Une atmosphère de méfiance et de grincement de dents règne à l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA) de Lomé. Bèdibètè Bonfoh, le Directeur général est accusé d’avoir mis en place un système centralisé qui ralentit certains services. Mais ce dernier se défend et indexe plutôt le personnel de ne pas vouloir suivre la nouvelle règle.

C’est une partie du personnel qui a fait part de son incompréhension et de son mécontentement par rapport à la méthode de gestion imposée par Bèdibètè Bonfoh. Ce groupe lui reproche une centralisation qui contraste avec celle de Komlan Agbobli, l’ancien Directeur général. « Même pour payer un crayon, il faut attendre le OK du directeur. Il en est de même pour le carburant et bien d’autres choses. S’il est absent, tout reste bloqué et vous devez l’attendre jusqu’à son retour !», s’emporte un fonctionnaire qui a requis l’anonymat. A l’en croire, c’est une technique mise en place pour faire main basse sur l’argent dont dispose l’administration et gérer tout à la fois. « Il bloque des financements de certains chercheurs. Du coup, c’est la recherche qui en prend un coup. C’est comme cela qu’il prétend réorganiser l’administration », fulmine une autre source.
Et une autre de relativiser : « Si le Directeur général en vient à réagir de la sorte, c’est qu’il est sous l’influence du Dr Komlan Wegbé, le Secrétaire général du Centre de recherche agronomique du litoral (CRAL). Ce dernier a mis en place un réseau au sein de l’ITRA et qui ne profite qu’aux membres ». Selon ces membres du personnel de l’ITRA qui ont requis l’anonymat, sous l’actuel Directeur général, il y a des affectations abusives, des délégués qui ne sont pas formés. En somme il y aurait beaucoup de manquements qui entachent la direction sous Bèdibètè Bonfoh.
A l’ITRA de Lomé, on s’accuse mutuellement. En effet, approché le Directeur général a fait savoir qu’il n’y a rien de tout cela et que ce sont des médisances à son égard et qu’il est dans son rôle de gestionnaire. « Je suis gestionnaire et je ne peux pas laisser les choses dans la pagaille », a-t-il clarifié. « Avant de partir à une de mes missions, j’avais appelé le Directeur administratif et financer pour lui confier un certain nombre de choses. En quoi mon voyage a bloqué l’administration ?», s’est-il demandé. A l’en croire, c’est plutôt sa méthode qui a bloqué les vannes de certaines dépenses folles qui avaient cours avant lui qui lui valent ces genres de dénigrements. « Ils ne veulent pas se soumettre à la nouvelle règle, c’est pour cela qu’ils racontent ces histoires qui ne tiennent pas », a ajouté le Directeur général. Il a également justifié l’affectation à Lomé d’un fonctionnaire qui, selon lui, s’est mal comporté.
Sur l’influence du Dr Komlan Wégbé, le Directeur général parle de l’absurdité d’une telle accusation. Quant aux accusations portant sur certains délégués qui ne seraient pas compétents, Bèdibètè Bonfoh trouve qu’elles sont sans fondement. « J’ai même sauvé auprès des partenaires certains chercheurs par rapport à certains financements qu’ils ont reçus alors que leurs recherches n’ont pas abouti. J’ai motivé d’autres pour qu’ils soutiennent leurs thèses de doctorat car les docteurs togolais en agronomie sont très peu représentés dans la sous-région ouest-africaine », a révélé le Directeur général de l’ITRA qui s’est offusqué du comportement de certains membres de son personnel.
Tout compte fait, ces révélations qui sortent des deux côtés, illustrent un malaise au sein de l’Institut togolais de recherche agronomique. Bon à suivre.
Source : L’Alternative























