Le Brésil fin en tête de son groupe
Moscou, Russie | Le Brésil est lancé. Solides, à défaut d’être éblouissants, les Auriverdes ont battu sans trembler une courageuse Serbie 2-0 mercredi à Moscou, et affronteront lundi le Mexique en huitièmes de finale du Mondial.

Neymar n’a pas marqué – ce n’est pas faute d’avoir essayé! -, mais Paulihno (36e) et Thiago Silva de la tête sur un corner de «Ney» (68e) ont concrétisé la domination de leur équipe, qui n’a été en difficulté qu’une dizaine de minutes durant toute la rencontre.
Il avait beaucoup été question, avant le match, des larmes de Neymar après le match du Costa Rica (2-0), de l’émotion des Brésiliens en général, et de leur capacité à gérer l’énorme pression qui pesait sur leurs épaules.
«Nous savons que ce match est important mais nous savons gérer la pression», avait répondu Miranda, capitaine contre la Serbie.
Les Auriverdes ont démontré dès l’entame qu’ils avaient bien préparé ce match couperet, où la défaite était interdite sous peine d’élimination.
Tite avait aligné exactement la même équipe que celle qui avait réussi à battre le Costa Rica dans les arrêts de jeu vendredi, avec Gabriel Jesus en pointe, Neymar à gauche et Willian à droite, alimentés par Coutinho en position de meneur de samba.
Marcelo sort sur blessure
Rapidement, la Seleçao a pris le contrôle du match. Technique, capacité à combiner, vitesse: les Brésiliens comptaient plus de 60% de possession à la pause (57% sur l’ensemble du match), et dominaient des Serbes vaillants et costauds dans les duels, mais un cran en dessous en terme de qualité.
Les Brésiliens ont dû toutefois gérer un coup dur dès la 10e minute, avec la sortie de Marcelo, le latéral du Real Madrid animateur majeur du flanc gauche, celui de Neymar. Boitillant, l’air étrangement groggy, il a cédé sa place à Filipe Luis et a regagné le vestiaire.
Face à une défense compacte et bien en place, Neymar et ses coéquipiers ont eu du mal à trouver des espaces lorsqu’ils ont essayé de jouer court à l’approche de la surface. Ils ont alors plus souvent cherché la profondeur, avec des balles dans le dos de la défense à destination de Gabriel Jesus.
Et c’est sur l’une de ces ouvertures que Coutinho a magnifiquement lancé Paulihno, plein axe. Le solide joueur du FC Barcelone a devancé du bout du pied, en extension, le gardien serbe et deux défenseurs, pour ouvrir le score (36e) et donner aux quintuples champions du monde une bouffée d’oxygène avant la pause.
Des regrets pour Krstajic
Pourquoi donc les Serbes ont-ils attendu l’heure de jeu pour soudain se libérer, et se rappeler qu’ils possèdent, eux aussi, quelques artistes parmi leurs attaquants? Pourquoi si tard alors qu’ils pouvaient encore espérer la qualification en cas de succès?
Pendant dix bonnes minutes, ils se sont créé des situations très chaudes dans la surface brésilienne, et Mitrovic, après quelques tentatives non cadrées, a placé une tête qui a obligé Alisson à se coucher.
Dix minutes, et puis plus rien… Juste de quoi donner des regrets au sélectionneur Mladen Krstajic, qui croyait aux chances de ses hommes.
Les Brésiliens remettaient le pied sur le ballon et, sur un corner tiré par Neymar, Thiago Silva plaçait une tête puissante et imparable qui donnait aux siens la victoire et la qualification pour les huitièmes de finale (68e).
La fin de match était à sens unique, et Neymar manquait par deux fois l’occasion de tripler la mise.
Le Brésil a franchi l’obstacle du premier tour, redoutable pour les favoris dans cette édition 2018 du Mondial. Il devra maintenant se remettre sous pression, juste ce qu’il faut, pour affronter les Mexicains. Une autre compétition commence et une nouvelle étoile sur le maillot est désormais à prendre, depuis que les tenants du titre allemands ont été renvoyés chez eux.
La Suisse passe mais ne se rassure pas
Nijni Novgorod, Russie | La Suisse est qualifiée pour les huitièmes de finale du Mondial 2018 après son match nul de 2-2 contre le Costa Rica, mercredi à Nijni Novgorod, mais sa défense fait peur avant d’y affronter la Suède.

Le jour du grand cataclysme allemand, la «Nati» pouvait reprendre le flambeau du réalisme. À la 87e minute après le but de Josip Drmic, elle avait encore la victoire en main, après avoir pourtant été dominée.
Mais elle a trop mal défendu et concédé l’égalisation – un penalty de Bryan Ruiz qui heurtait la transversale mais rebondissait sur le dos du gardien Yann Sommer pour entrer dans les filets – en toute fin de match (90e+3) qui a permis aux «Ticos» d’arracher leur seul point du tournoi.
La Suisse en a même concédé deux en deux minutes, mais l’arbitre français Clément Turpin a dû annuler le premier après visionnage, car Ruiz était hors-jeu au moment de la faute commise sur lui par Michael Lang.
Blerim Dzemaili avait mis la Nati sur la voie d’une frappe pure (31e) au moment où elle sortait à peine la tête de l’eau.
Déjà éliminés, les Ticos, héros du Mondial 2014 où ils avaient atteints les quart de finale pour la première fois, évitent de quitter la Russie sur trois défaites grâce au but de Kendall Waston (56e), qui a un peu poussé Manuel Akanji pour s’élever, et au penalty final de Ruiz! Denis Zakaria avait fauché John Campbell à l’entrée de la surface.
Lichtsteiner suspendu
Mais à Saint-Pétersbourg contre la Suède, le 3 juillet, la Suisse devra résoudre quelques problèmes pour gagner enfin, pour la première fois de son histoire, un match à élimination directe en Coupe du monde. Elle a perdu en quart de finale à domicile en 1954, et en huitième de finale en 1994, 2006 et 2014.
Elle doit resserrer sa défense et remplacer son capitaine. L’inamovible Stephan Lichtsteiner, nerveux, a reçu un deuxième avertissement dans la compétition pour une semelle sur Colindres et sera suspendu en huitièmes.
En attaque, Vladimir Petkovic a peut-être trouvé la solution. En 20 minutes, Drmic a plus fait que Haris Seferovic en deux matchs et que Mario Gavranovic en 70 minutes. Sa tête smashée s’est aussi écrasée sur la barre (78e).
Il aurait pu signer une victoire flatteuse, car les Suisses étaient totalement amorphes en début de match, sauvés par Sommer devant Celso Borges (6e) puis Campbell (8e), et par la barre transversale sur un lob de Daniel Colindres (10e)!
À noter tout de même le superbe premier but des Suisse, sur une superbe action géométrique. Cette fois pas d’aigle mais un signe de croix, un bon ballon de Xherdan Shaqiri pour Lichtsteiner sur la droite, un centre vers Breel Embolo qui remisait à gauche pour une frappe pure de Dzemaili.
Le Bolognais l’a fêté en faisant deux avec le pouce et l’index, a priori pas un signe polémique, après les vagues de l’aigle kosovar mimé par Granit Xhaka et Shaqiri, mais le décompte de ses buts en Coupe du monde. Quatre ans plus tôt, Dzemaili avait réduit le score contre la France (5-2).
Il faudra que l’expérimenté milieu (32 ans) resserre les boulons de son équipe avant la Suède.























