Le gouvernement ne cesse d’inviter les Togolais de l’extérieur à investir au pays. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Si des efforts ont été faits pour mettre sur pied un guichet unique et simplifier les procédures, il faut reconnaître que certains obstacles continuent de freiner l’envie des togolais de l’extérieur à investir dans leur propre pays.

Un camion Renault Premium 385 tracteur routieré. C'est le même type de camion que Kakou Gnassingbé, un soi-disant frère de Faure Gnassingbé, a volé à sa sortie du Port Autonome de Lomé, avec la complicité du transitaire Kitema Essodong du KTM Import/Export. à Ametepé Kudzo Séna, un Togolais résidant en Belgique | Photo : Renault
Un camion Renault Premium 385 tracteur routieré. C’est le même type de camion que Kakou Gnassingbé, un soi-disant frère de Faure Gnassingbé, a volé à sa sortie du Port Autonome de Lomé, avec la complicité du transitaire Kitema Essodong du KTM Import/Export. à Ametepé Kudzo Séna, un Togolais résidant en Belgique | Photo : Renault

C’est le cas de Monsieur Ametepé Kudzo Séna un jeune homme d’affaires togolais, architecte urbaniste de son état, résidant en Belgique. Directeur de société, il est aujourd’hui victime d’un abus de confiance et d’une escroquerie en bande organisée impliquant un transitaire du nom de Kitema Essodong et un certain Kakou Gnassingbé vivant au camp RIT et qui se sert de son patronyme pour commettre tous les abus.

L’histoire, telle que la raconte dans sa plainte Monsieur Ametepé Kudzo Séna, remonte au 31 juillet 2015. Il a importé de la Belgique un camion de marque Renault Premium 385 avec remorque Kroner Trailler et un autre camion de marque MAN avec une remorque Henger à destination du Port autonome de Lomé. Il a eu recours au service de la société KTM import/Export, représentée par son Directeur Général Monsieur Kitema Essodong. Pour les formalités de dédouanement, la société a facturé ses services à cinq millions ( 5 000 000) Fcfa. Une fois les sous encaissés, Monsieur Kitema Essodong depuis le 30 octobre 2015, n’a réussi qu’à sortir un seul camion MAN et une remorque. Le second camion est abandonné dans le parc au port de Lomé.

Le premier camion Man une fois sorti, devrait subir quelques réparations avant son immatriculation au service des transports. Il a été donc immobilisé dans un garage pour la circonstance. Pendant que le camion était encore au garage, un certain Monsieur Kakou Gnassingbé, ami du transitaire Kitema Essodong, se rend dans le garage pour en prendre possession. Le mécanicien refuse. Se faisant passer pour le frère de Faure Gnassingbé, il revient à la charge avec des soldats pour enlever de force le véhicule du garage et l’emporter pour une destination inconnue. Auparavant, le sieur Kitema Essodong a informé le propriétaire qu’un de ses amis souhaite acquérir le camion.

Le propriétaire, Monsieur Ametépé Kudzo Séna a répondu que son camion n’était pas à vendre. Il n’avait d’ailleurs remis aucun mandat ou aucune procuration à qui que ce soit pour le faire, pas même au transitaire. Pendant que les papiers du camion étaient encore aux mains du transitaire le sieur Gnassingbé Kakou, selon les informations, serait allé l’immatriculer au service des transports et l’aurait mis en circulation. Par quel moyen Monsieur Kakou Gnassingbé a pu sans les papiers immatriculer un camion qui n’est pas le sien au service des transports, si ce n’est qu’il a usé seulement du trafic d’influence par son patronyme ?

En réalité, dès le départ, le transitaire Kitema Essodong et son ami Kakou Gnassingbé s’étaient mis ensemble pour s’approprier les camions de Monsieur Amétpé Kudzo Séna. Mais visiblement la combine a tourné court, et en représailles, le sieur Kakou Gnassingbé a décidé de saisir par la force le camion qui ne lui appartient pas. On apprend d’ailleurs qu’avant cet acte, il serait même allé au domicile du transitaire avec des soldats pour le menacer et saisir de force une voiture de ce dernier.

Tous ces détours ne constituent pas la préoccupation du Togolais résidant en Belgique. Ce dernier ne souhaite qu’une seule chose, récupérer son camion qui se retrouve aujourd’hui dans les mains du sieur Kakou Gnassingbé qui l’a fait immatriculer, en jouit et nargue le vrai propriétaire.

detournement au port autonome de lome togo
Voici le soit-transmis émis par le Parquet le même jour | L’Alternative

Pour ce faire, il a déposé depuis le 09 décembre aux mains du Procureur de la République près le Tribunal de Première instance de Lomé, une plainte contre Monsieur Kitema Essodong pour abus de confiance. Cette plainte n’a jamais connu de suite, tout comme le soit-transmis émis par le Parquet le même jour. Lassé par ce jeu et au regard du préjudice qu’il subit tous les jours, il a décidé de porter cette fois-ci une nouvelle plainte contre les sieurs Kitema Essodong et Kakou Gnassingbé qu’il accuse d’abus de confiance et d’escroquerie en bande organisée.

Voilà un citoyen togolais qui se bat dans la diaspora et décide de rentrer investir dans son propre pays. Il était loin de s’imaginer qu’une personne née la cuillère d’or dans la bouche pourrait user juste de son patronyme pour arracher de force un camion qui ne lui appartient pas. Cette situation met en exergue les dérives que certains individus continuent de commettre juste parce qu’ils portent le nom Gnassingbé et leur frère est Président de la République. Il a été maintes fois dit et affirmé que Faure Gnassingbé a horreur de ces pratiques et n’hésite pas souvent à rappeler ses frères gaffeurs à l’ordre. Il doit alors réagir dans ce cas qui voit un citoyen lambda togolais dépouillé de ses biens par un de ses frères, en complicité avec un transitaire véreux.

L’appel au retour des Togolais de la diaspora ne saurait être juste des mots, il faut créer les conditions réelles pour les rassurer et leur permettre de croire en leur pays. Monsieur Ametepé Kudzo Séna continue de subir un grave préjudice pendant que celui qui a arraché le camion de force continue de jouir d’un bien qui ne lui appartient pas. Il faut mettre fin à ces pratiques qui ternissent l’image du Togo à l’extérieur. A suivre.

Source : [18/03/2016] Mensah K., L’Alternative