« Tout est permis en faveur de sa propre cause, même la mauvaise foi » – Henri-Frédéric Amiel
Depuis un temps, la société de téléphonie mobile Moov Togo a mené une offensive technologique fulgurante en offrant des services innovants et en proposant des offres attractives pour être plus proche de ses abonnés. C’est ainsi que le 8 août 2016, l’opérateur a mis en service le haut débit 3,75G avec des débits pouvant atteindre les 42 mégabits/seconde, coiffant au poteau son concurrent direct, Togocellulaire.

Bien que le lancement du 3G+ de Moov ne soit pas une surprise, l’annonce a fait l’effet d’une bombe au sein de l’opérateur concurrent qui ne sait où donner de la tête. Concurrence oblige, Togocel s’est lancée dans une opération séduction en proposant des offres promotionnelles tous azimuts et en offrant des bonus gracieusement aux abonnés. Dans la foulée, l’opérateur annonce de nouvelles extensions de son réseau et de nouvelles offres aux consommateurs.
Cette concurrence farouche entre les deux opérateurs qui se partagent le marché du mobile au Togo, a été bénéfique pour les abonnés. Cependant, les Togolais adorant la gratuité, la conséquence directe de ces offres promotionnelles de Togocel ont fait saturer son réseau, rendant la connexion Internet difficile.
Toutefois, beaucoup ont déploré le fait que Togocel ait la possibilité de vendre plus de forfait à prix réduits, mais a préféré tricher et spolier les Togolais pendant plusieurs années. Le Togo est le seul pays où les produits et services de télécommunications sont les plus coûteux au monde. Malheureusement, rien n’est fait pour faire baisser les prix et améliorer la qualité des services.
L’espoir d’un troisième opérateur mobile censé entrainer la baisse des tarifs et le doublement du taux de pénétration, a été définitivement enterré. La ministre des Postes et de l’Economie numérique Cina Lawson qui avait annoncé à maintes reprises l’arrivée d’un troisième opérateur mobile, afin de faire baisser le prix des communications téléphoniques et accroître la qualité du service offert aux consommateurs. « L’installation d’un troisième opérateur permettra d’améliorer la concurrence. En plus, avec un troisième opérateur, les deux autres opérateurs déjà sur le terrain vont devoir se battre encore plus, car le nouvel opérateur cherchera à proposer des prix très attractifs », disait-elle.
Mais contre toute attente, la ministre a cru devoir suspendre la vente de la 3è licence de téléphonie mobile sous le fallacieux prétexte que le marché togolais n’est pas attractif. « Y a-t-il de l’intérêt à faire venir de nouveaux investisseurs dans un marché de 7millions d’habitants avec un taux de pénétration de plus de 60% ? », s’était interrogée Cina Lawson fin juillet.
Pourtant, en 2008, le gouvernement avait accordé la licence à la société mauricienne Winley Holdings Limited à « exploiter le réseau de télécommunications ouvert au public de téléphonie mobile aux normes GSM, DCS et UMTS avec accès direct à l’international ». Mais cette société n’a jamais opéré. De même, en 2009, un protocole d’accord avait été signé entre Faure Gnassingbé et Didier Lombard, patron de France Télécom (maison mère d’Orange), assurant à celle-ci l’exclusivité des négociations pour une licence globale 3G (fixe-mobile-Internet). Mais l’Orange ne s’est jamais installée au Togo.
Aujourd’hui, il est plus que nécessaire d’autoriser un 3è opérateur mobile pour favoriser compétitivité et renforcer la concurrence dans le secteur des télécommunications.
Source : Médard Amétépé, Liberté























