
Sous les projecteurs et pressé de tout bord sur les mauvaises conditions des détenus politiques, le régime de Faure Gnassingbé fait ce qu’il sait faire le mieux: de la grosse désinformation. En effet, sonné par la récente résolution du Parlement européen exigeant la libération immédiate pure et simple de l’irlando-Togolais Aziz Goma, le régime Faure, à travers ses organes de propagandes, propage de fausses informations sur le détenu, et met même à contribution la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) pour tenter d’appuyer ses mensonges d’État.
Pour remettre les pendules à l’heure, M. Goma adresse: une lettre ouverte à la CNDH pour exiger des preuves de ce que cet instance et le régime avancent, et un communique de presse pour dénoncer les mensonges persistantes véhiculés par certaines machines à propagandes de la dictature. Lire.
1- Lettre Ouverte à la CNDH
Lettre ouverte à la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH)
Lomé, le 12 septembre 2025
À l’attention de Monsieur le Président et des membres de la CNDH,
Madame, Monsieur,
Dans une publication du 11 septembre 2025, le journal en ligne iciLomé rapporte que, selon une source proche du pouvoir, « le Togo n’a fait qu’appliquer ses lois, en garantissant au prévenu toutes les voies de recours ainsi qu’un suivi médical constant attesté par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) ».
Cette affirmation, qui cite expressément votre institution comme garant de la véracité de ces conditions de suivi et de respect des droits des détenus, interpelle directement l’opinion publique. Elle confère à vos études et à vos rapports un rôle central dans l’appréciation de la situation des personnes incarcérées au Togo, en particulier à la prison civile de Lomé.
Afin de lever toute ambiguïté et de garantir la transparence nécessaire au débat public, nous vous demandons respectueusement de bien vouloir rendre publiques les études et données qui fondent votre attestation. Plus précisément :
1. La capacité officielle d’accueil de la prison civile de Lomé, comparée au nombre réel de détenus au cours des cinq dernières années, afin de mesurer objectivement la situation de surpopulation carcérale.
2. Les données disponibles sur les conditions d’hygiène et de salubrité (accès à l’eau potable, sanitaires, gestion des maladies transmissibles, ventilation et infrastructures sanitaires).
3. Les informations relatives à l’alimentation des détenus, notamment la fréquence, la qualité nutritionnelle et la suffisance des repas fournis.
4. Les modalités et résultats du suivi médical assuré en prison, avec des chiffres sur le ratio personnel médical/détenus, la fréquence des consultations et la disponibilité des médicaments essentiels.
La mission qui vous est confiée par la Constitution et les textes nationaux comme internationaux engage votre responsabilité de garantir, non seulement le respect des droits humains, mais aussi la crédibilité et la transparence des informations diffusées au nom de la CNDH.
La publication de ces données ne pourra que renforcer la confiance des citoyens dans votre institution et contribuer à un débat apaisé, objectif et fondé sur des faits vérifiables.
Dans l’attente d’une suite favorable, nous vous prions de recevoir, Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres de la CNDH, l’expression de notre haute considération.
Abdoul-Aziz Goma
Détenu à la prison civile de Lomé
2- Communique de Presse pour mettre les pendules à l’heure
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Affaire Abdoul Aziz Goma: Vérité et contre-vérités
Dans un article publié par le journal en ligne Republicoftogo.com, il est affirmé que :
1. Le procès de M. Abdoul Aziz Goma aurait été public et transparent.
2. Ses droits auraient été garantis, avec accès à tous les recours légaux et à un suivi médical régulier.
3. Une remise en liberté conditionnelle lui aurait été proposée, mais il l’aurait refusée.
Ces affirmations contrastent radicalement avec la lettre ouverte adressée au Président du Conseil par M. Goma, citoyen irlandais d’origine togolaise, condamné le 3 février 2025 à 10 ans de prison et actuellement en grève de la faim.
1. Sur la prétendue transparence du procès
La lettre ouverte de M. Goma souligne l’absence :
- de preuves matérielles,
- d’indices sérieux,
- de témoignages cohérents.
Il dénonce un verdict arbitraire, prononcé malgré le vide du dossier. La mort tragique d’un coaccusé, M. Karrou Wawim, condamné en son absence alors qu’il était hospitalisé, confirme le caractère expéditif et inéquitable de la procédure. La qualification de « procès public et transparent » est donc en totale contradiction avec la réalité décrite par les détenus et leurs avocats.
2. Sur le respect des droits et le suivi médical
M. Goma et ses coaccusés affirment être victimes de tortures ayant entraîné une paralysie totale des membres inférieurs de ce dernier. Sa situation médicale est documentée par un rapport indépendant, qu’il se dit prêt à produire sans compter les 10 détenus politiques morts en détention suite aux actes de tortures, aux traitements cruels, inhumains et dégradants dans le silence absolu. Or, l’article prétend qu’il aurait bénéficié d’un suivi médical régulier, sans présenter aucune preuve, le dernier en date est le décès de M. Wawim, survenu le 7 février 2025 à la suite d’un abandon médical manifeste, prouve au contraire de l’inhumanité des conditions de détention et le manque de soins appropriés.
3. Sur la liberté conditionnelle prétendument refusée
Selon le média officiel, une remise en liberté conditionnelle aurait été proposée à M. Goma, qu’il aurait « refusée de son propre chef ». Cette affirmation est démentie par ces faits :
Ni dans sa lettre, ni dans les comptes rendus d’audience, il n’est fait mention d’une telle proposition.
Une libération conditionnelle n’a aucun sens juridique dans une affaire où la Cour de justice de la CEDEAO et le Comité des droits de l’homme de l’ONU avaient déjà ordonné une libération immédiate et sans condition.
Parler d’un « refus volontaire » relève donc d’une tentative de manipulation médiatique visant à discréditer la détermination de M. Goma et à minimiser les violations subies.
Conclusion
La communication officielle relayée par Republicoftogo.com cherche à occulter la réalité d’un procès arbitraire, de conditions de détention inhumaines et de violations graves des droits humains.
Face à ces contradictions flagrantes, nous rappelons :
que la détention de M. Goma et de ses codétenus est jugée illégale par les juridictions régionales et internationales,
que les tortures et traitements inhumains décrits par les détenus doivent faire l’objet d’enquêtes indépendantes,
que la seule mesure conforme au droit est leur libération immédiate et sans condition.
La vérité ne saurait être dissimulée par des communiqués de complaisance.























