L’Uruguay bat l’Arabie Saoudite 1-0
Rostov, Russie | L’Uruguay est en huitièmes de finale et il y sera accompagné de la Russie: en battant l’Arabie saoudite 1-0 au bout d’un match très pauvre mercredi à Rostov, la Celeste a réglé la question des qualifications dans le groupe A, dont elle se disputera la première place face au pays hôte.

Qualifiée donc, mais sans éclat. Avec deux victoires de 1-0 face à des adversaires très faibles, l’Égypte privée de Salah et les Saoudiens, et deux buts sur corner, l’équipe d’Oscar Tabarez a simplement été efficace et sans pitié, y compris pour les spectateurs neutres.
Les dix dernières minutes ont d’ailleurs été accompagnées de sifflets du public, ce qui est une rareté en Coupe du Monde.
Mercredi, le but uruguayen a en plus été marqué avec l’aide du gardien saoudien Al-Owais, pas meilleur que Al-Mouaiouf, qui avait pris cinq buts contre la Russie (5-0).
À la 23e minute, peut-être impressionné de voir le crâne de Godin plus haut que son bras tendu sur un corner de Sanchez, il a sauté dans le vide, permettant à Suarez de marquer du gauche dans le but vide.
Il faisait très chaud à Rostov. Voilà pour les excuses. Cela peut aider à comprendre le tout petit rythme auquel s’est jouée la partie, notamment la première période, moins le niveau technique du match, par moments désolant.
Après une rencontre inaugurale où les jeunes Nandez et De Arrascaeta avaient eu du mal sur les côtés du milieu de terrain, Tabarez avait chois d’aligner Rodriguez et Sanchez, plus expérimentés. Mais l’ancien Parisien a été très discret et remplacé par Laxalt en deuxième période.
Du côté des attaquants, Suarez a donc retrouvé l’efficacité après un premier match raté. Pour son 100e match en sélection, le «Pistolero» a inscrit son 52e but et est devenu le premier Uruguayen à marquer dans trois Coupes du Monde, après 2010 et 2014.
Cavani a de son côté eu une poignée de ballons à négocier, a mis au-dessus une difficile reprise du gauche (13e) et a raté un duel après une action personnelle (86e).
Le bilan peut sembler maigre mais l’Uruguay est en huitièmes de finale, son tournoi continue et les progrès sont possibles, y compris lundi à Samara face à la Russie. Pour l’Arabie saoudite et l’Égypte, le prochain match sera en revanche le dernier et ne vaudra que pour l’honneur.
L’Espagne rejoint le Portugal en tête de leur groupe
Kazan, Russie | L’Espagne a percé le mur persan: la Roja a souffert mais elle a trouvé la clé contre l’Iran (1-0) mercredi au Mondial 2018 sur un but chanceux de Diego Costa, rejoignant le Portugal en tête du groupe B et se rapprochant des huitièmes de finale.
Déjà auteur d’un doublé contre les Portugais (3-3), Costa a marqué son troisième but dans cette Coupe du monde presque sans le vouloir, un défenseur iranien lui ayant dégagé le ballon sur le genou (54e).
Un but peu esthétique à l’image d’un match poussif où l’Iran a défendu avec acharnement, étouffant le séduisant jeu espagnol. Et l’équipe entraînée par Carlos Queiroz a raté de peu le hold-up sur un but refusé à Saeid Ezatolahi pour hors-jeu (63e) après consultation des arbitres vidéo, alors que la «Team Melli» célébrait déjà son exploit.
Cette joie frustrée résume bien le ressenti des spectateurs devant cette bouillie de football, servie dans le bourdonnement entêtant des «vuvuzelas», ces trompettes popularisées au Mondial 2010 qui ont dû rappeler de bons souvenirs aux Espagnols, sacrés cette année-là.
Pour la Roja, l’essentiel est là: cette première victoire permet à l’Espagne de rejoindre le Portugal avec 4 points en tête, devant l’Iran (3 points). Et lors de la dernière journée, elle aura l’avantage d’affronter le Maroc, déjà éliminé, pour tenter de se qualifier et de s’assurer la première place de la poule. Un match nul lui assurerait en tout cas une place dans le tableau final.
Attaque-défense
Les Portugais, bourreaux des Marocains dans l’après-midi (1-0) grâce à Cristiano Ronaldo, devront pour leur part se coltiner l’Iran et ce ne sera sûrement pas agréable, tant l’Espagne a peiné mercredi.
La première période a ressemblé à une mauvaise caricature d’attaque-défense, les Iraniens dégageant à l’emporte-pièce tandis que l’Espagne, tournant autour de la surface, cherchait en vain l’ouverture.
Les défenseurs centraux Gerard Piqué, dont c’était la 100e sélection, et Sergio Ramos se sont souvent retrouvés dans les quarante mètres adverses à apporter en vain le surnombre face au mur iranien. Et le temps de jeu effectif de la première période a été incroyablement bas à mesure que l’Iran cassait le jeu…
Tactiquement, c’était bien joué de la part de Carlos Queiroz, le sélectionneur portugais de la «Team Melli», qui avait dressé une défense à cinq et un maillage très serré devant sa propre surface. Avec l’objectif évident de jouer le nul contre l’équipe qui l’avait éliminé à la tête du Portugal en huitièmes de finale du Mondial 2010 (1-0).
La Roja aurait pu tout perdre
Le danger est souvent venu du petit meneur espagnol Isco (31e), omniprésent, avec David Silva à la finition. Ce dernier a tenté pas moins de cinq frappes en première période (19e, 25e, 30e, 42e, 45e+1), avec notamment un ciseau acrobatique juste au-dessus du cadre, mais rien n’y a fait: l’Iran restait hermétique.

Confronté au premier casse-tête de son tout frais mandat de sélectionneur, Fernando Hierro a choisi… de ne rien changer.
Et la suite lui a donné raison puisque son maître à jouer Andrés Iniesta, qui n’avait plus d’essence dans le moteur à l’heure de jeu, a tout de même trouvé l’inspiration pour percer plein axe et servir Costa. Ce dernier a pivoté et contré sans le vouloir le dégagement d’un défenseur, expédiant le ballon au ras du poteau (54e).
Après avoir outrageusement dominé, la Roja aurait pu tout perdre si l’arbitre avait validé la reprise d’Ezatolahi (62e), devant un David de Gea encore peu serein. Mais alors que tous les remplaçants iraniens envahissaient la pelouse comme pour célébrer un titre mondial, l’homme au sifflet a écouté dans l’oreillette ce que lui glissaient ses collègues installés devant la vidéo et a annulé le but pour hors-jeu.
L’Iran a tout de même insisté, avec une tête brûlante de Mehdi Taremi au-dessus (82e), mais l’Espagne tenait sa victoire. Et ce 22e match consécutif sans défaite pour la Roja récompense l’équipe qui a voulu créer, face à celle qui a souhaité détruire.
Source : AFP + EuroNews























