Triste anniversaire pour le grand marché d’Adawlato. Trois ans que son bâtiment principal a été ravagé par de gigantesques flammes. On a en mémoire la piètre prestation de nos sapeurs « pom-pom ». Ils étaient arrivés en retard, mais avec des matériels qui frisaient le ridicule. L’eau qui sortait de leurs tuyaux atteignait avec difficulté le bâtiment. On eut dit un nourrisson qui fait pipi avec son zizi tout riquiqui.
L’incendie sera maîtrisé vers la mi-journée grâce à l’aide et à la bravoure de leurs confrères venus d’Aflao. Ceux-ci, paraît-il, ont été retenus des heures à la frontière avant qu’on ne les laisse passer. Sur la ferme instruction de qui ? Le saura-t-on un jour? Il n’y a eu aucune perte en vies humaines, mais les dégâts matériels sont importants et se chiffrent en milliards de francs CFA.
Curieusement, après l’incendie aucune pièce de monnaie n’a été retrouvée dans les cendres. Les billets sont « partis en fumée », mais qu’en est-il des pièces ? Elles ont disparu sans laisser de traces. Cet incendie intervenait après celui de Kara. Mohamed « Limonade », celui qu’on dit être le principal accusé dans l’incendie du grand marché de Lomé, est depuis sous les verrous, mais l’enquête n’avance toujours pas. C’est suite à ses déclarations que certains responsables politiques de l’opposition ont été arrêtés et d’autres inculpés. Aujourd’hui, on ne sait plus sur quelle table ou à quel niveau se trouve le dossier des incendies de Lomé et de Kara. C’est comme s’il n’y avait rien eu.

Beaucoup ont l’impression d’avoir raté un épisode du film, mais non. Les pauvres dames pleurent encore leurs « millignons ». On a organisé un téléthon pour les aider, mais comment l’argent a été géré ? Personne ne sait. Malgré leur cri de détresse, on semble les avoir oubliées. Une à une, elles passent de vie à trépas sans que personne ne s’inquiète de leur sort. On a garé certaines sur le site d’Agbadahonou où elles passent leur temps à se ronger les ongles. L’endroit est tellement calme qu’on n’a pas besoin de tendre les oreilles pour entendre les bruits des moustiques. Le procès des incendies tarde à se faire. Pour l’heure, la misère est le lot quotidien des femmes qui ont tout perdu dans le sinistre.
Source : Liberté
Source : [09/01/2016] Liberté, Vidéo : LeTogovi
Dernière mise à jour : 13/01/2016 à 03H03 TU























