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Il est connu de tout Togolais qu’à chaque fois qu’un scandale éclabousse le régime paresseux de Faure Gnassingbé ou qu’il se retrouve sous les feux d’une décision de justice qui expose ses manœuvres visant à conserver le pouvoir, il invente un subterfuge pour divertir l’opinion nationale et internationale. L’hydre qui dérange la tranquillité des Togolais depuis 60 ans, vient de sortir un autre tour ces jours où le débat se fait autour de la décision de la Cour de justice de la CEDEAO qui condamne son coup d’Etat constitutionnel de 2024 : Enquête du parlement sur un match truqué. Pathétique !

Le moment est bien choisi par le régime moribond pour tenter de faire oublier la condamnation. Depuis 2024, le peuple togolais n’a cessé d’interpeller la communauté internationale sur le coup d’Etat constitutionnel opéré par Faure Gnassingbé pour se maintenir éternellement au pouvoir. Les tentatives des partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile pour descendre dans les rues contre ce projet funeste, ont été étouffées voire réprimées.

Il a fallu que des jeunes de la diaspora qui, à la suite de l’arrestation d’Aamron, lance le mot d’ordre pour que les Togolais envahissent les rues. La conséquence, on le connaît : une répression aveugle du régime avec à la clé plusieurs morts dont des enfants innocents et des dizaines de blessés.

Grâce au travail de certains avocats, aujourd’hui, la Cour de justice de la CEDEAO donne raison au peuple togolais réprimé, tué et envoyé en exil pour avoir demandé le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Il y a donc eu un coup d’Etat contre la constitution en faveur de Faure Gnassingbé.

« La Cour conclut donc que la modification constitutionnelle adoptée le 25 mars 2024, compte tenu de son timing, de son contenu et de son effet escompté, viole l’article 23(5) de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance, et constitue un changement inconstitutionnel de gouvernement au sens de cette disposition », lit-on dans la décision de l’institution sous-régionale.

Le débat autour de cette décision devient intense dans le pays, et la diaspora se mobilise. Des acteurs politiques et de la société civile organisent des rencontres pour en parler. Ce qui réveille la contestation qui a animé les Togolais en 2024 et 2025 après le vote des députés illégitimes qui ont changé la constitution.

Dos au mur, Faure Gnassingbé au pouvoir depuis 21 ans mais qui laisse le pays dans un état piteux, active l’Assemblée nationale qui n’hésite pas à jeter dans l’opinion une affaire qui n’a aucun intérêt pour les Togolais.

Le Togo regorge de plusieurs scandales financiers, des détournements de fonds publics avec une corruption endémique qui plombe l’économie. Les auteurs sont connus de tous et ils courent tranquillement les rues. L’Assemblée nationale semble ne pas s’intéresser à eux.

Le pays continue de descendre dans l’abîme. Aujourd’hui, non seulement toute la ville de Lomé est inondée, mais aussi des villages ont pris l’eau avec l’effondrement des cases des populations.

Tout ça, personne n’en parle depuis des années que le drame se produit. Subitement, on met sur la place publique une affaire de match truqué sur laquelle l’Assemblée nationale veut enquêter.

Cela se comprend. Il faut donner l’impression qu’on travaille puisqu’on n’arrive pas à trouver de solution aux véritables maux dont souffrent les Togolais. Une commission d’enquête qui va encore graisser les pattes de certains.

Heureusement qu’on connaît désormais la méthode. La diversion ne marche plus pour les Togolais conscients de l’état de déliquescence dans lequel se trouve le pays. Faure Gnassingbé est aujourd’hui illégitime comme le confirme la Cour de justice de la CEDEAO. On peut alors comprendre pourquoi cet individu ne veut pas travailler et développer le pays.

Isidore Kouwonou

Source: Lalternative.info