Le parti Union pour la République (UNIR) de Faure Gnassingbé a quatre ans d’existence. Un anniversaire que les cadres, militants et sympathisants ont célébré pendant le week-end à travers des offices religieux, culte protestant, messe catholique et prières musulmanes afin de témoigner leur gratitude à Dieu pour ses bienfaits dans la vie du parti.
« Le séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau ne le transformera jamais en crocodile » (Proverbe africain)
Pour le Premier Vice-président d’UNIR, George Aïdam, la démarche vise à « remercier Dieu d’avoir inspiré le président national Faure Gnassingbé pour avoir mis en place une formation politique qui garantit la paix, la sécurité et le développement dans notre pays ».
C’est l’occasion aussi de dresser le bilan des quatre années d’existence du parti. A ce propos, le bilan n’est guère reluisant. Il est globalement négatif, pour reprendre les termes d’un ancien thuriféraire du régime. Le 14 avril 2012, l’ex-parti unique le RPT qui avait dominé la vie politique togolaise pendant 43 ans, rendait son dernier souffle. Sur les cendres fumantes est né UNIR (Union pour la République), une initiative de Faure Gnassingbé. Bref, le fils avait décidé de « tuer » le père pour mieux régner.
Le nouveau parti entendait rompre avec les mauvaises pratiques qui ont tristement illustré son existence. Mais surtout, enterrer un passif trop lourd à porter sur les frêles épaules du fils du père. Mais la création d’UNIR n’a été qu’un simple changement cosmétique. Puisque quatre ans après, le parti continue à charrier les pratiques les plus hideuses et les plus décriées de l’ère Eyadema et du RPT dont le système politique n’a fait que tirer pendant des décennies le Togo vers le bas. Comme le dirait l’autre, « le passage du nom RPT à UNIR n´efface pas les crimes commis au nom du RPT par ses responsables, civils comme militaires».
Les exploits réalisés par UNIR ont été de voler systématiquement toutes les élections organisées au Togo (législatives de 2013 et présidentielle de 2015). Et il en sera ainsi pour tout le temps que le fils s’arc-boutera au pouvoir.
Le nom UNIR, dans l’entendement des Togolais, visait à rapprocher les Togolais, à les rassembler, à les réunir. Les initiateurs avaient laissé entendre qu’ils voulaient ratisser large jusque dans les rangs de l’opposition. C’est l’idée qui avait sous-tendu la création du nouveau parti. Mais le président du parti qui est à la fois président de la République se trouve être le plus grand diviseur commun des Togolais. Il a semé des germes de division autant dans sa famille politique que biologique en embastillant ceux qui représentent une menace supposée pour son pouvoir mal acquis.
Ce qui est dramatique, à la création d’UNIR le 14 avril 2012, un bureau provisoire présidé par Faure Gnassingbé en personne a été mis en place. Ce qui était tout à fait normal. Mais les Togolais, et en premier lieu les militants d’UNIR, s’attendaient que les mois suivants, le parti présidentiel formalise son assise effective à travers un congrès statutaire dûment organisé. Mais quatre ans après, UNIR ne «fonctionne» qu’avec cet éternel bureau provisoire, sans charpente, ni structures fiables et viables. Quelqu’un peut-il nous dire comment un parti présidentiel qui dispose de tous les moyens, les ressources de l’Etat peut fonctionner autant au rabais ? Quelle honte !
Source : [20/04/2016] Médard Amétépé, Liberté























