Entre le Président ivoirien Alassane Ouattara et la France, l’abîme se creuse. Au moment où les mutins ont commencé à donner des coups de boutoir à son pouvoir, il est allé prier devant son mur de lamentations de l’Élysée , de venir à son secours. Mais Hollande qui n’est pas comme ce métal Sarkozy qui se jetait au feu pour attiser les foyers de conflits, n’a pas voulu y mettre ses doigts. L’absence de Ouattara au sommet Françafrique montrait que l’horizon des relations s’empourprait des couleurs de séparation.

Façon tonnerre grondant, le rapport de la commission des Affaires Étrangères des parlementaires de l’ Assemblée Nationale Française ,publié le 16 février 2017 sur la Côte d’ Ivoire, est un upercut en plein visage de Ouattara : « le manque de professionnalisme et de loyauté des soldats tiendraient à l’influence persistante des anciens com’ zones (…) Les indemnisations décidées ont constitué un signal de faiblesse de la part du gouvernement».
Alors que Ouattara ne fait que sortir des milliards dans sa pompe à fric, les parlementaires Français décrivent un pays meurtri par la galère : «pauvreté encore massive, accès non garanti aux infrastructures de base, niveau de corruption encore important, éducation défaillante, données sanitaires préoccupantes, carences des politiques de redistribution, amplitudes des inégalités, dureté des conditions de vie».
Ne dit t-on pas que la Côte d’Ivoire est au temps de sa splendeur grâce à la croissance que tout le peuple peut retirer au distributeur de bonheur? Le rapport des parlementaires ressemble plutôt aux chants d’oiseaux de malheurs : « pour l’heure, le pouvoir repose essentiellement entre les mains des Présidents BÉDIÉ et OUATTARA et leurs proches. Or cette situation génère des frustrations croissantes au sein du camp majoritaire »
Camp majoritaire? N’a t-on pas dit que c’est Ouattara qui avait obtenu la majorité pour être élu? Ou bien ce sont les ordinateurs des parlementaires Français qui viennent d’attraper les virus? Au moment où les soldats de l’ONU s’en vont en clamant haut et fort que le pays est pacifié, les parlementaires Français disent le contraire : « La réconciliation est loin d’être achevée. Les Ivoiriens sont encore divisés sur la crise post- électorale (…) L’ombre de l’ancien Président Laurent Gbagbo plane au-dessus du pays».
Gbagbo est enfermé à la CPI et son ombre hante le pays? Faut-il maintenant arrêter et poursuivre l’ombre de Gbagbo à la CPI? Maintenant que Ouattara, le sous- préfet placé en Côte d’ Ivoire, est entrain de tomber sur l’épreuve fatidique des vagues sociales, et que son avenir s’assombrit, la France a aujourd’hui la nostalgie de Gbagbo qu’ elle a couvert de toutes les infâmies pour envoyer à la CPI. Comme le disait Aulu Gelle : « La vérité est fille du temps».
J. Remy Ngono























