Des débris de l’avion du vol MS804 d’EgyptAir qui avait disparu jeudi avec 66 personnes à bord ont été trouvés près de l’île grecque de Karpathos, a annoncé la compagnie aérienne sur son compte Twitter.

«Le ministère de l’Aviation civile a reçu une lettre du ministère des Affaires étrangères égyptien confirmant la découverte de débris du vol MS804», indique EgyptAir, précisant que «des gilets de sauvetage et des morceaux de plastique» flottaient en mer.
Un avion d’Egyptair reliant Paris au Caire s’est abimé jeudi au large d’une île grecque, les autorités égyptiennes évoquant un possible acte terrorisme.
Disparu subitement des radars
Le vol MS804 a soudainement disparu des écrans radars sans qu’«aucun problème» n’ait été signalé par le pilote et alors que les conditions de vol étaient excellentes à l’approche des côtes égyptiennes.
Tout en restant extrêmement prudent, le ministre égyptien de l’Aviation civile a estimé que cette situation pouvait «laisser penser que la probabilité (…) d’une attaque terroriste est plus élevée que celle d’une défaillance technique» pour expliquer sa disparition.
«Mais je ne veux pas tirer de conclusions hâtives», a précisé Chérif Fathy à l’AFP. Un peu plus tôt, le président français François Hollande avait déclaré qu’«aucune hypothèse» n’était «écartée» ou «privilégiée».
Selon des officiels américains cités par CNN, les premières analyses pointent dans la direction d’une explosion qui aurait été causée par une bombe.
«Des objets ont été localisés dans le sud-est de la Crète par un C-130 égyptien, dans une zone qui du point de vue aérien dépend de l’Égypte. Des bateaux seront envoyés sur place» pour vérifier de quoi il s’agit, a d’abord indiqué à l’AFP le porte-parole de l’armée grecque, Vassilis Beletsiotis.
«Des débris d’un avion ont été localisés, c’est ce que nous a dit le centre égyptien de coordination des recherches», avait pour sa part indiqué à l’AFP le bureau de presse du ministère grec de la Marine marchande.
Ces débris ont été localisés à 205 milles marins au sud-ouest de la Crète, et à 190 milles marins au sud de l’île de Karpathos, «à l’intérieur de la zone de contrôle aérienne égyptienne», a ajouté cette source.
Les autorités grecques avaient situé le point présumé de la chute de l’avion à 130 milles marins au large de l’île de Karpathos, à l’est de la Crète.
Des navires et avions grecs participent aux recherches dans la zone aux côtés d’appareils égyptiens, français et américain.
Trois enquêteurs français et un conseiller technique d’Airbus se rendront jeudi au Caire pour participer aux investigations sur la disparition du A320 du vol MS804 d’EgyptAir reliant Paris à la capitale égyptienne, a annoncé jeudi le secrétaire d’État chargé des Transports Alain Vidalies.
Les spécialistes du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA), l’autorité responsable des enquêtes de sécurité dans l’aviation civile française, voyageront par le même vol que celui de l’appareil qui s’est abîmé au large d’une île grecque.

Le vol MS804 de la compagnie nationale EgyptAir reliant l’aéroport Paris-Charles de Gaulle au Caire, avec 66 personnes à bord, a disparu des radars à 2 h 45 heure du Caire (20 h 45 mercredi à Montréal), alors qu’il se trouvait dans la zone de contrôle aérien (FIR) égyptien, a indiqué le vice-président d’EgyptAir.
Selon les autorités grecques, l’avion a disparu des écrans radars grecs vers 0 h 29 GMT (20h29 mercredi à Montréal) alors qu’il quittait le FIR grec et entrait dans le FIR égyptien.
D’après Constantin Litzerakos, chef de l’aviation civile grecque, le dernier contact avec le pilote s’est produit «à peu près à 0 h 05 GMT (20h05 mercredi à Montréal)», mais ensuite, il a cessé de répondre aux appels des contrôleurs aériens grecs, qui se sont poursuivis «jusqu’à 0 h 29 GMT (20h29 mercredi à Montréal) , quand l’avion a disparu des radars».
Selon le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, l’appareil a «effectué un virage de 90 degrés à gauche puis de 360 degrés à droite en tombant de 37 000 à 15 000 pieds», de 11 000 à 4570 mètres, avant de disparaître des radars.
from the Egyptian Ministry of Foreign Affairs declaring the finding of wreckage of the missing aircraft No. MS 804
— EGYPTAIR (@EGYPTAIR) May 19, 2016
La piste d’un attentat à l’explosif est également privilégiée par plusieurs experts. «C’est l’ambiance politique qui fait cela», a indiqué l’expert aéronautique Gérard Feldzer, en jugeant par ailleurs «peu probable» un «ennui technique majeur» alors que l’avion était «relativement récent».
Cette catastrophe aérienne intervient un peu plus de six mois après l’explosion au-dessus de l’Égypte, le 31 octobre, d’une bombe à bord d’un avion russe transportant des touristes de la station balnéaire de Charm el-Cheikh à destination de Moscou, qui avait fait 224 morts.
Cet attentat avait été revendiqué par la branche égyptienne du groupe djihadiste État islamique (EI), une organisation qui a fait aussi de la France l’une de ses cibles prioritaires.

