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FEG | Photo/Capture d’écran: DR

La fébrile panique qui s’empare des officines de communication du régime RPT-UNIR depuis le prononcé de l’arrêt historique de la Cour de justice de la CEDEAO est le symptôme indéniable d’une déroute morale que les sourires de façade ne parviennent plus à dissimuler. Les publications commandées en urgence, tentant de rabaisser la portée du droit international, ne sont que les derniers soubresauts d’un système qui voit s’effondrer l’échafaudage de sa prétendue légalité.

La diffusion massive et désespérée de messages affirmant de manière péremptoire que la décision de la Cour régionale « n’a pas remis en cause l’application de la Constitution adoptée en mars 2024 » relève d’une grossière tentative d’enfumage psychologique. Ce stratagème usé, déployé par les propagandistes à gages du pouvoir de Lomé, cherche à tout prix à anesthésier la conscience populaire et à étouffer le sursaut patriotique avant qu’il ne se transforme en une contestation définitive. Mais que les zélateurs du régime ne s’y trompent pas : en qualifiant sans ambiguïté la prétendue réforme constitutionnelle de « changement anticonstitutionnel de gouvernement », la plus haute juridiction de l’espace ouest-africain vient de porter un coup fatal à l’imposture dynastique en cours.

Cette offensive médiatique menée par les plumes mercenaires du pouvoir trahit une panique profonde. Pourquoi consacrer tant d’énergie, tant d’articles commandés et tant de posts sponsorisés à tenter de minimiser un arrêt de justice si, comme ils le prétendent avec un cynisme affiché, ce dernier n’était qu’un morceau de « paperrasse inutile » ? La réalité est tout autre. Le régime sait que le vernis d’honorabilité internationale qu’il s’efforçait de maintenir vient d’être définitivement décapé. Ce n’est plus seulement l’opposition démocratique ou les organisations de la société civile togolaise qui dénoncent un hold-up institutionnel ; c’est la communauté des Nations qui acte solennellement la forfaiture républicaine.

L’arrêt de la CEDEAO : La sentence irrévocable d’un coup d’État civilo-militaire

Que les fonctionnaires du mensonge cessent leurs contorsions sémantiques et leur masturbation intellectuelle : la requalification juridique opérée par la Cour de justice de la CEDEAO cible directement le cœur du système. En affirmant que la procédure ayant mené à l’adoption du texte de mars 2024 viole les principes fondamentaux du droit communautaire et démocratique, l’arrêt condamne formellement ce que le peuple togolais appelle par son nom : un coup d’État constitutionnel.

L’objectif de cette manœuvre clandestine, orchestrée au mépris des règles de procédure les plus élémentaires, n’a jamais été de moderniser les institutions ou de fluidifier la gouvernance républicaine. Le dessein exclusif était d’assurer au dictateur Faure Gnassingbé une présidence à vie. Face à l’impossibilité morale et politique de solliciter un nouveau mandat présidentiel sous l’ancienne formule, le régime a tout simplement décidé de changer les règles en plein milieu de la partie. Le passage forcé et illégitime au régime parlementaire n’est qu’une ruse grossière destinée à contourner la limitation des mandats présidentiels, en transférant la réalité de l’exécutif vers une fonction de « Président du Conseil » taillée sur mesure, accessible sans le vote direct, libre et souverain du peuple togolais.

« Supprimer le suffrage universel direct pour l’élection du chef de l’exécutif dans un contexte de confiscation institutionnelle n’est pas une réforme : c’est un acte de haute trahison envers la souveraineté nationale. »

En privant le citoyen togolais de son droit inaliénable de choisir directement le dirigeant de son pays, le pouvoir a opéré une spoliation de souveraineté. L’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO vient rappeler avec la force du droit que la volonté d’un clan, aussi armé et fortuné soit-il, ne peut en aucun cas se substituer à la volonté générale d’un peuple. Chaque acte posé, chaque institution installée et chaque décret signé sous l’égide de cette constitution scélérate est désormais frappé du sceau de l’illégitimité internationale.

