La nouvelle est tombée, brutale, totalement inattendue. C’est son frère Ado qui l’a annoncée aux premières heures du mercredi 8 juin 2016. Stephen Keshi est décédé dans la nuit à Benin City au Nigeria. Il n’avait que 54 ans. Selon les premières informations, celui que ses amis et fans appelaient « Big Boss » aurait été victime d’un arrêt cardiaque.

Stephen Keshi a amené les Super Eagles au sacre à la CAN 2013 en Afrique du Sud | Photo : CAF
Stephen Keshi a amené les Super Eagles au sacre à la CAN 2013 en Afrique du Sud | Photo : CAF

« Il n’était pas malade du tout. Il n’était pas affecté par la moindre maladie », a déclaré son frère ajoutant cependant qu’il avait été très affecté par la disparition des suites d’un cancer de son épouse Kate au mois de décembre.

Stephen Keshi, c’est une longue histoire. Natif de Lagos en janvier 1962, c’est tout naturellement qu’il effectue ses débuts à l’CB Lagos avant d’intégrer le New Nigeria Bank. En 1985 il passe quelques mois au Stade d’Abidjan puis à l’Africa Sports, autre club de la capitale économique ivoirienne, avant de tenter l’aventure pro en Europe. Ce sera Lokeren puis Anderlecht en Belgique, le Racing de Strasbourg en France. Retour à Molenbeek, en Belgique, avant d’aller terminer sa carrière de joueur en 1997 en Malaisie, après avoir passé auparavant deux années aux Etats-Unis.

Avec la sélection nationale qu’il a intégrée en 1992, il a remporté le titre continental deux ans plus tard à Tunis contre la Zambie avant de participer à la Coupe du monde aux Etats-Unis où il ne joue qu’un seul match (contre la Grèce). Très élégant, le défenseur au port altier qui avait toujours le regard haut vers l’horizon se distinguait par son efficacité et sa vision du jeu. Dans son attitude, il y avait un peu de Beckenbauer.

Après sa carrière de joueur, il a entamé une carrière d’entraîneur en prenant en main la sélection nationale du Togo. Il qualifie l’équipe pour la Coupe du monde 2006 en Allemagne mais est évincé au profit de l’Allemand Otto Pfister. Quelques temps après un Mondial raté, il est rappelé à la tête des Eperviers avant d’être appelé au chevet des Aigles du Mali. Nul n’étant prophète en son pays, ce n’est qu’en 2011 que le Nigeria se décide à lui faire confiance. Le mariage est houleux mais Keshi conduit l’équipe à son troisième sacre continental en 2013 en Afrique du Sud, après ceux de 1980 et 1994. Keshi devient le deuxième Africain à avoir remporté la CAN en tant que joueur et en tant que sélectionneur après l’Egyptien Mahmoud El Gohary.

Et dire qu’il y a quelques jours à peine on le disait futur entraîneur d’Orlando Pirates en Afrique du Sud. Certains l’annonçaient même au poste de sélectionneur des Bafana Bafana. Nul n’oubliera Stephen Keshi dont  le nom aura rayonné dans tout le continent et au-delà.

Issa Hayatou salue la carrière de Stephen Keshi

Quelques heures après l’officialisation du décès de Stephen Keshi, le président de la Confédération Africaine de Football a adressé un message de condoléances au président de la fédération Nigériane de Football. Issa Hayatou y fait part de sa «grande consternation» et de son «immense tristesse» suite au décès brusque de celui qui a été deux fois vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations avec le Nigeria. En 1994 en tant que joueur et capitaine et  en 2013 comme entraîneur. Ce qui lui a notamment valu la distinction de meilleur entraîneur africain pour l’année 2013 lors des Glo-CAF Awards.

Dans sa correspondance, le président de la CAF revisite la riche carrière du défunt, qui entrera aussi dans l’histoire comme le premier entraîneur africain à avoir qualifié deux sélections africaines en Coupe du Monde. Le Togo en 2006 et le Nigeria en 2014. Stephen Keshi est également l’unique technicien africain à avoir jusqu’ici qualifié une sélection du continent au second tour en Coupe du Monde. C’était en 2014 au Brésil avec le Nigeria. Comme joueur, il s’était hissé au second tour de la Coupe du Monde 20 ans plus tôt avec les Super Eagles lors de leur première participation à la compétition en 1994 aux Etats-Unis.

Les condoléances du président de la CAF, formulées en son nom propre, au nom du Comité Exécutif de la CAF et celui de la grande famille du football africain, dont Keshi a été un fleuron, vont à sa famille, ses amis et à la famille du football nigérian si durement touchés.

Source : [08/06/2016] CAF