Il y a encore quelques mois, se rendre au quartier Adakpamé relevait du parcours du combattant. La principale route qui y menait était impraticable. Mais depuis le lancement du projet d’urgence de réhabilitation des infrastructures et des services électriques (PURISE), les usagers de routes peuvent désormais pousser un ouf de soulagement.

Fo Do, la trentaine résolue, est chauffeur de taxi. Dans une ambiance marquée par les vrombissements des autres véhicules et les klaxons des engins des conducteurs des motos taxi, il hèle les passagers présents aux abords la gare improvisée de gakpoto. Une fois le nombre de passagers atteint ; il n’hésite pas à rallier Adakpamé, quartier situé à la périphérie Est de Lomé.
Depuis bientôt 10 ans, il parcourt le même trajet. Il n’a pas oublié le calvaire qu’il a enduré alors qu’une partie de ce tronçon était en mauvais état. « Il y a deux à trois ans, si j’ai bonne mémoire, je m’arrêtais juste après les pavés de Netadji pendant la saison pluvieuse. La route était complément impraticable. » explique-t-il. « Les collègues dont les véhicules étaient en bonne état, essayaient d’aller jusqu’au niveau de l’église catholique »poursuit-il.
Aujourd’hui avec la construction de la nouvelle route financée par le projet d’urgence de réhabilitation des infrastructures et des services électriques (PURISE), la donne a changé. Fo Do peut désormais aller jusqu’à la grande station d’Adakpamé à la grande satisfaction des passagers. Avec le mauvais état de la route ces derniers payaient le plus lourd tribut. Car, ils dépensaient le double voire le triple du coût du transport normal.
Kekeli Adjogah, assistante de direction dans un établissement d’enseignement privé de la place, garde de mauvais souvenir de ces moments « j’étais au lycée quand cette route était en mauvais état. Pour se rendre à l’école, c’était la croix et la bannière. Il nous arrivait de tomber dans d’énormes flaques d’eaux les matins en allant au cours. » Se confie-t-elle avec amertume. Et comme on le dit souvent si bien, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les conducteurs de taxi-moto étaient les seuls à s’en sortir. Ils avaient la possibilité de se frayer facilement un chemin là où les chauffeurs de taxi ne le pouvaient pas. Alors ils dictaient leurs lois. « Je payais entre150 à 300 FCFA de Netadji au quartier adakpamé zimba. Ceci en plus les 200 FCFA pour le taximan qui ne s’arrêtait qu’au quartier netadji. La nouvelle route a tout changé. Je ne paye plus que 200 FCFA pour tout le trajet. » Poursuit Kekeli Adjogah. Quasiment satisfaite de ces changements opérés à la suite des travaux d’aménagement de la route principale d’ Adakpamé, elle espère qu’ils puissent s’étendre dans certaines ruelles du quartier.
Des routes qui changent des vies.
Adakpamé, kagnikopé et biens d’autres, sont des quartiers situés dans le bassin du fleuve zio. Ces quartiers sont, depuis plusieurs années, victimes en saison pluvieuse d’inondations dévastatrices.

Adakpamé est le quartier qui a cristallisé plus l’attention puisque le nombre des personnes victimes des inondations etait impressionnant. Depuis quelques années avec la fin des travaux du projet d’urgence de réhabilitation des infrastructures et des services électriques (PURISE) de l’état togolais, financer par la Banque mondiale et le Fond pour l’environnement mondial à hauteur de 41,82 millions de dollars, on a plus attendu parler de ce problème d’inondations. Du coup plusieurs forment d’activités lucratives ont vu le jour.
Da Adakou, la quarantaine, le pagne noué autour de la taille vend un peu de tout. Il y a quelques années la place qu’elle occupe aujourd’hui était un dépotoir. Il lui était impossible de d’exposer sa marchandise « Ici il y avait des flaques d’eaux. Pour se frayer un chemin les riverains déversaient leurs ordures dans l’eau et c’était vraiment un lieu insalubres » raconte-t-elle. Elle devait accompagner régulièrement son garçon de 7 ans à l’hôpital. Ce dernier souffrait constamment du paludisme et de toutes autres infections bactériennes.
Tout juste à coté d’elle s’installée une revendeuse de « kom » plat fait à base de maïs fermeté et qui s’accompagne de tomates et des piments écrasés. Elle confie tout comme Da vaudou qu’elle était obligée de s’installer non loin des flaques d’eaux et des dépotoirs pour vendre. Mais ce n’était chose aisée, vu que les clients la fuyaient. Le projet d’urgence de réhabilitation des infrastructures et des services électriques (PURISE) n’a pas été exécuté qu’au quartier Adakpamé. Il s’est étendu à Bé-Kpota avec l’électrification et surtout l’élargissement de la route qui mène à Adakpamé. L’élargissement de cette voix à permis de réduire considérable le nombre d’accident sur cette voie qui était trop étroite selon koffa, chauffeur de taxi. « On ne pouvait se dépasser, car la première route était très mal faite et constamment occupée par des poids lourds » Aujourd’hui avec la double chaussée le problème d’embouteillage ne se pose plus avec acuité.
« Purise » ou le satisfecit
Le projet d’urgence de réhabilitation des infrastructures et des services électriques (PURISE) a été lancé après la série d’inondations dont le Togo a été victime. Financer à hauteur de 55,82 millions de dollars US, le PURISE a permis de lutter contre les inondations récurrentes et de faciliter la circulation dans certains quartiers défavorisés de Lomé et des environs. Arrivé presque à terme les résultats sont déjà satisfaisants.
En visite, il y’a quelques mois à Lomé, Idrissa Dia, Directeur technique du développement et réduction des risques et catastrophes de la Banque mondiale, se félicitait de l’avancement des travaux en ces termes : « Avec tous ce que j’ai vu dans les différents sites parcourus, nous extrêmement satisfaits de l’importance et de la qualité des travaux que nous avons vus ensemble avec vous nous pensons que cela aura un impact positif dans l’amélioration de la qualité de vie des populations de Lomé. »
Même son de cloche côté gouvernement. Au cours du conseil des ministres du 23 mars dernier, il s’est réjouit du travail abattu dans le cadre du PURISE. Le communiqué sanctionnant ledit conseil des ministres a passé en revue les travaux réalisés dans le cadre du PURISE.
Le Purise lancé en 2009 va prendre fin en juin 2016. Sa mise en œuvre a permis de changer le quotidien des populations victimes des inondations et de permettre à derniers de lancer des activités génératrices de revenus. Ceci grâce à la construction d’infrastructures de qualité.
Source : [23/05/2016] Daniel Addeh, La Gazette du Togo























