard Independant