Les juges inféodés au régime rétrograde RPT/UNIR ne se rendent pas la tâche facile en mêlant cette affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé qui sont des faits réels au mysticisme.

« Le plus grand mal, à part l’injustice, serait que l’auteur de l’injustice ne paie pas la peine de sa faute » – Platon
Comment démêler le rationnel de l’irrationnel? C’est à cette tâche ardue et compliquée que s’attèle l’alchimiste Doyen des juges d’instruction du Tribunal de Première instance de Première classe de Lomé, Idrissou Sahidou Tchagba qui a trouvé en Jean-Pierre Fabre et Ajavon Zeus des agneaux sacrificiels parfaits pour la rémission des péchés des criminels-pyromanes au sein du régime.
Dans les nuits du 09 au 10 janvier et du 11 au 12 janvier 2013, des incendies criminels ont ravagé successivement le grand marché de Kara et de Lomé, causant d’importants dégâts matériels et semant la désolation parmi les commerçants. Ça, ce sont des faits réels que les Togolais avaient vécus il y a trois ans. Ce qui est difficilement compréhensible par contre, c’est le mysticisme qu’on associe à ces sinistres.
C’est le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Yark Damehame alias Inspecteur Gadget qui était le premier à se lancer sur la piste mystique. Dans une tragicomédie digne des tropiques, Yark a affirmé goguenard que les pyromanes qui, d’après lui, ne sont d’autres que les militants de l’ANC, avaient tenu une réunion nuitamment au siège du parti où ils avaient décidé d’aller brûler le marché. Ils se sont ensuite rendus au cimetière de Bè Kamalodo où ils ont disparu, après une « préparation mystique », pour se retrouver au grand marché de Lomé pour y mettre le feu.
Comme une blague, cette piste est prise très au sérieux par le régime. Le Doyen des juges d’instruction, Idrissou Sahidou Tchagba est revenu à la charge dans son ordonnance concernant Jean-Pierre Fabre en faisant une part belle au charlatanisme. Il soutient que Jean-Pierre Fabre a tenu « diverses réunions qui ont lieu au siège de l’ANC dont il est le premier responsable, réunions au cours desquelles des préparations spirituelles ont été faites et des rôles repartis à des groupes de jeunes constitués préalablement pour la perpétration des faits incriminés».
Il poursuit : « L’inculpé Amavi Komlan dit Séna a affirmé devant nous que c’est dans son bureau que des jeunes ont été reçus par le charlatan pour les préparations mystiques ; qu’il est dès lors indéniable que le siège du parti politique ANC a servi de cadre de planification et de préparation des actes de destructions volontaires des biens publics et privés objet des présentes poursuites ».
Malheureusement, l’Inspecteur Gadget et son compère, le Doyen des juges d’instruction n’ont pas réussi à mettre la main sur le fameux charlatan. Ou a-t-il réussi à disparaître mystiquement ?
Ce qui est gaga dans cette histoire, c’est qu’il y a des éléments cartésiens qui permettent de déterminer les causes, situer les responsabilités et poursuivre les véritables auteurs des incendies. On veut parler du rapport des experts de la police scientifique française commandité par le gouvernement togolais. Mais le Doyen des juges d’instruction a préféré fermer sur les yeux sur cet importantissime document pour faire de l’esprit. Sacré Idrissou Sahidou Tchagba !
Source : Médard Amétépé, Liberté























