Alors que 7 étudiants recouvraient leur liberté, d’autres arrestations ont eu lieu lors du procès de cet après-midi à la suite des échauffourées entre étudiants et policiers.

  • Palais de justice de Lomé a fortement encerclé par des forces de l’ordre
  • Étudiants sortis en grand nombre pour apporter un soutien à leurs camarades arrêtés et présentés devant le juge
  • Entamé l’hymne national suivi de la marche républicaine chantés en chœur par des étudiants
  • Déguerpissement des lieux sous la pression des forces de l’ordre des étudiants et dispersion à coups de gaz lacrymogène.

Voilà l’image qu’a offert le procès des huit étudiants la semaine dernière à la suite de leur assemblée générale. Le tribunal de Lomé était plein à craquer ce 19 juin 2017 lors dudit procès. Mais la majorité des étudiants n’ont pas pu avoir accès à la salle.

Pour se faire entendre, ils ont entonné l’hymne national au moment où la police et la gendarmerie bien armées, les repoussaient pour qu’ils sortent de l’enceinte du tribunal. Une fois dehors, ils entonné la marche républicaine et « Fofo si nou sin lé ». Arrivée au carrefour Goyiscore, ils se sont assis par terre faisant un sit-in quand les premiers tirs de gaz lacrymogène ont commencé par résonner. Course poursuite et arrestation ont suivi.

La libération de ces étudiants arrêtés arbitrairement et incarcérés pendant 5 jours et une petite victoire pour eux et leurs camarades de l’Université de Lomé. La présidente du tribunal a débouté le procureur de la république et prononcé leur relaxe.

Dans sa réquisition du jour, le procureur a accusé les étudiants de rébellion et dégradation de biens. Il a estimé que cinq (5) étudiants pouvaient bénéficier de la relaxe mais deux (2) doivent être condamnés à six (6) mois de prison avec sursis. Mais il ne réussira pas à apporter les preuves matérielles de la culpabilité des prévenus.

La juge qui aurait libéré les 7 étudiants  | Photo : LS / FB

Selon le principe général de la procédure pénale, le juge doit prononcer une relaxe ou un acquittement dès lors qu’un doute subsiste sur l’existence même de l’infraction, la réalisation de ces conditions ou encore la participation de ses auteurs.

Se basant donc sur ce principe, la présidente du tribunal a déclaré non coupables des faits à eux reprochés.

« Sur l’action publique, constate qu’il y a un doute sur la culpabilité des prévenus, en conséquence les déclare non coupables des faits à eux reprochés et les relaxe au bénéfice du doute », lit-on dans la décision de la juge.

Les avocats des étudiants ont exprimé leur satisfaction et salué une décision salutaire.

« Nous avons l’habitude de ces procès au départ montés de toutes pièces. Même s’il n’y a pas de preuve de culpabilité, on aboutit parfois à la fin à des condamnations », s’est réjoui Me Dodji Apévon.

En ce qui concerne Foly Satchivi, le président de la Ligue togolaise des droits des étudiants (LTDE), et Emmanuel Agbémagnon, leurs dossiers ont été reporté au 26 juin prochain.

Foly Satchivi qui croupit en prison depuis mercredi n’a pas pu comparaître devant le juge. Il serait actuellement dans une clinique pour des soins parce qu’ayant été brutalisé par la police.

Source : La Gazette du Togo + Togo Breaking News