Un régime qui planifie la destruction des biens publics construits par l´argent du contribuable, comme l´incendie des marchés de Lomé et Kara dans le but d´accuser et de décapiter  l´opposition pour se maintenir au pouvoir, a perdu toute crédibilité et ne mérite pas d´être pris au sérieux.

Des militants du PNP lors d’une manifestation de leur parti | Photo : DR

Avec l´affaire Kpatcha où Faure Gnassingbé n´a pas hésité à faire  envoyer son frère pour deux décennies en prison afin qu´il puisse règner en toute tranquillité, beaucoup d´eau fut porté au moulin de ceux qui dénonçaient déjà l´instrumentalisation de la justice togolaise par le pouvoir politique.

La supposée affaire d´escroquerie a permis au régime Gnassingbé d´écarter pour toujours du sérail le „gros enfant“ de Kouméya Pascal  Bodjona. Après quelques mois passés en prison Bodjona est aujourd´hui en retraite politique forcée  en attendant peut-être des lendemains meilleurs. Les juges aux ordres du pouvoir de Lomé avaient dû exécuter un ordre venu de quelque part en réduisant au silence celui qui constituait peut-être une menace dans l´entourage de Faure Gnassingbé.

Vu tous ces précédents juridiques propres aux républiques bananières, nous classons les arrestations de dizaines de manifestants dont le Sécretaire Général  du Parti National Panafricain (PNP) les 19 et 20 Août derniers comme étant le fruit d´un acharnement sur une formation politique qui fait peur au régime.

Le caractère synchronisé, expéditif de ces procès, la forte mobilisation des forces de l´ordre surtout à Lomé autour du tribunal et la rapidité des condamnations montrent à suffisance le traîtement politique réservé à cette affaire des accusés du PNP. À Kara et à Lomé beaucoup ont été condamnés à des peines relativement lourdes, dont le Dr Kossi Sama, SG du PNP qui écope d´une peine de 18 mois de prison dont 9 avec sursis.

Le procès de Sokodé n´ayant pas encore eu lieu, c´est à Atakpamé que des accusés arrêtés à Anié furent condamnés à 5 ans de prison ferme; un verdict très sévère pour des supposés casseurs pendant une manifestation pourtant étouffée dans l´oeuf par les forces de l´ordre au tout début de la marche.

Comment peut-on comprendre ces peines de prison disproportionnées surtout à Atakpamé par rapport au caractère peu consistant des dossiers selon Me Apevon, l´un des avocats de la défense?  Même la relâche de  certains accusés pour insuffisance de preuves cache mal le fait que des mains noires tapies dans l´ombre en veulent à une opposition et surtout à un parti politique pas comme les autres.

Un casseur n´arrive pas sur le lieu des manifestations avec sa voiture comme l´a fait le SG du PNP Dr Kossi Sama.

Il s´agit ni plus, ni moins d´arrestations et de procès politiques qui sont en déphasage avec les discours de liberté, de démocratie et de réconciliation nationale prônés par le régime de Faure Gnassingbé.

C´est pourquoi tous les membres et sympathisants du PNP-Allemagne, tous les démocrates togolais en Allemagne, tous les amoureux de la liberté et toutes les organisations de défense des droits de l´homme contactées dénoncent et condamnent l´instrumentalisation de la justice à des fins politiques au Togo.

Nous exigeons la levée des verdicts prononcés et la libération sans conditions de tous ceux qui croupissent en prison et dans d´autres lieux de détention depuis le 19 Août 2017 à Kara, à Sokodé, à Atakpamé et à Lomé.

Le PNP-Allemagne, conseillé par des organisations de défense des droits de l´homme, tiendra pour responsables les tenants du pouvoir togolais de tout acte de torture dont seraient victimes les détenus.

Fait à Cologne, le 1er Septembre 2017
Membres et sympathisants du PNP-Allemagne