Poteaux et câbles électriques abandonnés au milieu d'un marché construit en 2024 et laissé à l'abandon jusqu'à tout récemment | Infog: LeCorrecteur.tg
Poteaux et câbles électriques abandonnés au milieu d’un marché construit en 2024 et laissé à l’abandon jusqu’à tout récemment | Infog: LeCorrecteur.tg

À quelques kilomètres de Lomé, dans la commune d’Agoè Nyive 4, se trouve un endroit qui semble avoir disparu des radars de l’État togolais. Togblé Fidokpui n’est pas isolé par la géographie, mais par l’indifférence.

Le premier signe, c’est la route, ou plutôt son absence. Aucune voie praticable ne permet aux habitants de circuler dans des conditions décentes. À la moindre pluie, les déplacements deviennent un calvaire, et le quotidien de ceux qui vivent, travaillent ou vont à l’école se transforme en épreuve.

Puis il y a ces poteaux électriques, plantés dans les hautes herbes depuis plus de quatre ans, et ces bobines de câbles qui attendent, immobiles, qu’on veuille bien finir le projet d’électrification pour lequel elles ont été livrées. Personne ne semble pressé de les raccorder à quoi que ce soit. Ces câbles et poteaux électriques sont devenus, au fil des saisons, un décor familier pour les riverains, presque un symbole d’une promesse suspendue.

Non loin de là, un hangar de marché a été construit en avril 2024. Depuis, il se dresse, vide, sur un terrain marécageux où personne ne peut réellement installer ses marchandises après une pluie. Deux ans d’attente pour une structure censée dynamiser le commerce local. Et voilà que, comme par un curieux hasard du calendrier, son inauguration ou son début d’animation est annoncée pour ce lundi 21 septembre 2026.

Difficile de ne pas s’interroger sur cette coïncidence. Un ouvrage laissé à l’abandon depuis si longtemps, réveillé subitement, comme si Togblé Fidokpui n’existait, pour l’administration, qu’au moment où il fallait cocher une case.

Entre les routes impraticables, les infrastructures inachevées et les projets qui dorment, cette localité de la Commune Agoè-Nyivé 4 raconte une histoire que beaucoup de Togolais connaissent trop bien : celle des zones où l’État passe, promet, puis s’en va sans jamais vraiment revenir.

K.A

Source: LeCorrecteur.tg