Aux complices et profiteurs : Le ventre comme boussole et le réveil de la justice

Il est impératif d’adresser un avertissement solennel à ces intellectuels faussaires, à ces communicants de fortune et à tous les « services traiteurs » qui se ruent aujourd’hui sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux pour crapahuter et défendre l’indéfendable. En choisissant délibérément de prêter leurs voix, leurs plumes et leur prétendue intelligence à la légitimation d’un coup d’État civilo-militaire, ces individus dépassent le cadre de la simple liberté d’expression ou du débat politique tolérable. Ils se positionnent activement comme les complices objectifs d’une entreprise criminelle de confiscation du pouvoir d’État.

Que ceux qui laissent aujourd’hui leur ventre guider leur cerveau et leurs intérêts immédiats étouffer leur conscience y réfléchissent à deux fois. Les prébendes distribuées par le pouvoir de Lomé, les sinécures temporaires et l’illusion d’une protection étatique ne suffiront pas à effacer l’infamie de leurs actes devant l’histoire. Un coup d’État, qu’il soit perpétré par les armes d’un régiment ou par les falsifications textuelles d’une assemblée monocolore au mandat expiré, reste un crime permanent contre le peuple.

Dans l’évolution du droit international et dans la mémoire collective des peuples en lutte pour leur émancipation, la complicité de forfaitures politiques d’une telle gravité revêt un caractère imprescriptible. Les régimes passent, les dictatures les plus féroces s’effondrent, les dirigeants s’effacent, mais les actes de trahison républicaine restent gravés dans le marbre de l’histoire. Lorsque l’inévitable heure de la justice sonnera, l’argument de l’obéissance aveugle ou de la nécessité matérielle ne sera d’aucun secours pour ces courtisans qui ont préféré troquer l’honneur de la patrie contre un plat de lentilles.

Appel au sursaut national : Opposer la légitimité populaire à la résignation

L’argumentaire fallacieux selon lequel « cet arrêt n’a aucun impact concret sur le terrain » ou que « le pouvoir n’en a cure » est distillé à dessein pour inoculer le poison du fatalisme au sein de nos populations. Le régime veut faire croire que la résistance est inutile, que les jeux sont faits et que le peuple togolais est condamné à subir éternellement le joug d’une dynastie. C’est le dernier recours des tyrannies : faire croire à leur propre immortalité en brisant le moral de ceux qu’elles oppriment.

Les Forces Vives de la Nation, associant les énergies militantes de l’intérieur du territoire national et l’immense potentiel de la diaspora, doivent taire le conflit de paternité et appeler l’ensemble des citoyens togolais à se mobiliser pour rejeter en bloc cette manipulation psychologique. L’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO n’est pas une fin en soi, mais un levier politique et juridique d’une puissance inédite. Il constitue la fondation légale internationale sur laquelle doit désormais s’appuyer notre résistance légitime.

Le retour absolu à l’ordre constitutionnel, matérialisé par la Constitution de 1992 originelle et souverainement votée par le peuple togolais, demeure le seul et unique horizon politique acceptable. Nous n’acceptons pas, et nous n’accepterons jamais, la légalité de contrebande fabriquée par les ventres affamés du régime. Face à leur arrogance financière et militaire, opposons la seule force que les tyrans redoutent par-dessus tout : la légitimité souveraine, unie et inébranlable du peuple togolais en marche vers sa liberté.

Ne cédons pas un pouce de terrain à la désinformation. Restons debout, conscients de nos droits et fidèles à la mémoire de nos martyrs. La justice et l’histoire cheminent à nos côtés.

Rodrigue Ahégo,
La Voix des Sans Voix

Rodrigue Ahego | Photo: R.K.A / FB
Rodrigue Ahego | Photo: R.K.A / FB