L’appareil d’Egyptair transportait 56 passagers, dont un petit garçon et deux bébés, ainsi que sept membres d’équipage et trois officiers de sécurité, selon la compagnie nationale égyptienne. 30 Égyptiens, 15 Français, deux Irakiens, une Canadienne, un Britannique, un Belge, un Portugais, un Algérien, un Soudanais, un Tchadien, un Saoudien et un Koweïtien se trouvaient à bord.
Il avait décollé de l’aéroport français de Roissy-Charles de Gaulle près de Paris peu après 23 h et devait atterrir au Caire à 3 h 05.
Une vingtaine de minutes avant de disparaître des radars, le pilote n’avait pourtant signalé «aucun problème» aux contrôleurs aériens grecs lors de sa dernière conversation. Il était même «de bonne humeur et a remercié ses interlocuteurs en grec», selon leur chef, Constantin Litzerakos.
Aucun «message de détresse» n’a été envoyé par l’équipage, a par ailleurs affirmé l’armée égyptienne, infirmant ainsi une information d’EgyptAir.
L’Airbus est tombé à 130 milles marins au large de l’île de Karpathos, alors qu’il venait d’entrer dans l’espace aérien égyptien, selon les autorités grecques.
Des médias grecs ont indiqué qu’un bateau naviguant dans la zone aurait vu une boule de feu dans le ciel, une information qui n’a pas été confirmée officiellement.
Selon la TV FRANCE 24, «Tout pointe le doigt vers un attentat»
Érythrée, Égypte et Tunisie
L’appareil, un Airbus A320, était passé mercredi par l’Érythrée, l’Égypte et la Tunisie, selon le site internet FlightRadar24. Il avait commencé sa journée à Asmara, où il était arrivé mardi soir du Caire.
Il a décollé à 1 h 30 GMT pour regagner Le Caire où il a atterri deux heures et 32 minutes plus tard. Ensuite il est reparti à 6 h 21 GMT pour Tunis, un vol de trois heures et 12 minutes.
Après seulement une heure et deux minutes d’escale, il est revenu au Caire à 13 h 17 GMT à l’issue de deux heures et 24 minutes de trajet, toujours selon FlightRadar24. Son escale au Caire a duré moins de deux heures et il a redécollé pour Roissy-Charles de Gaulle où il a atterri à 19 h 55 GMT, selon ces registres. Il est reparti de la capitale française peu après 23 h et devait atterrir au Caire jeudi matin à 3 h 05.
Nouvelle épreuve pour l’Égypte
Le parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance confiée à la gendarmerie, le vol ayant décollé de France.
La perte de cet avion intervient dans un contexte difficile pour l’Égypte, confrontée à de multiples défis sécuritaires et économiques.
L’attentat contre l’avion de touristes russes le 31 octobre avait contribué à faire encore chuter la fréquentation touristique, un secteur-clé de l’économie du pays.
L’EI continue par ailleurs de multiplier les attentats et attaques visant principalement les forces de sécurité et plus rarement les intérêts étrangers.
Pour sa part, la compagnie Egyptair a récemment dû gérer une prise d’otages à bord d’un de ses avions, détourné le 29 mars par un pirate de l’air «psychologiquement instable» vers Chypre. Les 55 passagers avaient finalement été libérés sans heurt tandis que l’homme se rendait.
À l’aéroport du Caire, les proches des passagers du vol MS804 ont été confinés très tôt dans une salle isolée et la police interdisait l’accès à la presse. Ceux qui en sortaient étaient assaillis par une foule de journalistes. Quittant le bâtiment en larmes, une femme a lancé à un photographe: «Pourquoi tu me prends en photo ? Mon frère est mort et tu me prends en photo ?».
«J’ai quatre proches dans l’avion, on n’a aucune information. Le directeur adjoint d’EgyptAir nous a organisé une conférence pour nous dire qu’ils n’ont aucune information si ce n’est que l’avion a disparu», lâche un homme.
Source : [19/05/2016] AFP + Reuters + AP + Radio-Canada + France 24 + CNN + EuroNews + 27avril.com























