Pierre S. Adjété | Photo: PSA

Bola Tinubu du Nigéria semble se réveiller… Va-t-il opposer les populations du Nord du Nigéria à leurs frères du Niger ?

Selon Chris Yapi, le président en exercice de la CEDEAO, président nouvellement élu du Nigeria, désire que tout soit mis en œuvre pour que la région ne se transforme pas en champ de guerre. Un théâtre d’affrontement et d’expérimentation d’une nouvelle guerre froide en somme.

Eh bien… Pourvu que cet éveil soit effectif au moment même où le déchu président, Mohammed Bazoum, aidé par certains milieux, fait publier une lettre dans le Washington Post pour appeler les États-Unis d’Amérique à le rétablir, lui président, au pouvoir à Niamey…

C’est donc peu dire que d’observer que les choses se compliquent. À défaut du prétexte de capacité de développer des armes de destruction massive, le Niger va être accusé de posséder dans son sous-sol de l’uranium vecteur de bombe nucléaire. On connaît cette histoire… Et alors, le Niger ne peut être autorisé à s’émanciper de ses maîtres actuels… Toutes les guerres d’intérêt ont cette senteur nauséabonde, nous le savons bien!

De plus… En sommant l’armée française de quitter leur territoire au plus tard en début septembre, en renvoyant également la première délégation de « médiation » de la CEDEAO, le bras de fer est bien engagé en Afrique de l’ouest; d’autant plus que des militaires américains sont également stationnés au Niger.

En réalité, la dénonciation des accords militaires entre le Niger et la France est reçue comme une rupture belliqueuse, comme ont été reçues les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA contre le Niger. Tous les ingrédients sont réunis pour que l’Afrique se divise davantage autour de la crise du 26-juillet-2023 déclenchée par le coup d’État de Dignité et d’émancipation au Niger. Ce jour-là, rappelons-nous, aucune goutte de sang n’avait été versée pour mettre fin à l’imposture du pouvoir prétendument démocratique de Bazoum. Un Bazoum cautionné et mis là par son prédécesseur Issoufou dont le fils était dans le gouvernement déchu de Bazoum, et en attente de lui succéder. Nommément : Sani Issoufou Mahamadou, ministre du Pétrole, de l’Énergie et des Énergies renouvelables.

Tout cela ne ressemblant en rien à la Démocratie telle que définie et comprise depuis Abraham Lincoln, il est tout à fait normal que les citoyennes et les citoyens du Niger soient frappés de l’Éthique de la République, incontournable partout, aussi bien au Niger au Sénégal, au Togo, au Cameroun, qu’ailleurs à travers cette maladive Francophonie.

C’est tout cela que les présidents Biden, Tinubu, Macron, Ouattara et autres doivent décoder et comprendre suffisamment.

L’AFRIQUE est complexe. Vouloir s’affranchir du giron de la FrançAfrique est tout aussi compliqué, mais absolument nécessaire et urgente désormais. Le changement c’est le monde à son meilleur ; le changement c’est l’Afrique ; le changement c’est la vie et c’est ainsi. Mieux vaut accepter l’Éthique du changement en cours su Niger et largement supportée par les Africains eux-mêmes.

PSA
4 août 2023