Hodabalo Awaté, ministère de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires | Photo: DR
Hodabalo Awaté, ministère de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires | Photo: DR

Qu’est ce qui ne va pas à Kabou dans la Préfecture de Bassar pour que le Canton soit plongé dans une infinie période de régence ?

Suivant les recoupements, cette situation tirerait sa source dans le désir de la famille régnante de confisquer la chefferie locale pourtant tournante, au mépris des règles coutumières.

Le Canton de Kabou, à l’époque un petit village dont Sara une contrée, fut fondé vers les années 1800 par une fratrie conduite par OUKPANE (le Chasseur) qui sera plus tard désigné sous le vocal de « Oubate », ce qui signifie le patriarche.

La fratrie composée de Cinq (05) frères, fils de WAPONDI (Oukpane, Nakpane Katen, Djangbédja, Fare et Kpandjouyi) et leurs descendants constitue le clan de Oubate-Doumpou qui détient le pouvoir local (la gestion de la chefferie locale).

Pour les raisons de la cohésion, le principe de la rotation intra clan a été instauré pour la gestion de la chefferie. Toutefois, le principe prenait en compte le critère d’âge et certaines filiations particulières au clan (neveux…). L’accession à la chefferie se faisait sur avis du conseil coutumier. Il est à noter que certains ont accédé suite aux décisions de l’administration coloniale. C’est ainsi que Kabou a connu à sa tête des chefs qui n’appartenaient pas forcement au clan Oubate-Doumpou.

Tableau des chefs qui se sont succédé à Kabou depuis Oukpane le fondateur

Source: Le Correcteur

A l’analyse des données de ce tableau, on constate que Kabou n’a pas eu de famille royale, mais deux principaux clans (Oubate-Doumpou et Koukpon) qui ont accédé à la chefferie locale. En plus, le premier Chef du nom de BONFOH au trône figure après la succession de sept chefs. Il a été donc le huitième Chef.

De ce fait , certains se demandent pourquoi cette volonté de confiscation de la chefferie locale au risque de causer des troubles graves dans le canton au regard de la sensibilité des questions de la chefferie.

Selon certains habitants de la localité, des gens usent aussi des menaces et intimidations sur les autres membres des clans Oubate-Doumpou et Koukpon pour leur imposer le silence.
Les menaces et intimidations de certains hauts placés ont conduit les chefs locaux et la population y compris des cadres issus du village de Sara à la résignation. Mais pour combien de temps ?

« Le silence de cette population à travers tout le canton cache une surprise dont personne ne peut deviner l’ampleur des conséquences, car une seule famille de quelques individus ne peut assujettir tout un canton », a déclaré un vieux du milieu.

Mais des sources proches de la famille régnante rejettent les allégations de confiscation et évoquent plutôt des concours de circonstances dont de cas de décès d’un potentiel candidat à la succession qui ont fait trainer les choses.

Au regard des tensions antérieures, il importe que le ministre de tutelle s’intéresse au cas Kabou en réinstaurant le principe de la rotation, comme souhaité par les Chefs de villages et de quartiers lors de leur réunion de travail au Ministère avec le Ministre Payadowa BOUKPESSI en 2024, suggère un des Chefs de village.

KA

Source: LeCorrecteur.tg