Deux semaines après le décret de reconnaissance officielle Togbui Kossi Zavon Modjro IV, chef canton de Kovié, la contestation semble ne pas faiblir. Ainsi vendredi dernier, ce fut deux évènements distincts qui ont porté sur la suite à donnée au décret de nomination pris par le Chef de l’Etat.

La population de Kovié toujours en colère contre l'imposition de Togbui Modjro IV comme chef canton | Togo : FB
La population de Kovié toujours en colère contre l’imposition de Togbui Modjro IV comme chef canton | Togo : FB

A Lomé, c’est le président du CVD (Comité villageois de développement), Sylvain Hator qui, avec des documents à l’appui, apporté son soutien à la décision prise par le président togolais de confier les charges de Chef canton de Kovié, à Kossi Zavon Modjro IV. Entre autres informations apportées, en contradiction avec ceux qui contestent cette nomination, il a fait constater que du premier chef canton de Kovié, Togbui Modjro I à ce dernier, il y a bien eu deux autres qui ont souffert des contestations et des mépris savamment orchestrés. Dans son éclaircissement à la presse M. Hator a simplement compris entre les contestations soulevées ici et là par cette nomination, le fait qu’ « actuellement à Kovié, il y a des candidats en lice pour le poste de chef canton et qui n’ont pas vu leur rêve se réaliser » et donc, que « ceux qui contestent le décret présidentiel du 22 juin sont dans les faux » puisqu’ « avant l’arrivée des Allemands à Kovié, les Modjro étaient les chefs à Kovié ». « C’est fini les interférences. Il faut qu’on aille en avant, Le trône est revenu dans sa maison et Kossivi Kossi-Zavon Modjro IV est légitimement chef. Si pendant l’exile de Modjro, un Allemand qui ne connaît rien des us et coutumes en milieu Ewé à Kovié vient donner un document à Siabi et aujourd’hui les gens se basent sur ce document pour dire que c’est un décret qu’on lui avait donné, c’est vraiment en contradiction avec les pratiques coutumières », a-t-il conclu.

Il faut néanmoins noter que ces explications sont loin de faire fléchir les contestataires (les collectivités Siabi et Saba) qui étaient seulement quelques heures après cette rencontre avec la presse, dans les rues des quartiers de Kovié, pour crier leur désapprobation.

Porte-parole des manifestants, Edoh Awuté, a indiqué que, s’ils sont « descendus dans les rues aujourd’hui, c’est parce qu’il y a une usurpation de trône ». Parallèlement aux dires du président du CVD, une historique, faite par le porte-parole des manifestants, relève qu’ « en fait, Togbui Siabi I est le premier chef intronisé par les Allemands en 1910 à Kovié. Il a été succédé par son fils. Au cours du règne de ce dernier, un problème de collecte de noix de palmier s’est posé lors de la colonisation des Français. Les Français ont délivré un papier à un certain Modjro. Mais son fils qui l’a succédé a commis trop de bévues et a été détrôné à cet effet. Lorsque les élections législatives ont donné victoire au CUT (dont fait partie la majorité du clan Saba), Savi de Tové a délivré un décret à Saba en 1958. Mais lui aussi a été détrôné. On avait demandé à Lavi Gogno de prendre sa place, mais ce dernier avait refusé et a soutenu que le trône a toujours appartenu au clan Siabi. Le Général Gnassingbé Eyadema, après les enquêtes, a donné crédibilité à ce clan et intronisé Togbui Siabi III, celui qui a d’ailleurs érigé Kovié en canton ». Il voit derrière le décret de nomination de Togbui Modjro IV depuis le 22 juin denier, des cadres du milieu qu’il qualifie de « mains noires ». En conclusion, les manifestants demandent au Chef de l’Etat de rétracter son décret en retournant « le trône à la famille Siabi, notamment à son fils Kossi Siabi IV ». L’Etat accèdera-t-il a cette réclamation des collectivités Siabi et Saba ? Seule la suite nous situera.

Source : [11/07/2016] G.K, T228