
Patrice Talon. Homme d’affaires, bon milliardaire, culture française sans reproche. Voilà un bon candidat pour l’une des préfectures du Franc CFA. C’était il y a 5 ans. Aujourd’hui, le bilan du préfet Patrice Talon n’est pas ce qu’on attendait de lui. Il n’a pas su maintenir le Bénin dans le marasme de la corruption, de la mal-gouvernance. Au contraire il a entrepris des réformes politiques qui gênent la corruption parisienne et portonovienne. Cerise sur le gâteau, sous son mandat le taux de croissance du Bénin est devenu le plus élevé et le plus résistant de la CEDEAO malgré la covid-19. En moins de 5 ans il réussit à faire ce que des voisins n’ont pu réaliser depuis 50 ans. C’est dangereux. Il faut changer ça. Il faut le sauter, c’est un mauvais préfet. C’est surtout un mauvais exemple pour le Togo. Que faire ?
La diplomatie élyséenne envoie la belle Reckya Madougou dans les salons présidentiels du togolais Faure Gnassingbé au titre de Conseillère en communication. Entre la conseillère et le conseillé, tous deux célibataires avec enfants, la communication est plus que bien passée, dit-on. C’est la première étape de la manœuvre. La deuxième étape est de profiter de la fin du mandat de Talon pour mettre notre Conseillère sur le fauteuil présidentiel du Bénin. A cette fin, Faure doit présenter sa future collègue aux ténors de l’UEMOA. On organise pour elle des voyages au Sénégal et en Côte d’Ivoire où l’on trouve des moyens « non officiels » pour la présenter aux publics de ces pays et de l’UEMOA.
Mais, patatra, Patrice Talon qui avait promis se limiter à un seul mandat, veut rempiler. Or s’il se présente, au vu de ses résultats, il gagne dès le premier tour, et sans coup férir. Alors, soutenue par son Conseillé et par les nommeurs des préfets, Mlle Madougou entonne un chant de guerre qui met une partie du Bénin en ébullition actuellement. Le but est que l’élection présidentielle du 11 avril prochain n’ait pas lieu. Ce qui remettrait tout à plat et, grâce à de nouvelles règles à définir, elle serait enfin candidate ainsi que les autres recalés de la corruption.
La visite impromptue du Conseillé à l’Elysée, c’est pour ça. Rien que pour ça. Comment faire échouer la tenue de l’élection du 11 avril au Bénin et comment remettre l’amie Reckya en selle, c’est l’unique sujet de discussion de la rencontre Faure/Emmanuel depuis le 5 avril à Paris. Le communiqué de la Présidence togolaise qui veut nous faire croire que l’objet de la visite est de discuter « des sujets d’intérêt commun touchant à la situation dans le monde dans un contexte de crise sanitaire, à la sous-région et aux relations bilatérales » n’est qu’un doux mensonge diplomatique.
Zakari Tchagbalé























