
Depuis quelque temps, un phénomène troublant émerge : le soutien croissant de certains Africains aux politiques de Donald Trump, un leader dont les positions incarnent l’exclusion, la déshumanisation et l’oppression des plus vulnérables. Ce soutien soulève des interrogations profondes sur nos valeurs et sur ce que nous défendons réellement dans nos luttes pour la liberté et la justice.
Trump a construit une grande partie de son pouvoir sur des discours anti-migrants, blâmant les “étrangers” pour les problèmes économiques et sociaux des États-Unis. Figures-vous que les américains “Latino” constitute la majeure partie de ces “étrangers”. Des personnes pour la part indigène du continent américain que les européens ont occupé depuis bientot 6 siècles dans l’illégalité totale.
Les propos suprémacistes de Trump trouve un écho inquiétant dans certaines sociétés africaines où les lois et les mentalités marginalisent également les “étrangers”. Dans plusieurs pays africains, des individus nés sur place, y ayant grandi toute leur vie, se verront privés de la citoyenneté et seront apatrides simplement parce que leurs parents n’ont pas la nationalité de ce pays.
Cette exclusion est paradoxale pour un continent dont les frontières, tracées artificiellement par les colonisateurs au 19ème siècles divisent des peuples liés par l’histoire et la culture. Pourtant, lorsqu’il y a des crises, l’instinct est souvent de blâmer les migrants, comme si l’exclusion et la haine pouvaient résoudre des problèmes profondément structurels. En soutenant Trump, certains Africains cautionnent un discours qui rappelle tristement ces mêmes pratiques sur leur propre continent.
Parmi les justifications avancées, on entend souvent dire que Trump est “franc”. Il ne cache ni son racisme ni son mépris pour certains groupes. Cette transparence, pour certains, est vue comme une qualité. Mais est-ce vraiment une vertu ? Depuis quand l’affirmation ouverte de la haine et de l’intolérance est-elle acceptable ?
Un leader qui revendique la suprématie de sa race et légitime la discrimination est infiniment plus dangereux, car il normalise l’injustice et encourage d’autres à agir de même. La haine assumée, présentée comme une force, banalise des comportements qui devraient être universellement condamnés.
Les politiques de Trump visant à restreindre les droits des migrants, y compris l’abandon du droit du sol, ont été accueillies avec des applaudissements par certains Africains. Ces mesures ne touchent pourtant pas qu’une minorité de femmes africaines aisées qui voyagent pour accoucher à l’étranger. Elles affectent surtout des millions d’enfants nés de parents pauvres, fuyant la violence, les cartels, ou la misère dans leur pays d’origine au Centre au Sud de l’Amérique ( situation que les Etats-Unis ont créé).
N’oublions pas que les pays de l’Amérique Latine ont été les premières victimes de la guerre froide. Les USA ont envoyé des militaries américains détruire des pays entiers, assassiner les diligent en Argentine, au Peru, au Chile, occassionné et financé la guerre en Colombia, a El Salvador, au Nicaragua juste pour imposed des dirigeants anti-russe et pro-occidentaux. C’est d’ailleurs la sauvagerie de la domination américaine en Amérique Latine qui a inspiré celle de la France en Afrique.
Aujourd’hui des milliers d’enfants nés de migrants risquent de devenir apatrides, sans accès à l’éducation ou aux soins de santé. Aux États-Unis, une simple nuit d’hospitalisation pour un accouchement coûte des dizziness milliers de dollars. Les familles les plus vulnérables, déjà dans des conditions précaires, seront laissées sans recours, et leurs enfants grandiront dans un système qui les exclut dès leur naissance.
Applaudir de telles politiques revient à ignorer la souffrance des plus pauvres et à cautionner une logique qui déshumanise ceux qui n’ont rien d’autre que leur dignité.
L’histoire des luttes africaines pour la libération est marquée par une solidarité des peuples du Sud notamment avec l’Amérique latine. Che Guevara a quitté son continent pour combattre aux côtés des Africains. De nombreux pays d’Amérique latine ont soutenu les luttes contre le colonialisme et l’apartheid. Comment expliquer que certains Africains, aujourd’hui, se réjouissent de la déshumanisation de ces mêmes peuples ?
Quand le président colombien a refusé que des avions américains rapatrient ses citoyens comme des criminels, il a donné une leçon de dignité. Il a rappelé que même dans la pauvreté et la migration, les peuples méritent le respect. Ce geste, loin d’être une simple déclaration politique, est un exemple de la solidarité que les Africains devraient également incarner.
Le soutien à des figures comme Trump révèle une contradiction majeure : comment défendre la souveraineté et la dignité africaine tout en cautionnant des politiques qui détruisent la vie d’autres peuples opprimés ?
La lutte pour la liberté et la justice ne peut pas être sélective. Elle ne peut pas être motivée par la haine envers un groupe ou par la satisfaction de voir une minorité piétinée. Elle doit être fondée sur des principes universels de dignité humaine, de justice et d’égalité.
Dans un monde de plus en plus polarisé, il est essentiel de résister à la tentation de justifier l’injustice. Ce n’est qu’en défendant la dignité de tous, que l’on peut espérer construire un avenir plus équitable. L’histoire jugera durement ceux qui, par opportunisme ou indifférence, ont tourné le dos aux valeurs de justice et d’humanité.
Farida Bemba Nabourema
Citoyenne Africaine Désabusée!
























