
Le mariage précoce et forcé est un problème complexe et profondément enraciné dans la tradition africaine. Ce phénomène est souvent alimenté par une combinaison de facteurs sociaux, économiques et culturels. La pauvreté et l’insécurité économique, la ténacité des habitudes coutumières et le manque d’éducation de la jeune fille sont quelques-unes des raisons fondamentales dans lesquelles le mariage précoce et forcé trouve ses explications en Afrique et plus particulièrement au Togo.
Il faut cependant noter que dans le but de garantir les libertés et droits fondamentaux en faveur de la jeune fille et aux femmes souvent vulnérables, le législateur a bien jugé de prévoir des instruments juridiques destinés à protéger les droits de l’enfant et de la femme; à ces instruments juridiques, s’ajoutent également plusieurs organisations de défense des droits de la jeune fille et de la femme à cause de leur vulnérabilité et des abus répétés dont elles sont constamment victimes dans nos milieux.
Au Togo, en effet, la Loi n° 2007-005 du 10 janvier 2007 sur la santé de la reproduction établit en son article 11 ce qui suit : « Aucune femme, pour des raisons liées à la sexualité et à la reproduction, ne doit être soumise à des mariages forcés et/ou précoces ». Aux termes de la Loi n° 2007-017 du 6 juillet 2007 portant code de l’enfant en son article 267, il est écrit : « Le mariage des enfants est interdit. L’âge de la nuptialité est fixé à dix-huit (18) ans révolus ». Le code prévoit que « toute personne ayant exercé sur l’enfant une contrainte de quelque nature que ce soit en vue de l’amener à consentir au mariage sera punie de un (01) à trois (03) ans d’emprisonnement et d’une amende de cent mille (100 000) à un million (1 000 000) de francs CFA» ( art. 273).
Par ailleurs, dans son rapport initial présenté au Conseil économique et social des Nations Unies en 2011, le Togo écrit : « Le mariage précoce et le mariage forcé ne sont pas reconnus par la loi. Cependant, il existe encore des mariages précoces et forcés dans certaines régions du pays du fait de l’influence des coutumes et des pratiques religieuses».
Bien que notre société ait prévu des dispositions en vue de protéger les droits de la femme et de la jeune fille souvent victimes du mariage précoce et forcé, il revient à chaque famille de contribuer au respect des textes en vigueur consacrés à cet effet ; cela va dans l’intérêt de l’épanouissement de la femme en particulier et du développement durable de notre société en général.
Source: lecorrecteur.tg























