Argentine vs Islande

L’Islande, pays de 300 000 habitants, qui tient tête à l’Argentine de Lionel Messi ? Mais oui : le Barcelonais a raté un penalty et la sélection nordique a pris le premier point (1-1) de son histoire en Coupe du Monde face à un adversaire de prestige, samedi à Moscou.

Messi rate un penalty et l’Argentine fait match nul avec l’Islande | Photo : Reuters

Les Argentins se pensaient bien lancés par un but somptueux de leur avant-centre Sergio Agüero (19e), mais les solides Islandais ont vite égalisé par Alfred Finnbogason (23e) avant de tenir bon pour leurs premières 90 minutes dans un Mondial. En première période, Birkir Bjarnason aurait même pu ouvrir le score à la suite d’une passe en retrait hasardeuse de Marcos Rojo (10e).

Le défenseur islandais Hordur Magnusson a bien provoqué un penalty en faisant un croc-en-jambe à Maximiliano Meza, en deuxième période. Mais Lionel Messi, sous pression après le festival de Cristiano Ronaldo la veille face à l’Espagne (3-3) a vu sa tentative repoussée par Hannes Halldorsson, le gardien islandais (64e).

Le portier du club danois Randers FC avait déjà frustré Messi à deux reprises, en boxant un ballon bien enroulé (17e) puis en captant une autre tentative (21e), et l’Argentin a manqué le cadre en fin de match malgré tous ses efforts (82e, 90e).

Voilà qui risque de relancer les débats sur le niveau du Barcelonais avec la sélection nationale. D’autant plus quand son grand rival « CR7 » inscrit un triplé face à la grande Espagne un jour plus tôt… En transformant son penalty, lui.

Parcours « à la 86 » ?

Rien n’est encore perdu pour les Argentins, qui devront toutefois vite se rattraper face à la Croatie le 21 juin et le Nigeria le 26. Mais après leurs qualifications au minimum laborieuses et leur préparation tronquée, les hommes de Jorge Sampaoli ont inquiété samedi sur leur capacité à créer du jeu.

Il n’a jamais fallu bien jouer pour remporter un grand tournoi, ni même pour gagner un match. L’exemple du Portugal, champion d’Europe 2016 après avoir été critiqué pendant toute la durée du tournoi pour le manque de spectacle proposé, est là pour le rappeler.

Mais les Argentins rêvent à voix haute d’un parcours « à la 86 », quand ils avaient remporté la Coupe du Monde avec « deux joueurs de soccer et demi », selon l’expression du spécialiste du soccer sud-américain Nicolas Cougot, responsable du site « Lucarne opposée » : Jorge Burruchaga, Jorge Valdano, Diego Maradona « qui fait tout » et huit joueurs meilleurs dans le duel que dans la construction.

Mais Messi est-il aussi bon que Maradona, présent samedi parmi les quelque 44 000 supporters du Spartak Stadium de Moscou ? « Je crois que ce sont des comparaisons qu’on devrait laisser de côté », avait préconisé jeudi le président de la fédération argentine de football (AFA) Claudio Tapia.

« Ne lui donnons pas toujours toutes les responsabilités, le soccer est un jeu collectif, dans lequel tout le monde est important », avait-il encore observé. Mais cela vaut aussi pour celui qui doit transformer les tirs au but…

Danemark vs Peru (1-0)

Le Danemark a gâché les retrouvailles du Pérou avec la Coupe du monde en le battant (1-0) sur la seule action de classe de son leader Christian Eriksen, passeur, et rejoint la France en tête du groupe C, samedi à Saransk.

Youssouf Poulsen (20) a été le seul marqueur du match entre le Danemark et le Pérou | Photo : Reuters

La délicieuse passe entre les lignes du meneur de jeu de Tottenham pour Yussuf Poulsen (59) permet aux Danois d’empocher 3 points, comme les Bleus contre l’Australie. Le gardien Kasper Schmeichel a complété l’oeuvre à l’autre bout en décourageant les Incas.

Le Pérou, prochain adversaire de la France, le 21 juin à Iekaterinbourg, a manqué un penalty signé « assistance vidéo à l’arbitrage ».

Les beaux maillots blancs à cartouchière rouge ont aussi manqué trop d’occasions pour leur premier match de Coupe du monde depuis 1982.

Leurs incroyables supporters, qui ont traversé la planète pour aller du temple du soleil à la Mordovie par dizaines de milliers, ont pourtant chanté tout le match.

Ils n’ont pas pu acclamer d’entrée leur idole, Paolo Guerrero, repêché de dernière minute. C’est Jefferson Farfan qui jouait en pointe.

Les Péruviens ont été combatifs, à l’image de cette charge de Farfan qui a blessé le milieu William Kvist, touché aux côtes, évacué sur une civière et remplacé par Lasse Schöne (36).

Cueva envoie le penalty dans les nuages

Les Sud-Américains auraient dû ouvrir la marque juste avant la mi-temps, mais décidément c’était la journée du vidéo arbitrage et des penalties manqués. Comme Antoine Griezmann un peu plus tôt, Christian Cueva, crocheté par Yussuf Poulsen, a bénéficié de la VAR, consultée par le Gambien Bakary Papa Gassama.

Mais comme Lionel Messi un peu plus tôt, il a manqué son tir, envoyé dans les nuages. Cueva a fait tout ce qui est interdit : tirer un penalty après une faute sur soi, et arrêter sa course d’élan. En 2016 pourtant, il avait déjà connu pareille déveine contre la Colombie en Copa America…

L’équipe inca lui ressemble : elle déborde d’énergie mais manque un peu d’application dans la construction. Beaucoup de liberté est laissée à Farfan, souvent remonté chercher des ballons alors qu’il évolue en pointe.

Contre le Pérou, les Bleus devront surveiller des latéraux qui montent beaucoup, surtout Luis Advincula à droite, et le très remuant ailier gauche André Carrillo, fin passeur sur la meilleure action de Farfan, contré in extremis par Simon Kjaer (29).

Le pendant droit de Carrillo, Edison Flores, a gâché une énorme occasion, en glissant sur un excellent ballon de Cueva, remis de ses émotions (57), et a vu Kasper Schmeichel réussir une superbe parade sur sa belle frappe (61).

Entre ces deux actions, Poulsen a ouvert la marque sur une transition rapide assurée par Christian Eriksen (59).

La ruée péruvienne n’a rien changé, Schmeichel a aussi sorti du pied un tir de Farfan (84) et une talonnade de Guerrero, entré à la 63e à la place de Carrillo, a frôlé le poteau. Les Incas sont désormais au pied du mur bleu.

Source : AFP + EuroNews