Les rappeurs français Booba et Kaaris étaient toujours en garde à vue jeudi matin, après leur bagarre de la veille survenue en plein aéroport parisien d’Orly, qui a annoncé porter plainte.

Les rappeurs et douze de leurs proches, auditionnés pour violences volontaires, ont passé la nuit en garde à vue. Deux d’entre eux ont été mis hors de cause et relâchés jeudi matin, a-t-on appris de source judiciaire.
Le groupe Aéroports de Paris (ADP) a par ailleurs porté plainte contre 14 personnes, dont les rappeurs, pour « trouble à l’ordre public » avec préjudice d’image et financier et « mise en danger de la vie d’autrui » car « la rixe a empêché la mise en place d’un périmètre de sécurité autour d’un bagage abandonné », a indiqué une porte-parole d’ADP à l’AFP.
Les faits, filmés par des passagers, se sont déroulés vers 15H00 (9hH00 HE) mercredi dans une salle d’embarquement et ont entraîné des légers retards de vols, la fermeture temporaire d’un hall, ainsi que des dégradations dans une boutique détaxée.
Sur les vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux par des passagers, on voit des hommes échanger des coups de poing et de pied entre les rayons d’une boutique de « duty free » et dans les couloirs de l’aéroport, très fréquenté en cette période estivale.
Les deux rappeurs se rendaient chacun de leur côté à Barcelone où il devaient se produire mercredi soir.
Selon les avocats de Kaaris, Arash Derambarsh et Yacine Yakouti, le rappeur, qui était à l’aéroport en compagnie de six personnes, s’est retrouvé face à « une dizaine de personnes qui n’ont rien à voir avec la musique, qui ont juste envie de se bagarrer ».
« Il a été pris à partie par Booba qui a insulté son enfant et sa femme. Puis ils se sont tous rués sur lui. On le voit sur les vidéos, ils sont à trois contre un », a déclaré Me Derambarsh, estimant que son client était en situation de légitime défense. « Le plus grave, ce sont les armes par destination, des flacons de parfum et des bouteilles en verre », a-t-il ajouté.
Contacté par l’AFP, l’avocat de Booba n’a pas souhaité s’exprimer pour l’heure.
Amitié brisée
Booba, 41 ans, et Kaaris, 38 ans, se connaissent depuis 2011, époque où Booba était déjà l’un des plus célèbres rappeurs français.
Booba l’avait invité à participer à sa compilation Autopsie 4 et lui avait demandé de rapper sur Kalash dans son disque Futur en 2012. Une collaboration que Kaaris qualifiera de «détonateur» pour sa propre carrière.
Mais c’est la guerre avec un autre rappeur, Rohff, qui brisa leur amitié, Booba reprochant à Kaaris de ne pas l’avoir soutenu dans son différend avec Rohff.
Rohff, avec qui Booba entretient une rivalité féroce, a été condamné en novembre dernier à cinq ans de prison pour des violences aggravées commises en 2014 dans la boutique parisienne de vêtements de la star du rap, Unküt, une condamnation dont il a fait appel.
Originaire d’Issy-les-Moulineaux, au sud-ouest de Paris, Booba est le premier rappeur à avoir rempli en solo la salle de Paris-Bercy. Le 13 octobre prochain, celui qui totalise 2,5 millions d’albums vendus, doit donner un concert dans le U Arena de Nanterre dont la capacité (40 000 places) est deux fois supérieure à celle de Bercy.
Son rap évoque des histoires de rue avec des textes souvent violents et crus. Son dernier disque intitulé Trône, datant de décembre 2017, a reçu un très bon accueil de la critique.
Kaaris est quant à lui un des fers de lance du «rap hardcore». Il compte quatre albums à son actif dont le dernier, Dozo, est sorti en novembre 2017. Originaire de Sevran, en Seine-Saint-Denis, au nord de Paris, il s’est révélé en 2013 avec Or Noir. Avec quatre albums et une réédition, il a vendu près de 500 000 disques.
Source : AFP























