Route Lomé-Vogan-Anfoin | Photo: DR / LeCorrecteur.tg
Route Lomé-Vogan-Anfoin | Photo: DR / LeCorrecteur.tg

Les fortes pluies du lundi 29 juin 2026 au Togo ont occasionné d’importants dégâts à Lomé et dans la Région Maritime avec des pertes en vies humaines. Au rang des dégâts matériels figurent les ponts de Boko dans la Préfecture de Vo et d’Anfoin dans la Préfecture de Lacs au point où l’interdiction de circulation aux véhicules légers, aux poids lourds et aux transports communs a été préconisée.

Ceci fait suite à la mission d’évaluation technique des services des Travaux publics de la Région Maritime. A l’issue de leur mission, les techniciens ont jugé fragiles les ouvrages nécessitant la mise en œuvre de mesures préventives destinées à garantir la sécurité des usagers.

« En conséquence, jusqu’à nouvel ordre, seuls les piétons et les engins à deux roues sont autorisés à emprunter ces deux ouvrages. L’accès est interdit à tous les autres usagers de la route, notamment aux véhicules légers, aux poids lourds et aux transports en commun », a conclu cette mission technique. Pour assurer la continuité de la circulation, un itinéraire de déviation a été aménagé.

Les automobilistes et autres conducteurs concernés sont invités à emprunter l’axe : Vogan – Agnron Copé – Glidji.

Les services compétents appellent les usagers à faire preuve de prudence et à suivre la signalisation mise en place sur le terrain.

Les aléas de la forte pluviométrie sont imprévisibles. Mais le cas des ponts de Boko et d’Anfoin est prévisible.

En effet, la réfection de cette route longue de 61 km a été l’un des plus gros scandales économiques du pouvoir togolais.

Doit-on le rappeler, la réfection de cette route, la Nationale N°34 devait coûter 37 milliards mais à l’arrivée, c’est bien le fiasco. D’abord, l’entreprise CECO avait pris 26 milliards FCFA sans pouvoir réaliser les travaux et China Road and Bridge Corporation (CRBC) a bénéficié de 31 milliards FCFA pour l’achever à sa manière. Un scandale de grande ampleur qui n’a jamais été élucidé à ce jour.

Lancés jeudi 30 janvier 2014 pour dix-huit mois, les travaux n’ont été achevés qu’en juillet 2021.Ils ont été longtemps abandonnés par la société CECO Group après le déblocage de 26 milliards FCFA pour être repris plus tard par les Chinois de China Road and Bridge Corporation (CRBC). A leur arrivée, les Chinois ont modifié la dimension initiale tracée par CECO Group. À plusieurs endroits, la route a été considérablement réduite à telle enseigne que les Chinois n’ont aménagé que la vieille route avant même les travaux de CECO. Au-delà de son caractère zigzag, il n’y a pratiquement plus de rigole. En somme, des travaux de piètre qualité.

Pour des travaux initialement prévus pour dix-huit mois, il a fallu attendre plus de sept ans avec toutes les conséquences dramatiques pour les usagers. Depuis lors, l’ouvrage n’a pas officiellement réceptionné jusqu’à ce jour alors que des travaux de replâtrage de la nouvelle route de moins de cinq ans ont été déjà réalisés .Même les ponts finalement emportés à Boko et Anfoin ont été refaits plus d’une fois.

Une preuve palpable des travaux bâclés.

Finalement ce sont les pauvres usagers qui sont victimes. Regardez un peu cette déviation dingue qui a été instaurée qui oblige à passer par Anyronkopé-Glidji avant de revenir à Anfoin.

Le Togo demeure un grand bazar pour sa population avec des dirigeants bien inconséquents.

Kokou Agbemebio

Source: LeCorrecteur.tg