Faure Gnassingbé punit, libère provisoirement, pour mieux dompter les démocrates !

Le pouvoir togolais libère provisoirement le Dr Antoine Randolph, refuse de reconnaître son erreur et se venge en mettant en prison le Pasteur Edoh Komi, le Président de l’Association de Défense des Droits de l’Homme, « Le Mouvement Martin Luther King » dit « La voix des sans voix ». C’est ce pays où règne et perdure l’arbitraire du système de Faure Gnassingbé grâce à l’Etat de non droit, que soutiennent discrètement les chancelleries occidentales et africaines. C’est ce pays qui rémunère, entre autres, Dominique Strauss-Kahn « appelé » pour ses conseils 1 le 8 mars 2016 au Togo car excellent économiste, mais excellant aussi sur des expertises moins nobles qui, ici et là, ont été jugées attentatoires à la Dignité et aux droits des femmes 2. Pour le Dr Randolph, la pression médiatique qui fonde la démocratie de la honte a payé. Le monde doit savoir comment s’organise l’arbitraire au Togo et libérer les hommes et femmes libres d’aller, de venir et de s’exprimer.
1- Libération conditionnée : un chantage d’etat
Le Docteur vétérinaire Antoine Randolph, un Monsieur de 74 ans à la retraite, a pu récupérer, entre autres, son passeport français et quitter libre le Togo le 18 mars 2016. Mais il n’a toujours pas compris pourquoi il a été arrêté par le système de Faure Gnassingbé, celui qui dirige le Togo sans vérité des urnes. Bénéficiant d’une liberté provisoire suite à une arrestation sans mandat et sans raisons spécifiques, Dr Randolph vient de subir près de 3 semaines de kidnapping dans des conditions indignes et pénibles. Les lieux de détention au Togo sont à l’image du niveau d’ignorance des droits humains des ministres concernés par les dossiers d’abus du droit.
Dr Randolph est le Président d’un parti politique, le Rassemblement national pour la démocratie et le panafricanisme. Il a dû se réfugier à Colmar en France en 2005, du fait de l’intolérance du feu Président Etienne Gnassingbé Eyadéma envers les partis de l’alternance au Togo, non sans avoir fait plusieurs séjours dans les geôles nauséabondes du pouvoir. Cette intolérance est un pléonasme, puisque certaines personnalités de l’alternance et de la démocratie, assimilées à des « opposants » furent assassinées et pour certaines retrouvées mortes. Les cas de Tavio Amorin ou du Dr Atsutsè Agbobli, sauvagement tués, n’ont toujours pas été élucidés. Cette fois-ci, une partie importante de la Diaspora était déterminée à utiliser tous les moyens légaux disponibles pour faire savoir au monde le niveau d’arbitraire atteint par ce régime. Déplacement au Togo, manifestation devant l’ambassade du Togo, information des médias, des parlementaires, de l’exécutif togolais et français, etc. sont parmi les moyens utilisés avec succès.
2 – La chasse ou l’elimination d’une diaspora gênante
De nombreux Togolais et Togolaises de l’extérieur avaient considéré que Faure Gnassingbé et Robert Dussey, l’actuel ministre affaires étrangères, de la Coopération et de l’intégration Africaine du Togo, étaient dignes de confiance lorsqu’ils affirmaient, à qui voulait les entendre, que le Togo était prêt à accueillir sa Diaspora quelle que soient ses opinions. Il n’en est rien ! Il s’agit d’une grande mystification de la Diaspora. La preuve est que le retour du Dr Randolph s’est soldé par un séjour forcé dans les hôtels privatifs de liberté de Faure Gnassingbé.
Par ailleurs, Robert Dussey choisit de « récompenser » les meilleures réussites individuelles de la Diaspora au cours de la « semaine de la Diaspora togolaise » qui s’est tenue du 11 au 16 janvier à Lomé 3. Pourtant, c’est le système de Faure Gnassingbé est à l’origine du départ de la plupart des membres de la Diaspora et aussi à l’origine de leur non-retour ou plutôt de leur « aller-retour » pour ce qui est du cas du Dr Randolph. Le Togo n’a rien fait pour soutenir la réussite de la Diaspora et s’arroge le droit de distribuer des médailles, par ailleurs en pacotille… encore, si c’était de l’or, certains auraient pu les vendre sur le marché des métaux précieux…
Il n’y a de récompense qu’une légitimation du système de Faure Gnassingbé. Les promesses du Faure Gnassingbé n’engagent que ceux et celles qui y croient. Ceux et celles qui ne l’ont pas compris, l’apprendront à leur dépens, surtout que certains l’ont appris assez rapidement puisque de nombreuses promesses ne sont pas honorées par le pouvoir en place. Ces déceptions de la Diaspora alimentaire sont rapidement relayées dans les réseaux sociaux… Rappelons d’ailleurs que la contribution de cette Diaspora qualifiée « d’inestimable » par le Ministre a profité principalement au pays d’accueil et bien peu au Togo…
La Diaspora ne doit pas se laisser mystifier par une forme simpliste de récupération politique pour asseoir une allégeance d’une partie de la Diaspora togolaise au pouvoir de Faure Gnassingbé. Mais, la partie de la Diaspora qui tire profit du système doit avoir le courage de ne pas jouer « jeu double » car ils ou elles finissent par être découverts. Robert Dussey doit savoir que la Diaspora est majeure et n’a pas besoin de « tuteurs » et/ou de « béquilles », non sollicités par ailleurs.
Les demandes de la Diaspora togolaise sont connues : recensement, droit de vote, transfert du budget de la 6e région, comité paritaire (gouvernement- diaspora indépendante) sur tous les dossiers concernant les Togolais et Togolaises de l’extérieur, respect de l’état de droit et bonne gouvernance économique, programmation d’élections locales non truquées. Aucun de ces thèmes ne semble être une priorité pour le système de Faure Gnassingbé. Aussi, la meilleure stratégie pour Faure Gnassingbé est de « chasser » ou « d’éliminer » sous toutes ses formes une diaspora potentiellement gênante, car pouvant « éclairer autrement les populations et les partis locaux » devenus avec le temps, très accommodants avec le régime qui n’a d’ailleurs plus « peur » d’eux.























